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L'usine de Bombardier à La Pocatière n'est pas épargnée

L'usine Bombardier de La Pocatière.

L'usine Bombardier de La Pocatière

Photo : Radio-Canada / Denis Leduc

La Presse canadienne

L'usine de Bombardier Transport située à La Pocatière n'échappe pas aux mauvaises nouvelles annoncées mercredi par l'entreprise, puisque le couperet tombera pour une deuxième fois en quelques mois dans le Bas-Saint-Laurent.

Après le départ de 85 employés plus tôt cette année, 87 autres personnes perdront leur gagne-pain au début du mois de septembre en raison de l'achèvement des contrats liés au métro de New York et des trains légers sur rail de Toronto et Edmonton.

Parallèlement, Bombardier a également confirmé que la moitié des 1100 employés de son usine ontarienne de Thunder Bay allaient perdre leur emploi à compter du 4 novembre, faute de nouvelles commandes.

Là aussi, le constructeur de matériel roulant a évoqué la fin prochaine de contrats : le tramway de la Commission de transport de Toronto (TTC) et les wagons de Metrolinx GO Transit seront terminés d'ici la fin de l'année.

S'il n'y a pas de commandes, Bombardier se trouve dans une situation, en territoire canadien, où il n'y a pas beaucoup de projets à court terme, a expliqué un porte-parole, Éric Prud'homme, au cours d'un entretien téléphonique. Cela doit être viable.

À l'heure actuelle, environ 410 personnes travaillent à l'usine de Bombardier Transport située dans le Bas-Saint-Laurent, où il y a déjà eu des mises à pied l'an dernier. On y comptait plus de 1400 employés au début des années 2000.

Un nouveau contrat entourant la livraison de 153 nouvelles voitures Azur pour le métro de Montréal permettra la poursuite des activités, mais la cadence de production ne s'accélérera qu'au début de la prochaine année. L'entreprise n'a pas voulu dire si cela allait automatiquement se traduire par un rappel des employés mis à pied au cours des derniers mois.

Mercredi après-midi, il n'avait pas été possible de joindre un représentant syndical à La Pocatière.

Moins présente

Ces licenciements font en sorte que l'empreinte de Bombardier Transport au Canada continue de s'effriter alors que les nouvelles commandes ne sont pas au rendez-vous.

En plus d'avoir vu les contrats pour la fourniture du matériel roulant du Réseau express métropolitain (REM) et pour la livraison de trains à Via Rail lui échapper, Bombardier est confrontée à des exigences en matière de contenu local de plus en plus élevées aux États-Unis.

Actuellement, tous les composants doivent être fabriqués aux États-Unis pour au moins 65 % de leur coût, et l'assemblage final doit s'effectuer en territoire américain. Le seuil de contenu minimal passera à 70 % dès l'an prochain.

Cela risque, par exemple, d'empêcher les usines canadiennes de Bombardier de profiter d'importants contrats décrochés au sud de la frontière, comme celui de 669 millions de dollars américains à la fin de 2018 pour le réseau de transport du New Jersey Transit (NJT). Différentes options pourraient faire passer la valeur de l'entente à près de 3,6 milliards dollars US.

70 %, c'est le seuil qui fait en sorte que nous n'avons plus aucune chance de réaliser des travaux plus importants qui pouvaient autrefois être réalisés à l'extérieur des États-Unis, a dit M. Prud'homme.

Le premier ministre du Québec François Legault abonde dans le même sens et pointe du doigt le Buy American Act pour expliquer les problèmes chez Bombardier. C'est urgent que le fédéral négocie une nouvelle entente et assure une exemption pour le Canada dans le Buy American Act, a-t-il lâché ce matin.

Si Bombardier Transport a du succès en sol américain, où elle vient d'annoncer la construction d'une chaîne de montage en Californie, le tableau semble bien différent pour ses usines canadiennes.

D'après le professeur Karl Moore, du département de gestion de l'Université McGill, les usines de La Pocatière et Thunder Bay risquent de voir leur rôle changer en raison du contexte commercial et de l'absence de nouveaux contrats.

Elles sont confrontées à un avenir incertain, a-t-il dit. À 70 % [d'exigence de contenu local aux États-Unis], elles pourront peut-être effectuer un peu de travail, mais l'ampleur de la tâche sera moins grande.

Une querelle et de l'espoir

En Ontario, le gouvernement provincial a offert à Bombardier, le mois dernier, de construire 36 voitures de train GO Transit supplémentaires, mais aucune entente en bonne et due forme n'a encore été signée.

Ces licenciements à Thunder Bay ont donné lieu à une querelle politique en Ontario, où le gouvernement Ford et Ottawa ont échangé des critiques.

La ministre fédérale du Travail, Patty Hajdu, a blâmé le gouvernement ontarien en lui reprochant de ne pas avoir tenu parole au sujet d'un contrat promis aux installations de Thunder Bay.

De son côté, le premier ministre de la province, Doug Ford, a répliqué en affirmant que son gouvernement avait mis sur la table un plan de 28,5 milliards de dollars destiné au transport collectif de la région de Toronto, ce qui pourrait maintenir la cadence à Thunder Bay.

Le financement fédéral se fait toutefois encore attendre, a-t-il affirmé, depuis Saskatoon, en Saskatchewan, où il participe à la rencontre annuelle du Conseil de la fédération.

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