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Deux avions trop rapprochés au-dessus de Montréal, à cause d'un manque d'employés

La tour de contrôle de l'aéroport Montréal-Trudeau.

Il n'y avait que trois contrôleurs et un superviseur en poste, le soir de l'incident, en raison de congés et d'un employé malade.

Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Radio-Canada

Un Airbus transportant 215 personnes et un Cessna avec deux pilotes à bord se sont retrouvés dangereusement proches, l'an dernier, près de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, et ce, à cause d’un manque d'effectifs et d’un écart des procédures. C'est ce que signale le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) dans un rapport d'enquête publié mercredi.

Le 16 mai 2018, vers 19 h, deux avions se sont trop rapprochés dans l'espace aérien de Montréal, avant d'atterrir. Une situation appelée « perte d'espacement ».

Un Airbus A310 d'Air Transat, en provenance de l'aéroport Lester B. Pearson de Toronto, et un aéronef bimoteur léger Cessna 421, qui arrivait de l'aéroport de Trois-Rivières, se sont retrouvés à moins de 500 pieds (environ 150 mètres) verticalement et de 1,7 mille marin (3,1 kilomètres) latéralement l'un de l'autre.

Visuel de la distance considérée comme sécuritaire en aviation.

La distance considérée comme sécuritaire est d'au moins 1000 pieds (300 mètres) verticalement et l'espace latéral minimal est d'au moins 3 milles marins (5,6 kilomètres).

Photo : Radio-Canada

Il y avait un manque de contrôleurs. Par contre, avec le trafic aérien ce soir-là, tout était sécuritaire, explique Kevin Roach, enquêteur au Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Didier Ferminier, un expert en aviation civile, considère aussi que la situation était sécuritaire, puisque les deux avions étaient encore très loin de la collision.

Imaginez, quand vous avez un panneau sur l’autoroute où il vous reste encore deux kilomètres, il vous reste encore un sacré bout de chemin. Les avions aussi, en bas de 10 000 pieds, quand ils sont dans la zone terminale, ils vont beaucoup moins vite que lorsqu’ils sont en altitude. Il n’y a pas lieu de s’exciter pour un problème de ce genre-là, commente-t-il.

Entrevue avec Jean Lapointe, ancien pilote et expert en aviation, au « Téléjournal 18 h »

Trois contrôleurs au lieu de sept

Le BST indique que sept contrôleurs de la circulation aérienne et un superviseur auraient dû être en poste ce soir-là. Mais en raison de congés et du malaise soudain d'un employé qui avait dû s'absenter quelques minutes avant l'incident, il n'y avait que trois contrôleurs et un superviseur, ce dernier ayant pris en charge le contrôle d'un secteur.

Six secteurs de l'espace aérien qui sont normalement divisés entre [sept] contrôleurs étaient regroupés et contrôlés par seulement trois contrôleurs [et un superviseur], ce qui a agrandi la zone de responsabilité, la charge de travail et le niveau de complexité des tâches [de chacun].

Le Bureau de la sécurité des transports, dans un communiqué

De plus, le responsable de la zone où se trouvait initialement le Cessna n'a pas informé le responsable de la zone vers laquelle il se dirigeait de sa présence, conformément à la procédure. Le contrôleur de cet espace aérien – un employé en formation – ne s'est rendu compte de la présence du petit appareil que lorsqu'il y était déjà. Il n'a donc pas eu l'occasion de préparer un plan de gestion du trafic convergent, note le BST.

Dès qu'il a constaté la présence du bimoteur, l'espace sécuritaire entre les avions a été rétabli et ils se sont tous les deux posés sans incident.

L'instructeur du contrôleur en formation, qui était aussi le superviseur de l'équipe, était distrait par d'autres tâches, poursuit le communiqué. Il n'a pas surveillé adéquatement la situation qui se dessinait, mentionne le rapport d'enquête.

Le BST dit ignorer si des mesures correctives ont été prises à la suite de son enquête.

Avec les informations de La Presse canadienne

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