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  • Il y a 30 ans, l’Opéra Bastille est inauguré pour honorer la Révolution française

    Statue géante du cheval de Troie sur la scène de l'Opéra Bastille lors de représentation de l'oeuvre Les Troyens d'Hector Berlioz.

    L'Opéra Bastille a été inauguré il y a 30 ans.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    C’est le 13 juillet 1989 que l’Opéra Bastille présente son premier spectacle pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. L'édifice avant-gardiste connaîtra son lot de controverses, comme le rappellent nos journalistes.

    L’Opéra Bastille est au bicentenaire de la Révolution française ce que la tour Eiffel a été au centenaire de la même révolution : un monument.

    Simon Durivage

    Ce qui frappe d’abord quand on entre, c’est une impression d’immensité mise en valeur par une architecture aérée, voire aseptisée.

    Philippe Crépeau

    Un monument pour célébrer la Révolution française…

    En 1982, le président français François Mitterrand accepte l’évaluation de son ministre de la Culture Jack Lang : l’Opéra Garnier est à la fois dépassé techniquement et trop petit.

    Le président souscrit donc au projet de construire un nouvel opéra qui serait situé près de la place de la Bastille.

    L’Opéra Bastille constituera un hommage au 200e anniversaire de la Révolution française.

    Le Point, 11 juillet 1989

    Le journaliste Philippe Crépeau présente à l'émission Le Point du 11 juillet 1989 un reportage qui nous fait visiter l’Opéra Bastille. Le Point est, ce soir-là, animé par Simon Durivage.

    « Jamais un nouveau bâtiment n’aura suscité autant de controverse », nous dit le journaliste.

    Celui qui l’a dessiné, l’architecte torontois Carlos Ott, est un inconnu. Il est proposé de construire l’édifice dans l’est de Paris, tout à côté des quartiers populaires.

    Les critiques fusent : trop gros, trop laid, trop cher. Le projet doit coûter l’équivalent de 300 millions de dollars canadiens. Il coûtera finalement le double.

    Qu’importe! Le projet est parrainé par le président Mitterrand en personne.

    Il sera inauguré le jour précédant le 200e anniversaire de la prise de la prison de la Bastille, considérée comme le point de départ de la Révolution française.

    Philippe Crépeau visite le lieu en compagnie de l'assistant metteur en scène Michael Dietmann.

    Ici, contrairement à l’Opéra Garnier, il n’y a pas de dorures ni de décors surchargés.

    Le bâtiment est aéré. La grande salle, d’une capacité de 2700 sièges, est dépouillée. Les balcons pentus, avec leur vue plongeante sur la scène, permettent une étonnante visibilité.

    Michael Dietmann vante aussi les moyens techniques de pointe qui permettent de monter et de démonter des décors en très peu de temps.

    Il souligne également l’étonnante acoustique que possède la grande salle.

    … inauguré par les grands de ce monde

    Téléjournal, 13 juillet 1989

    Le 13 juillet 1989, comme le relate le journaliste Jean-Michel Leprince dans un reportage présenté au Téléjournal, l’Opéra Bastille est inauguré devant un parterre rempli des grands de ce monde.

    Le président Mitterrand a en effet convié une trentaine de chefs d’État à l’ouverture officielle du bâtiment.

    Ceux-ci constatent, comme les autres spectateurs, l’ampleur de la salle et l’excellence de l’acoustique du nouvel opéra.

    Sur scène, le spectacle rend hommage à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

    L'un des invités, le président américain George H. W. Bush, a apporté, pour l’occasion, la clé de la forteresse démolie au début de la Révolution. Il la prête — pour une période limitée — à son homologue français.

    La clé de la Bastille avait été emportée jusqu'à Mount Vernon, aux États-Unis, par le marquis de La Fayette. Celui-ci l’avait donnée à George Washington, le père de la révolution américaine.

    Ironiquement, le peuple de Paris, celui qui a fait l'événement il y a 200 ans, est tenu loin de la place de la Bastille pendant que les grands de ce monde admirent l’Opéra.

    Il récupérera le lieu dès leur départ pour faire la fête.

    … et par une œuvre controversée

    Ce n’est que plusieurs mois plus tard que l’Opéra Bastille ouvre ses portes au public.

    Téléjournal, 17 mars 1990

    Le 17 mars 1990, le journaliste Raymond Saint-Pierre présente un reportage au Téléjournal qui rend compte de l’événement qu’il qualifie de soirée « qui ne pouvait pas être banale. »

    Non seulement le bâtiment de l’architecte Carlos Ott continue de provoquer des remous, mais l’œuvre lyrique qui y est mise en scène est aussi controversée.

    L'opéra Les Troyens d’Hector Berlioz avait initialement été rejeté par l’Opéra de Paris lorsque le compositeur le lui avait proposé il y a presque un siècle et demi.

    Il est d’une ampleur titanesque et dure plus de quatre heures. Avec l'entracte, le spectacle dure cinq heures et demie.

    Cette représentation de 1990 est cependant réussie.

    Seule ombre au tableau : les problèmes techniques. L’équipement servant à ranger et à déplacer les décors n'est pas au point.

    Malgré cela, le public assiste à un spectacle qui enchaîne les scènes impressionnantes.

    En 30 ans, l’Opéra Bastille a connu son lot de vicissitudes : des grèves de techniciens et une façade qu’il a fallu recouvrir d’un filet de protection, par exemple. 

    Cela ne l'a pas empêché de devenir une référence dans l’art lyrique en France et dans le monde entier.

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