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Le Canada et 21 autres pays épinglent la Chine pour le sort réservé aux Ouïgours

Un homme passe devant un établissement ceinturé par une haute clôture. Une tourelle de surveillance est aussi visible.

Un homme passe devant le périmètre hautement sécurisé d'un centre destiné aux Ouïgours à Dabancheng, dans la province du Xinjiang. Pékin dit qu'il s'agit de « centres de formation professionnelle », mais des organisations humanitaires disent qu'il s'agit de « camps d'internement ».

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

Vingt-deux pays membres du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, dont le Canada, disent être préoccupés par les « rapports crédibles » selon lesquels des Ouïgours de la province du Xinjiang sont massivement détenus de manière arbitraire.

Leurs inquiétudes sont consignées dans une lettre expédiée lundi au président du Conseil, Coly Seck, et à la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet. La missive a finalement été rendue publique mercredi.

Jusqu’à 1 million d’Ouïgours et d’autres musulmans comme les Kazakhs sont actuellement détenus dans ces camps d'internement, selon Human Rights Watch et d’autres organisations humanitaires, ce qui équivaut à près de 10 % de la population.

Après avoir nié leur existence, Pékin affirme maintenant qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à lutter contre les périls de la radicalisation islamiste, mais dément les chiffres avancés par les groupes de défense des droits de la personne.

Depuis une série d'attentats sanglants au Xinjiang attribués à des membres de la minorité turcophone des Ouïgours, le gouvernement chinois impose des mesures de sécurité draconiennes dans cette vaste région.

Outre le Canada, la lettre est signée par de nombreux pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ainsi que le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais pas par les États-Unis, qui ont quitté le Conseil il y a près d'un an.

Trois agents de sécurité en uniforme marchent dans un espace public devant une mosquée.

Des agents de sécurité ouïgours en patrouille près de la mosquée Id Kah, à Kashgar, dans le Xinjiang, le 4 novembre 2017.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ng Han Guan

Les signataires disent plus précisément être préoccupés par les rapports crédibles faisant état de détentions arbitraires [...], ainsi que de surveillance généralisée et de restrictions ciblant particulièrement les Ouïgours et d'autres minorités dans le Xinjiang.

Nous rappelons à la Chine ses obligations de membre du Conseil des droits de l'homme, soit de respecter les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits humains et de coopérer pleinement avec le Conseil, écrivent-ils.

Nous demandons à la Chine de respecter [...] ses obligations internationales et de respecter les droits humains et les libertés fondamentales, y compris la liberté de religion ou de croyance, au Xinjiang et partout en Chine.

Extrait de la lettre des 22 pays signataires

Les signataires demandent en outre à la Chine de laisser des équipes du Haut-Commissariat aux droits de l’homme se rendre dans la région du Xinjang. En mars, Michelle Bachelet disait attendre le feu vert de Pékin pour un accès total au Xinjiang.

Selon plusieurs diplomates consultés par Reuters, la lettre n'a toutefois pas de caractère officiel, certains gouvernements redoutant que Pékin prenne des mesures de rétorsion économiques à leur encontre.

C'est une première réponse collective sur la question du Xinjiang, a commenté un diplomate européen tout en reconnaissant qu'il n'avait jamais été question de rédiger de résolution formelle. C'est un signal, a ajouté un autre.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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