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Mercier-Ouest se met à la bière de micro

Les brasseurs Renaud Gouin et Shawn Duriez de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs devant les cuves.

Les brasseurs Renaud Gouin et Shawn Duriez de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs

Photo : Radio-Canada

Karine Mateu

L'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve poursuit son développement. Dans le secteur Mercier-Ouest, près de l'axe du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, les microbrasseries sont en plein essor.

Une nouvelle microbrasserie vient de voir le jour dans Mercier-Ouest, sur la rue Hochelaga au coin du boulevard L'Assomption. Dans l'ancien Bingo Hochelaga, il y a maintenant l'Avant-Garde Artisans Brasseurs. Les jeunes brasseurs Renaud Gouin et Shawn Duriez voulaient de l'espace et du stationnement, et être près des axes routiers.

Notre premier but, c'était d'avoir une usine de production pour faire nos bières et c'était le lieu propice pour avoir un salon de dégustation.

Renaud Gouin, copropriétaire de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs
La photo montre la devanture de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs et une portion du stationnement.

L'Avant-Garde Artisans Brasseurs est situé dans l'ancien Bingo Hochelaga.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Le local est d'une superficie de 16 600 pieds carrés et les nouveaux propriétaires y ont investi des sommes importantes, mais ils demeurent convaincus par leur projet.

Notre étude de marché, on l'a faite en temps réel. En brassant à contrat d'abord chez Brasseurs de Montréal, avec la bière Jukebox, et ensuite chez Oshlag, avec les bières Avant-Garde et Jukebox. On a pu voir ce qu'on pouvait vendre au niveau du Québec et on a pu faire un plan d'affaires pour notre brasserie, explique le copropriétaire Shawn Duriez.

Les brasseurs affirment s'inspirer du modèle américain, où plusieurs microbrasseries ont pignon sur rue dans des zones industrielles. Les gens doivent s'y déplacer. C'est un arrêt touristique.

Les deux copropriétaires posent devant des barils de bière.

La microbrasserie Avant-Garde Artisans Brasseurs emploie une quinzaine de personnes présentement.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

La nouvelle microbrasserie emploie une quinzaine de personnes et ses produits se retrouvent dans 900 points de vente au Québec.

Glutenburg et Oshlag comme voisins

Dans la même bâtisse, à quelques portes, l'entreprise québécoise de bières sans gluten, Glutenberg, y a aussi installé ses cuves. Depuis quelques années, elle y gère au même endroit la compagnie de distribution Transbroue et, depuis 2016, la Brasserie & distillerie Oshlag, qui brasse de la bière et distille des spiritueux.

Cette compagnie a choisi de s'installer dans ce secteur industriel parce qu'il y avait de l'espace pour prendre de l'expansion et pour la proximité avec les grands axes routiers.

Jean-François Théorêt pose, les bras croisés, devant des installations pour le brassage.

Le directeur de l'innovation pour Glutenberg et Oshlag, Jean-François Théorêt, devant des alambics.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Avec Glutenberg, on est à peu près à 35 000 hectolitres par année. Pour donner une idée, McAuslan, je ne connais plus les chiffres exacts, mais quand je suis parti en 2009, ils étaient à 75 000 hectolitres. Donc juste avec Glutenberg, on est à peu près à la moitié de ce que McAuslan brassait à cette époque-là. Si on ajoute Oshlag, qui est à 25 000 hectolitres, on a quand même une bonne taille, explique le directeur de l'innovation pour le groupe, Jean-François Théorêt.

Au total, 125 personnes y travaillent, mais la Brasserie Oshlag va doubler sa production dans les prochaines semaines.

Détaillant spécialisé

À quelques rues de là, sur la rue Marseille, on peut acheter les produits de l'Avant-Garde, de Glutenberg et Oshlag. C'est le détaillant spécialisé C'est un must qui s'est installé dans le quartier depuis cinq ans.

Le gérant et ancien propriétaire, Jason Landry, a ouvert au tout début le Permis de bière, qu'il a ensuite vendu à Alexandra Vigeant. Le commerce a changé de nom pour devenir C'est un must. Les premières années n'ont pas été faciles, mais les clients sont fidèles, assure-t-il.

Il y a quelques années, c'était un quartier vieillissant. Mes enfants sont allés à l'école à côté et quand ils sont sortis, il y avait sept ou huit maternelles, au lieu de deux. Je me suis donc dit, c'est un quartier qui rajeunit. Surtout, dans ce quartier-ci, il n'y a plus rien. Tout a fermé, alors pourquoi ne pas relancer le quartier?

Jason Landry, gérant et ancien propriétaire de C'est un must
Pierre Lessard-Blais est au comptoir d'une boutique. De l'autre côté, un vendeur le sert.

Le maire de Mercier-Hochelaga-Maissonneuve, Pierre Lessard-Blais, au détaillant spécialisé de microbrasserie C'est un must.

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Poursuivre le développement

Le maire de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et propriétaire de la microbrasserie et bar L'Espace public sur la rue Ontario, Pierre Lessard-Blais, est favorable à l'arrivée des microbrasseries dans le quartier.

On ne vise pas particulièrement ces entreprises-là, mais le monde de la microbrasserie, c'est des belles valeurs, c'est aussi plus d'emplois par litre bu que les grandes brasseries multinationales. Cela a aussi des retombées locales très importantes. On est toujours content d'en voir plus dans l'est de Montréal.

Pierre Lessard-Blais, maire de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Le quartier va continuer son développement, assure le maire.

On sait que la Société de transport de Montréal s'en vient pour son centre de transport de l'est, le collège Maisonneuve est intéressé à développer, il y a Décathlon, l'entreprise française d'équipements sportifs, qui vient de louer des locaux et il y a une autre entreprise québécoise connue à travers le monde qui s'y installe, mais le nom est encore secret pour le moment et il y a Hydro-Québec qui souhaite y installer un poste de commandement, explique-t-il.

La Ville mise aussi sur le projet d'Écoparc industriel de la Grande Prairie pour y parvenir. Le projet a fait l'objet de consultation publique. Le rapport est maintenant attendu.

Comment faire sa place?

La constance et la qualité du produit, ce sont les qualités sur lesquelles misent ces brasseurs.

« Glutenberg, c'est un produit de qualité, et je pense que la marque Oshlag est très très forte aussi », explique Jean-François Théorêt, directeur de l'innovation pour le groupe.

« On a établi une crédibilité à travers, d'une part nos bières uniques, qui sont un peu champ gauche et différentes, mais pas excessives, et d'autres parts, avec la partie spiritueux », ajoute-t-il.

Des barils sont couchés sur des palettes de bois.

Barils de la microbrasserie Oshlag dans le quartier Mercier-Ouest, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Le but des gros brasseurs, c'est souvent de déplaire au moins de gens possible. Nous, à l'inverse, c'est de plaire à une petite portion de personnes qui vont vouloir racheter cette bière-là, parce qu'elle a une personnalité, qu'elle a un goût différent et qu'elle est bien exécutée.

Renaud Gouin, copropriétaire de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs

Le salon de dégustation de l'Avant-Garde Artisans Brasseurs dans l'ancien Bingo Hochelaga est ouvert tous les jours dès 15 h. La salle est grande et des clients leur demandent déjà d'organiser un bingo... À suivre!

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