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Washington vilipende Téhéran lors d'une réunion de l'Agence de l'énergie atomique

Vue générale de l'assemblée.

Une réunion extraordinaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique se tenait mercredi à Vienne, en Autriche.

Photo : Associated Press / Ronald Zak

Reuters

Les États-Unis ont accusé l'Iran mercredi de violer les termes de l'accord international sur son programme nucléaire pour extorquer des fonds à la communauté internationale, à l'ouverture d'une réunion extraordinaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Il n'y a aucune raison crédible pour que l'Iran développe son programme nucléaire et on ne peut le concevoir autrement que comme un moyen brutal et évident d'extorquer des fonds à la communauté internationale.

Le gouvernement américain dans un communiqué

Nous exhortons l'Iran à revenir sur ses récentes initiatives nucléaires et à renoncer à tous ses projets de développement. Les États-Unis ont clairement indiqué qu'ils étaient ouverts à des négociations sans condition préalable et qu'ils étaient prêts à une normalisation complète des relations avec l'Iran, ajoute le communiqué remis aux États membres.

Étouffée par le rétablissement et l'alourdissement des sanctions économiques américaines, la République islamique a commencé à revenir sur certains des engagements pris dans le cadre du Plan d'action global commun (PAGC) conclu en 2015 avec les grandes puissances, mais récusé en 2018 par Donald Trump.

Un liquide jaune dans un flacon.

Un échantillon d'uranium vu dans un laboratoire de l'AIEA, à Seibersdorf, en Autriche.

Photo : Reuters / Leonhard Foeger

Un an jour pour jour après le retrait américain, l'Iran a entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par étapes, tous les 60 jours, afin de pousser les Européens à tenir leurs promesses de compensation des sanctions américaines.

Téhéran a ainsi annoncé lundi avoir dépassé le seuil de 3,67 % d'enrichissement de l'uranium fixé par l'accord, que supervise l'AIEA.

L'agence a informé mercredi les États membres que l'enrichissement avait atteint 4,5 %, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Les inspecteurs de l'AIEA ont par ailleurs constaté le 1er juillet que le stock iranien d'uranium faiblement enrichi dépassait le plafond fixé par l'accord de Vienne.

Aucune décision concrète n'est attendue à l'occasion de la réunion extraordinaire du conseil des gouverneurs de l'AIEA, convoquée à la demande des États-Unis, auxquels Téhéran impute la responsabilité de la crise.

Ce fut une grave erreur de la part des Américains de quitter l'accord, a estimé mercredi Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.

C'est la cause de tous les problèmes. Les Européens ont eu suffisamment de temps pour sauver le pacte, a-t-il ajouté.

Nous voulons préserver le traité

Plan moyen de M. Gharib Abadi en train de s'asseoir.

Kazem Gharib Abadi, l'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique, lors de la réunion de mercredi.

Photo : Getty Images / Alex Halada

Ce que nous faisons n'a qu'un seul objectif : préserver le traité nucléaire, a assuré quant à lui l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Kazem Gharib Abadi, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Tout peut changer en une heure si tous les autres signataires du traité remplissent leurs obligations de la même manière.

Kazem Gharib Abadi, représentant iranien à l'AIEA

Les diplomates de la plupart des autres États représentés au conseil, qui compte 35 membres, prédisent de vifs échanges entre Iraniens et Américains lors de cette réunion à huis clos, mais n'attendent aucune décision concrète, notamment parce que l'AIEA n'est pas signataire du PAGC et que l'Iran n'a pas violé l'accord de garanties qui le lie à l'agence.

La réunion se déroule en outre en pleines tractations entre Iraniens et Européens pour préserver l'accord de Vienne.

Samedi soir, le président français Emmanuel Macron a eu un entretien téléphonique de plus d'une heure avec son homologue iranien Hassan Rohani. Selon l'Élysée, les deux dirigeants sont convenus de se donner jusqu'au 15 juillet pour explorer les conditions d'une reprise du dialogue.

Nous ne voulions pas de cette réunion de l'AIEA, a confié un diplomate européen, ajoutant avec ironie : C'est une occasion pour tout le monde de s'exprimer.

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