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Washington sanctionne deux élus du Hezbollah, une première

Le drapeau du Liban et celui du Hezbollah flottant au-dessus d'une vallée désertique dans la ville d'Ersal, dans le nord du Liban.

Créé au début des années 1980 avec le soutien de Téhéran, le Hezbollah libanais a mené plusieurs guerres contre Israël dans le sud du Liban.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

L'administration de Donald Trump a élargi mardi sa campagne de « pression maximale » contre l'Iran et ses alliés en imposant pour la première fois des sanctions contre des députés du Hezbollah libanais.

Amine Cherri et Mohamad Hassan Raad sont accusés d'« exploiter le système politique et financier » du Liban au profit du mouvement chiite et de l'Iran, selon un communiqué du ministère américain du Trésor.

Une troisième personne sanctionnée est Wafic Safa, chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah et l'un des hauts responsables historiques du mouvement, poids lourd de la politique libanaise avec trois ministères.

Le Hezbollah a dénoncé ces sanctions américaines, les qualifiant d'« humiliations pour le peuple libanais ».

Donald Trump a fait de l'Iran chiite, accusé de déstabiliser le Moyen-Orient, sa principale bête noire. Washington a multiplié les sanctions pour lui couper ses revenus, ainsi qu'à ses alliés régionaux comme le Hezbollah, qu'il considère comme une organisation « terroriste ».

Le mouvement chiite menace la stabilité politique et économique du Liban et de la région, tout cela au détriment du peuple libanais, a affirmé Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor américain.

Cette campagne de pression maximale contre le régime iranien – le premier parrain du terrorisme mondial – et ses affiliés a déjà réussi à limiter le soutien financier reçu par le Hezbollah.

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

Des liens étroits avec l’Iran

Amine Cherri, 62 ans, a été élu député à Beyrouth en 2005 puis en 2018. Proche de l'appareil sécuritaire du mouvement chiite pro-iranien, il est également accusé d'avoir menacé les responsables d'une banque et leurs familles après que l'établissement a gelé les comptes de membres du parti chiite placés sur la liste des sanctions américaines.

Dans le communiqué du Trésor américain, M. Cherri apparaît en photo aux côtés de Kassem Soleimani, chef de la Force Qods, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution islamique.

Deux hommes assis dans des fauteuils en cuir vert foncé, séparés par les drapeaux du Liban, de la Russie et du Hezbollah.

Photo d'archives datant de 2013 montrant le député du Hezbollah Mohamad Hassan Raad (à droite) recevant le diplomate russe Mikhail Boddanov à Beyrouth.

Photo : Getty Images

Mohamad Hassan Raad, pour sa part, continue à donner la priorité aux activités du Hezbollah et à prendre en otage la prospérité du Liban, avance le Trésor.

M. Raad, 64 ans, est le chef du groupe parlementaire du Hezbollah et l'un des « anciens » du parti.

Il a été élu pour la première fois en 1992 lors du premier scrutin organisé après la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1975 et 1990.

Contrebande, drogues illégales, armes…

Que chaque membre du Hezbollah qui pense à participer à une élection sache qu'il ne pourra pas se cacher sous la couverture d'un mandat électif, a commenté à des journalistes un haut responsable de l'administration américaine.

Wafic Safa, un proche du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, est lui accusé de profiter de sa position pour faire entrer au Liban des produits de contrebande, « dont des drogues illégales et des armes », et pour faciliter les déplacements des cadres du « Parti de Dieu ».

Un groupe d'hommes, dont plusieurs portant l'uniforme militaire, marchant sur le tarmac de l'aéroport de Beyrouth. Un hélicoptère est visible en arrière-plan.

Une photo de 2008 montrant Wafic Safa (à droite), chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah, accompagnant l'ancien doyen des prisonniers libanais retenu en Israël, Samir Kantar, lors de sa libération.

Photo : Getty Images

Créé au début des années 1980 avec le soutien de Téhéran, le Hezbollah libanais a mené plusieurs guerres contre Israël dans le sud du Liban et incarne la « résistance » face à l'État hébreu, proche allié de Washington.

Donald Trump a retiré les États-Unis de l'accord nucléaire signé en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances. Depuis, il a imposé un régime sévère de sanctions économiques pour forcer Téhéran à renégocier un texte.

Le président américain a de nouveau mis en garde l'Iran mardi après sa décision de ne plus respecter l'un de ses engagements prévus dans cet accord international que les Européens tentent de sauver.

Une liste de sanctions grandissante

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif est également dans le viseur des Américains.

Il est clair que nous étudions différentes voies pour des sanctions supplémentaires [et] le ministre Zarif reste une personne d'intérêt clé, a expliqué mardi un haut responsable du Trésor.

En tout, 50 membres ou entités liés au Hezbollah ont été placés depuis 2017 sur la liste des sanctions américaines pour terrorisme.

Une distinction entre l'aile militaire et politique du Hezbollah est artificielle, ce que [le mouvement] lui-même reconnaît, a affirmé M. Pompeo, appelant les alliés des États-Unis à désigner le Hezbollah dans son ensemble comme une organisation terroriste.

Le Canada a désigné le Hezbollah comme un groupe terroriste en 2015, alors que d’autres pays, notamment l’Australie et les 28 de l'Union européenne ne classifient comme tel que la branche armée du mouvement chiite.

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