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L'ONU attend toujours les 200 Casques bleus promis par Trudeau

Un soldat canadien portant tout son équipement et des lunettes fumées, près d'un hélicoptère dont la porte arrière est ouverte.

La « force de réaction rapide » était l'une des promesses faites par Justin Trudeau à l'ONU lors d'un important sommet sur le maintien de la paix à Vancouver, en novembre 2017.

Photo : Getty Images / SEYLLOU

La Presse canadienne

La promesse d'un contingent de 200 soldats canadiens pour des missions de maintien de la paix n'est toujours pas tenue, plus de 18 mois après une première annonce officielle du premier ministre Justin Trudeau.

La « force de réaction rapide » était l'une des promesses faites par M. Trudeau à l'ONU lors d'un important sommet sur le maintien de la paix à Vancouver, en novembre 2017; le premier ministre avait alors aussi promis une unité d'hélicoptères et un avion de transport. Le Canada a bel et bien tenu promesse pour les hélicoptères, qui effectuent des évacuations médicales au Mali depuis le mois d'août – ils sont d'ailleurs sur le point de terminer leur mission dans ce pays.

Des sources aux Nations unies et au ministère de la Défense, qui ne sont pas autorisées à en parler publiquement, soutiennent qu'un accord est presque conclu sur le déploiement de l'avion de transport, qui devrait acheminer des vivres et des troupes en Afrique; on espère que ces vols démarreront dès le mois prochain.

Cependant, le Canada n'a pas encore inscrit la force de réaction rapide dans la base de données des Nations unies sur les engagements en matière de maintien de la paix, ce qui constitue habituellement la prochaine étape prise par les pays après s'être engagés auprès de l'ONU. On comprend que ce contingent canadien n'a pas encore été officiellement offert aux Nations unies, qui réclament de telles forces pour réagir rapidement aux urgences telles qu'une attaque contre des Casques bleus ou des civils.

La force de réaction rapide du Canada a été « prévue comme la dernière d'une série d'engagements qui seront tenus consécutivement », a expliqué mardi dans un courriel le porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier.

L'armée se concentre sur sa mission d'hélicoptères au Mali, a-t-il ajouté, et la force de réaction rapide sera mise à disposition « en temps opportun ».

Une force d’intervention rapide qui ne vient pas

Pourtant, en mai, l'ONU indiquait que ces forces de réaction rapide constituaient l'une des nombreuses exigences « primordiales » pour les missions de maintien de la paix dans le monde, afin de protéger les civils et faciliter la distribution de l'aide humanitaire. Ces unités ont été déployées ces dernières années en République démocratique du Congo et en République centrafricaine, où elles ont dû affronter différents groupes armés alors que l'ONU cherchait à assurer la sécurité et la stabilité.

Walter Dorn, expert en maintien de la paix au Collège des Forces canadiennes à Toronto, estime qu'il est ironique de constater à quel point la force de réaction rapide est... lente à se matérialiser.

Pour le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan, il s'agit d'une autre promesse libérale non tenue en matière de maintien de la paix. « Trudeau est arrivé au pouvoir en disant [au monde] : "Le Canada est de retour", ce qui signifie en grande partie que nous allons revenir à l'ONU de manière importante », a-t-il soutenu. « Mais ce ne sont que des promesses et des platitudes non tenues, plutôt que de véritables batailles sur le terrain au sein de missions de l'ONU. »

En ce qui concerne les promesses des conservateurs en matière de maintien de la paix, M. Bezan plaiderait pour une force de l'ONU en Ukraine et un réexamen des engagements pris « et ceux que nous devrions prendre ».

Alors que les libéraux fédéraux ont fait campagne en 2015 en promettant de renouveler de manière importante l'engagement et le rôle du Canada dans le maintien de la paix, le professeur Dorn estime que ces promesses sont tombées à plat jusqu'ici. « En pratique, la mission au Mali est notre seule participation majeure dans le maintien de la paix, en termes de déploiement de personnel en uniforme », a-t-il estimé. « Le Canada a beaucoup parlé. »

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