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Les autobus au propane, une solution écologique?

Michel Daneault, vice-président chez le constructeur d'autobus Girardin.

Québec devrait soutenir les transporteurs qui souhaitent effectuer la transition vers le propane, croit Michel Daneault, vice-président d’Autobus Girardin, qui vend entre autres ce type de véhicules.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour bien des gens, propane rime avec barbecue et camping. Mais ce gaz peut aussi servir de carburant pour les véhicules. L'Association québécoise du propane milite d'ailleurs pour que le gouvernement québécois favorise l'achat d'autobus scolaires et commerciaux fonctionnant avec ce type de carburant.

L'Association québécoise du propane vient d'embaucher le lobbyiste Bruno Leblanc pour convaincre le gouvernement Legault d'offrir une aide financière aux transporteurs qui se dotent d'autobus scolaires ou commerciaux propulsés au propane.

« Avec le propane, on peut aller chercher une performance sur le plan des émissions de gaz à effet de serre (GES) allant jusqu'à 25 %, ce qui en fait une énergie de transition, affirme M. Leblanc. C'est vu en complémentarité avec l'électrification des transports. »

Au Québec, les autobus scolaires qui roulent au propane se font rares, alors que de l'autre côté de la frontière, aux États-Unis, ils sont de plus en plus nombreux.

« Actuellement, au Texas, c’est le tiers de la flotte d'autobus scolaires qui fonctionne au propane, souligne M. Leblanc. Au Québec, on est à 156 autobus, soit moins de 2 % de la flotte. »

Une augmentation de prix « moins explosive »

L'entreprise Autobus Girardin, basée à Drummondville, vend des véhicules qui fonctionnent au diesel, au propane et à l'électricité. Son vice-président, Michel Daneault, croit lui aussi que Québec doit soutenir les transporteurs dans cette transition.

« Les coûts additionnels d'un véhicule électrique sont trois fois plus élevés que le prix d'un véhicule normal, selon M. Daneault. Dans le cas du propane, l'augmentation de prix du véhicule est quand même moins explosive. [...] L'augmentation de prix d'un petit minibus au propane est environ de 15 000 à 18 000 $ de plus. Et pour un gros véhicule, c'est 10 000 à 15 000 $ de plus qu'un véhicule diesel. »

Mais pour Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal et directeur académique de l'Institut de l'énergie Trottier, le propane est loin d’être la solution.

« Le propane, c'est ce qu'on appelle un liquide de gaz naturel, explique-t-il. C'est un hydrocarbure fossile tout comme le pétrole, mais qui émet légèrement moins de gaz à effet de serre que le diesel. » D’où le problème, selon lui, « parce qu’on doit réduire [les émissions de GES] de 20 % d’ici 2020 et de 37,5 % d’ici 2030 ». Ce qui est déjà loin d’être acquis, toujours selon M. Mousseau, qui privilégie plutôt l’électrique ou l’hydrogène.

Québec mise sur l'électrification

Du côté du gouvernement québécois, le ministère des Transports affirme qu'il est fermement engagé sur la voie de l'électrification des transports et que les efforts se concentrent là-dessus.

Il souligne également que le propane est un hydrocarbure qui émet moins de gaz à effet de serre que l'essence ou le diesel, mais qu'il génère des émissions, contrairement aux transports électriques.

Le lobbyiste de l'Association québécoise du propane n'a pas encore rencontré de représentants du gouvernement, mais compte le faire dans les prochains mois. M. Leblanc espère profiter de la réforme en profondeur annoncée du Fonds vert et de l'abolition de Transition Québec pour faire reconnaître le propane comme une solution de rechange à l'essence.

Avec les informations de Marie-Ève Cousineau

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