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Fours à bois commerciaux : la santé publique interpelle Montréal

Les fours à bois commerciaux représentent 3 % des émissions de particules fines à Montréal.

Photo : iStock / Jonathan Austin Daniels

Radio-Canada

La Direction régionale de santé publique (DRSP) exhorte la Ville de Montréal à faire respecter ses propres règles sur les émissions de particules polluantes des fours à bois commerciaux.

Dans un rapport rendu public mardi, la DRSP recommande que la Ville de Montréal s’assure que les établissements commerciaux utilisant la cuisson au bois respectent la réglementation actuellement en vigueur à Montréal [ou encore qu'elle] adopte un règlement spécifique à ce secteur permettant d’assurer la santé et la sécurité des Montréalais.

On ne parle pas de bannir ces commerces-là […], mais on a des preuves que certains commerces sont capables de respecter la réglementation, a déclaré à Radio-Canada David Kaiser, médecin à la DRSP et coordonnateur du rapport.

Seuls deux établissements ayant participé à une étude de l’Université de Montréal présentée l’hiver dernier à la Ville se conformaient aux limites d’émissions atmosphériques prévues par la réglementation municipale.

Le Dr Kaiser rappelle que les particules fines sont bien connues pour leurs impacts aigus sur la santé, tels que l’asthme, le cancer du poumon et les problèmes cardiaques.

Globalement, les commerces utilisant des fours à bois, c’est 3 % des émissions de particules fines. Mais c’est quand même des tonnes de particules et on voulait voir ce que ça représentait localement, a indiqué le Dr Kaiser.

La cuisson au bois nuit à la qualité de l’air

Évaluer la pollution des commerces

Pour être capable de différencier la pollution émise par les commerces qui utilisent le charbon de bois des autres sources de pollution que sont l’automobile et les usines, la DRSP a testé une nouvelle méthode d'échantillonnage.

Celle-ci consistait à porter sur l'épaule, à proximité des voies respiratoires, un appareil capable de mesurer le noir de carbone, un indicateur propre à la combustion du bois aussi appelé Delta-C. En échantillonnant à plusieurs reprises, l’été dernier, les zones occupées par des rôtisseries, des pizzerias et des commerces de bagels utilisant du charbon de bois, la DRSP a pu valider la méthode.

Tel qu’attendu, l’indicateur Delta-C augmente en fonction du nombre de commerces utilisant la cuisson au four à bois dans un rayon de 500 mètres, peut-on lire dans le rapport de la DRSP.

L'auteur du rapport, Louis-François Tétrault, poursuit en soulignant que les prochains travaux devraient incorporer des données sur la production des commerces échantillonnés, afin notamment de chiffrer l’ampleur des dépassements.

Il faudra aussi mesurer l’efficacité des systèmes de traitement qui ont déjà été implantés dans plusieurs commerces utilisant la cuisson au bois, écrit-il.

Aide financière demandée

Les investissements nécessaires pour rendre les commerces conformes peuvent être très élevés.

Le propriétaire de la rôtisserie Portugalia, Kevin Lopez, demande une aide financière à la Ville. Il dit avoir investi déjà 150 000 $ et huit mois plus tard, on nous dit qu’on n’est pas conformes.

La direction du restaurant Ma poule mouillée estime le coût des équipements nécessaires à environ 50 000 $, tout en soulignant l'importance de la cuisson au charbon de bois pour le goût des aliments.

Reconnaissant l’importance de ce type de restauration, la Ville précise qu’elle présentera d’ici la fin de l’été un projet de règlement qui devrait permettre de réduire de 85 % les émissions de particules fines émises par la quarantaine de commerces concernés.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve

Grand Montréal

Politique municipale