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Bombardier sur le point de licencier 550 employés à Thunder Bay

Extérieur de Bombardier à Thunder Bay

Deux contrats importants arrivent à terme en 2019 dans l'usine de Bombardier à Thunder Bay.

Photo : Google Street View

Radio-Canada

Bombardier s'apprête à licencier la moitié des employés de l'usine de construction de trains légers, selon une source gouvernementale contactée par La Presse canadienne.

David Van der Wee, chef de l’exploitation de Bombardier pour les Amériques, avait confirmé en juin que des mises à pied étaient imminentes, mais que la société demeurait engagée à l'égard de son usine de Thunder Bay et travaillait activement à obtenir de nouveaux contrats pour elle.

Deux contrats importants — l’un pour la production de tramways pour la Commission des transports de Toronto et l’autre pour la production de wagons à deux niveaux pour le service de trains Go de Metrolinx — arrivent à terme à la fin de 2019, et aucun autre contrat n’a encore été signé, a dit M. Van der Wee à CBC News.

M. Van der Wee avait déclaré que les licenciements entreraient en vigueur au quatrième trimestre, mais il n’a pas dit combien de travailleurs pourraient être touchés.

Dominic Pasqualino, le président de la section locale 1075 d'Unifor, qui représente les travailleurs de l'usine de Bombardier de Thunder Bay, avait indiqué en fin d'après-midi mardi ne pas être au courant des derniers développements.

Il n'a pas non plus eu l'occasion de parler avec des membres du syndicat.

Un homme en veste noire et chemise rouge.

M. Pasqualino craint que d’autres pertes d’emplois se profilent à l’horizon, avec la fin des contrats.

Photo : CBC/Nicole Ireland

Selon lui, l'absence de nouveaux contrats est en partie imputable à l'administration Trump, qui a soutenu des dispositions exigeant un seuil minimum de contenu américain.

Cette industrie est cyclique. Les choses montent, les choses descendent. Mais le truc, c’est qu’il ne semble pas que les choses vont remonter.

Dominic Pasqualino, président de la section locale 1075 d'Unifor

M. Pasqualino demande à l'entreprise et aux gouvernements provincial et fédéral de travailler ensemble pour permettre l'obtention d'un nouveau contrat.

Il ajoute que les travailleurs accomplissent un travail de qualité, selon lui, et que les clients sont satisfaits.

C’est évidemment une journée difficile, tout d’abord pour les familles et les employés directement touchés [...], mais aussi pour la ville et la région, a déclaré le maire de Thunder Bay, Bill Mauro, en entrevue avec CBC News.

Le maire rappelle que Bombardier est le plus important employeur du secteur privé de la ville.

Un homme lors d'un point de presse.

Le maire de Thunder Bay, Bill Mauro, a appris la nouvelle en parlant à la ministre des Transports de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

M. Mauro ajoute que, lorsqu’il était député provincial, il a travaillé à la création de politiques de contenu canadien, ce qui a aidé Bombardier à Thunder Bay à obtenir des contrats. Nous voyons maintenant ces contrats se terminer.

C’est un coup dur pour une communauté de 110 000 habitants, et nous ferons tout notre possible pour assurer l’avenir à long terme de l’usine, affirme M. Mauro.

Le gouvernement provincial déçu

Dans un communiqué, la ministre ontarienne des Transports, Caroline Mulroney, a déclaré que le gouvernement provincial était déçu de la décision de Bombardier et l’avait signifié à ses dirigeants.

Nous pressons la compagnie de travailler avec la province pour parvenir à une entente qui permettrait de maintenir les emplois à l’usine de Thunder Bay.

Caroline Mulroney, ministre ontarienne des Transports

La ministre rappelle que la province est sur le point de faire la plus importante contribution financière à l’expansion du transport en commun dans la région de Toronto, une référence à l’ambitieux plan de 28,5 milliards de dollars du gouvernement Ford.

L’agence Metrolinx, qui gère les trains de banlieue, compte également acquérir de nouveaux wagons construits à Thunder Bay, rappelle la ministre Mulroney.

Le premier ministre Doug Ford assure pour sa part qu’il a parlé aux hauts responsables de Bombardier et au président national du syndicat Unifor, Jerry Dias, pour rappeler l’engagement de son gouvernement envers les travailleurs de Thunder Bay.

Il promet de travailler sans relâche pour protéger l’usine.

La députée néo-démocrate provinciale locale, Judith Monteith-Farrell, pense que le besoin d’avoir une politique pour favoriser l’octroi de contrats aux compagnies ontariennes se fait de plus en plus sentir.

Elle soutient que le gouvernement doit agir rapidement, sans quoi la province n’aura bientôt plus la capacité de construire des véhicules pour le transport en commun.

Une porte-parole de Bombardier a refusé de commenter.

Restructurations chez Bombardier

Voulant améliorer sa rentabilité, Bombardier a réduit ses activités aérospatiales et ferroviaires depuis plusieurs années.

Il notamment cédé ses activités de turbopropulseurs et de jets régionaux. Bombardier a également vendu une participation majoritaire dans son programme d'avions C Series à Airbus (qui porte maintenant le nom de A200).

Les emplois de l'usine de Bombardier Transport de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent au Québec, ont également été menacés par le manque de nouveaux contrats.

La société a tenté d'améliorer ses finances en 2015 en vendant une participation de 30 % dans Bombardier Transport à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour 1,5 milliard de dollars américains.

Par ailleurs, Bombardier n’a pas obtenu le contrat pour le projet de train électrique (REM dans la région de Montréal) de 6,3 milliards de dollars américains. C’est un consortium regroupant Alstom Transport Canada et une filiale de SNC-Lavalin qui a décroché ce contrat.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Nord de l'Ontario

Économie