•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des médicaments et pesticides dans l'eau potable en Estrie, selon une étude

Un robinet avec une goutte.

Une étude démontre la présence de contaminants dans l'eau du robinet de 17 municipalités en Estrie.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Après trois ans de travaux, une équipe de chercheurs dresse un portrait préoccupant de la qualité de l'eau potable d'une quinzaine de municipalités de la région, dont Drummondville, Coaticook et Orford.

Pour la majorité d'entre elles, l'eau provient de sources souterraines.

Les échantillons prélevés dans 17 des 19 municipalités retenues pour l'étude révèlent la présence de pesticides et de produits pharmaceutiques dans l'eau du robinet. Ces contaminants sont absents à Sherbrooke et à Bury.

Le fait qu'on trouve ces produits dans l'eau traitée qui sort du robinet indique deux choses : les sources sont vulnérables à la contamination et les équipements de traitement d'eau ne sont pas assez perfectionnés pour enlever tous ces produits, signale l'auteur de l'étude, Barry Husk.

Le président fondateur de l'entreprise Blueleaf de Drummondville a travaillé de concert avec cinq chercheurs de l'Université de Sherbrooke pour réaliser cette étude.

Des traces de cyclophosphamide, un médicament utilisé en chimiothérapie, ont notamment été détectées dans 16 pour cent des 320 échantillons recueillis.

La cyclophosphamide que nous avons trouvée est utilisée pour le traitement des cancers et elle est considérée comme cancérigène. Il y a lieu de se préoccuper de sa présence.

Barry Husk, président de Blueleaf

Les neuf composés pharmaceutiques et les six catégories de pesticides retracés dans les échantillons inquiètent aussi Larissa Takser, professeure au Département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke qui a participé à l'étude.

C'est ce que l'on fait chaque jour qui nous rend malades. Même si on consomme de l'eau du robinet à petites doses, on finit par avoir des changements biologiques. Prouver les effets immédiats est pratiquement impossible, ce qui explique sans doute pourquoi les gouvernements ne réagissent pas, explique-t-elle.

L'absence de réaction à cette étude démontre que l'information ne se rend pas aux autorités. C'est un organisme de lobbying social dont on a besoin pour faire pression.

Larissa Takser, professeure, Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke

Le rapport a été transmis à toutes les municipalités et à différents ministères. Un seul accusé de réception a été reçu. Malgré tout, Barry Husk ne perd pas espoir. Le chercheur souhaite que les autorités de santé publique et les législateurs s'assoient avec les scientifiques afin de resserrer les normes et élargir la liste de contaminants à surveiller.

Estrie

Pollution