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Traverser le Canada à pied pour raviver le souvenir des femmes autochtones disparues

Un homme de profil avec des écouteurs et un sac à dos, en bord de route

Matthew Jefferson a parcouru 8275 km en un an environ, et envisage une nouvelle traversée du Canada en vélo.

Photo : Matthew Jefferson/Facebook

Maud Cucchi

Matthew Jefferson, un résident de Victoria en Colombie-Britannique, vient de parcourir 8275 kilomètres à pied afin de sensibiliser la population à la disparition des femmes autochtones. 

Ce marcheur de 33 ans est parti il y a un an, environ, de Victoria où il s'est établi après ses études.

Il a atteint Terre-Neuve-et-Labrador à la fin juin, en parcourant une distance de 55 à 65 kilomètres par jour. 

J'essayais de prendre une journée de congé le dimanche, témoigne-t-il, joint dans une auberge du parc national du Gros-Morne, où il profite de quelques jours de repos sur la côte ouest de l'île de Terre-Neuve.

deux hommes posant devant le panneau Mile 0 Victoria

Matthew Jefferson est parti de Victoria où il réside et travaille.

Photo : Matthew Jefferson/Facebook

Matthew Jefferson s’est préparé physiquement en courant 30 km par jour avant d’entamer son périple le 1er juin 2018. 

J'étais actif, je faisais du camping, du canoë, mais je n'avais jamais randonné plus de 30 km. J'adore la nature, c'est là où je me sens le plus chez moi.

Matthew Jefferson

Seule une infection des bronches l'aura retenu un mois durant, à Winnipeg, fin septembre.

Chaque jour est différent, chaque situation est différente. J'ai appris à faire des choix, à contrôler mes émotions et à voir de quoi j'étais capable, observe-t-il.

Ses souvenirs de marche font défiler rencontres chaleureuses et paysages à couper le souffle, qu'il a déjà partagés en cours de chemin en animant des interventions dans les écoles et les universités.

Pélerin pour la cause FFADA

Ce randonneur au long cours ne l’était pas avant la disparition de sa propre tante, Frances Brown, jamais réapparue depuis 2017 alors qu’elle ramassait des champignons dans une forêt près de Smithers, dans le nord de la Colombie-Britannique.

Il a été surpris de constater que ses amis étaient mal informés de la situation des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées (FFADA).

Mon message a toujours été de travailler ensemble, Autochtones et non-Autochtones, et vraiment de prendre soin les uns des autres, partage le marcheur que l'aventure a rapproché de ses racines familiales Wet'suwet'en.

un sac a dos posé devant la mer

Sur l'endos de son sac, Matthew Jefferson a gardé l'avis de disparition de sa tante.

Photo : Matthew Jefferson/Facebook

Son sac à dos réduit à 25 kg affiche l’avis de disparition de sa tante, comme un appel à l’aide pancanadien et un rappel à tous concernant la situation des femmes autochtones disparues.

Ce marcheur de 33 ans, soudeur de profession, a atteint le point le plus oriental de son parcours le 25 juin, mais son cheminement pour sensibiliser à la cause FFADA n’est pas fini pour autant. 

Je l’ai ressenti au moment précis où je suis arrivé à Cape Spear. Aussitôt que j’ai atteint ma destination finale, j’ai senti que je n’avais pas terminé. 

Matthew Jefferson

Il s'accorde quelques jours de répit pour visiter le parc national du Gros-Morne, sur la côte ouest de l'île de Terre-Neuve et ne prévoit de revenir en Colombie-Britannique qu'en septembre, en faisant du pouce sur la route. 

L'aventurier pense déjà réitérer son expérience de traversée pancanadienne, mais cette fois en vélo.

Sans grande impatience, il envisage de retourner travailler une année avant de repartir pour Cape Spear, le point le plus à l'est en Amérique du Nord. 

Colombie-Britannique et Yukon

Engagement communautaire