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Il faut combattre les thérapies de conversion, plaide Ottawa

Des drapeaux de la fierté gaie.

L'Organisation mondiale de la santé estime que les thérapies de conversion constituent « une grave menace pour la santé et les droits des personnes touchées ».

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral appelle les provinces à bannir les thérapies de conversion, des pratiques dénoncées par la communauté LGBTQ+, et songe à modifier le Code criminel pour les y aider.

Le gouvernement libéral s’engage à faire tout en son pouvoir pour lutter contre les thérapies de conversion, peut-on lire dans une lettre signée par les ministres fédéraux de la Justice, David Lametti, et de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, ainsi que par le député d’Edmonton, Randy Boissonnault, à l’attention du ministre albertain de la Justice, Doug Schweitzer.

Les autorités provinciales, territoriales, municipales et fédérales ont un rôle à jouer pour la protection des citoyens des méfaits associés à ces pratiques, indique la missive envoyée en juin et récemment consultée par CBC News.

Le texte appelle le ministre Schweitzer à agir immédiatement pour « mettre fin à ces pratiques honteuses ».

Toujours selon la lettre, il existe diverses infractions au Code criminel – comme l’enlèvement, la séquestration et l’agression – qui pourraient s’appliquer au cas où une personne est forcée de suivre une thérapie de conversion. Des accusations de fraude pourraient également s’appliquer si des frais ont été perçus.

Ottawa envisage également d'amender le Code criminel pour mieux prévenir, punir et empêcher cette pratique dangereuse et discréditée, précisent encore les trois responsables dans leur lettre.

Les thérapies de conversion ou thérapies de réorientation sexuelle sont des interventions psychologiques ou spirituelles censées changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne, que ce soit par le biais d'une psychothérapie, de médicaments ou d'une combinaison des deux.

Une municipalité albertaine prend les devants

La révélation de cette lettre intervient un mois après que le ministre de la Santé de l'Alberta, Tyler Shandro, eut déclaré que le mandat du groupe de travail chargé d'étudier la question des thérapies de conversion s’était éteint avec l’ancien gouvernement néo-démocrate.

Le groupe de travail a été créé en février dernier pour donner des recommandations sur l’élaboration d’une loi pour interdire ces thérapies.

Lundi dernier, le conseil municipal de Saint-Albert, au nord-ouest d’Edmonton, a pris les devants en votant à l’unanimité en faveur d'une motion pour bannir les thérapies de conversion sur son territoire.

Le gouvernement Trudeau avait pourtant affirmé en mars qu'il ne peut interdire les thérapies de conversion, bien qu'elles soient immorales, douloureuses, et qu'elles ne reflètent pas les valeurs de notre gouvernement ou des Canadiens.

En 2012, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une déclaration dans laquelle elle affirmait que ce type de thérapie constituait une grave menace pour la santé et les droits des personnes touchées.

La Société canadienne de psychologie (SCP) s'est fait l'écho de cette position en 2015 en disant : La conversion ou la thérapie réparatrice peut avoir des conséquences négatives, comme la détresse, l'anxiété, la dépression, une image négative de soi, un sentiment d'échec personnel, de la difficulté à maintenir des relations et un dysfonctionnement sexuel.

La SCP ajoute qu'elle s'oppose à toute thérapie visant à réparer ou à convertir l'orientation sexuelle d'une personne, quel que soit son âge.

En attendant le fédéral, certaines provinces ont déjà pris position.

En Ontario, les thérapies de conversion sont illégales depuis 2015; la province a imposé une interdiction totale.

Au Manitoba, il est interdit aux professionnels de la santé d'offrir une thérapie de conversion.

En Nouvelle-Écosse, depuis septembre 2018, les thérapies de conversion sont illégales pour toute personne de moins de 19 ans et, pour les adultes, elles ne sont pas assurables.

En juin dernier, la Ville de Vancouver a aussi adopté une loi interdisant aux entreprises d’offrir de telles thérapies.

Avec les informations de CBC News

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