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Fuite de monoxyde de carbone à Winnipeg : la ventilation en cause

Deux travailleurs du secteur du gaz vérifient la qualité de l’air aux bouches de ventilation.

Des travailleurs du secteur du gaz vérifient la qualité de l’air aux bouches de ventilation après que le personnel de l’urgence eut été appelé à la suite d'une fuite de gaz survenue dans un hôtel Super 8 de Winnipeg, mardi.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Les 46 personnes transportées dans trois hôpitaux de Winnipeg, mardi, à la suite d’une importante fuite de monoxyde de carbone (CO) dans un hôtel Super 8, sont toutes hors de danger.

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a confirmé mercredi que tous les patients ayant été admis aux urgences avaient reçu leur congé.

L’enquête sur les causes de la fuite en est encore à ses débuts. Chuck Steele, porte-parole d’Hydro Manitoba, déclare toutefois que la forte concentration de monoxyde de carbone détectée dans le motel était due à un système de ventilation défectueux.

Il semble que du monoxyde de carbone se soit accumulé dans le bâtiment en raison d'une ventilation inadéquate liée aux appareils à gaz. Au lieu d'être ventilés en toute sécurité, les gaz d'échappement sont aspirés dans le bâtiment.

Chuck Steele, porte-parole d’Hydro Manitoba

« Les gaz d'échappement de la chaudière ont été ramenés dans le bâtiment  », a déclaré la commissaire adjointe aux incendies, Candace Russell Summers.

Les deux organisations ont déclaré que leurs organisations, ainsi que le Service des soins médicaux d’urgence et le département de la santé et de la sécurité au travail du Manitoba, enquêtent toujours sur l'incident.

Selon la Ville de Winnipeg, les cas de fuites mineures de monoxyde de carbone à Winnipeg sont fréquents. « En 2018, le Service des incendies et le Service des soins médicaux d’urgence ont reçu 708 appels concernant des fuites possibles de monoxyde de carbone, a dit le porte-parole de la Ville. Très peu de ces cas ont nécessité la prise en charge des personnes. »

Les patients avaient été transportés à l’Hôpital Saint-Boniface, à l’Hôpital général Seven Oaks, à l’Hôpital Grace et dans les services d’urgence pour adultes et enfants du Centre des sciences de la santé. La plupart étaient arrivées en ambulance.

Au moins 15 personnes étaient dans un état critique lors de l’évacuation du motel. Cinq étaient dans un état instable et 26 dans un état stable. Le chef des pompiers, John Lane, indiquait mardi que si « personne n’a eu besoin de réanimation », les niveaux élevés de monoxyde de carbone ont tout de même « provoqué un état critique » chez certains individus.

Les pompiers ont répondu à une alarme à 10 h 19, mardi matin, indiquant une fuite de monoxyde de carbone dans l’hôtel Super 8.

Sur place, les équipes ont détecté des concentrations de monoxyde de carbone atteignant les 385 parties par million.

Des camions provenant de trois stations de pompiers ainsi que 10 ambulances et le véhicule de réponse aux incidents de masse (MIRV) ont été envoyés sur place, où se trouvaient 52 personnes et un chien au moment de l’alarme.

Du personnel médical prépare une civière au milieu de véhicules d'urgence.

Au moins 46 personnes ont été hospitalisées, dont 15 dans un état critique.

Photo : Radio-Canada

Une mise en garde

Ancien pompier en Ontario et militant pour la sécurité, John Gignac a fondé la fondation Hawkins-Gignac Foundation for CO Education après la mort de sa nièce, son mari et leurs deux enfants des suites d’une fuite de monoxyde de carbone, en 2008.

Il affirme que la fuite qui s’est produite dans un motel de Winnipeg devrait servir de mise en garde pour le public et les politiciens quant aux dangers de ce gaz sans odeur qui peut être mortel.

Notre régime législatif ne protège pas les citoyens également, déplore-t-il. Chaque province au Canada devrait avoir la même loi pour que tous soient protégés, dans les maisons, les lieux de travail, les entreprises ou les chalets.

Le propriétaire du motel, Justin Schinkel, a déclaré mardi qu’une récente inspection de sécurité incendie n’a pas détecté de problème dans son établissement. Pour répondre aux exigences des lois manitobaines, le motel doit être muni d’une alarme signalant les fuites de monoxyde de carbone.

Un homme debout

Justin Schinkel, le propriétaire du motel

Photo : Radio-Canada / Daniel Gagne

Justin Schinkel a déploré ces incidents mardi, qu’il a qualifiés d’énorme malheur.

Il n’était pas au motel lorsque l’alarme a retenti, mais il s’est rendu sur place après avoir reçu un appel de son directeur général, vers 10 h 30. Un membre de son personnel a été touché par la fuite.

Je suis content que les premiers intervenants soient arrivés aussi vite qu’ils l’ont fait, dit Justin Schinkel.

John Gignac est soulagé de voir que la fuite n’a pas eu de conséquences plus fâcheuses, mais il rappelle qu’elle montre avec quelle facilité le monoxyde de carbone peut mettre la vie des gens en danger.

En 2013, il a convaincu le gouvernement de l’Ontario d’adopter une loi rendant obligatoires les détecteurs de monoxyde de carbone dans toutes les maisons où l’on trouve des électroménagers au gaz, des foyers et des garages attenant à la maison.

Au Manitoba, une législation plus stricte depuis 2011

En 2011, le gouvernement du Manitoba a renforcé la réglementation en adoptant des modifications au code du bâtiment et au code de prévention des incendies. Des détecteurs de monoxyde de carbone doivent être installés dans tous les nouveaux bâtiments de la province, incluant les maisons et les bâtiments publics et privés.

Ces modifications exigent que des détecteurs de CO soient installés dans tous les bâtiments soumis à une inspection de sécurité incendie par règlement et où il existe un risque potentiel d’infiltration de CO.

Ces bâtiments comprennent les hôpitaux, foyers de soins personnels, logements pour personnes âgées, débits de boissons autorisés, hôtels ou motels, restaurants avec espaces de vie, écoles, garderies et autres lieux de réunion.

Dans les plus vieilles maisons, il revient aux propriétaires de faire installer des détecteurs.

De son côté, John Gignac demande aux gouvernements de rendre l’installation des détecteurs obligatoire dans les maisons et bâtiments plus anciens, peu importe leur âge.

Il encourage les gens à s’assurer que leurs détecteurs fonctionnent correctement, en particulier dans les endroits où les gens dorment.

Il conseille aussi aux personnes en déplacement d’apporter dans leurs bagages un détecteur de monoxyde de carbone alimenté avec des piles, pour éviter les dangers liés aux fuites pouvant survenir dans des endroits comme des tentes, des caravanes et des bateaux, en raison de la présence de moteurs, de génératrices ou d'un système de chauffage fonctionnant au propane.

Le premier ministre de la province, Brian Pallister, qui participe au Conseil de la fédération en Saskatchewan, a réagi depuis Saskatoon. Il a déclaré mardi être choqué et attristé par cet incident, mais qu’il se réjouissait qu’il n’y ait pas eu de morts.

François Gauvin, professeur de chimie à l’Université de Saint-Boniface, trouve surprenant la concentration de monoxyde de carbone détectée dans le motel. Je suis presque tombé de ma chaise quand j’ai lu ça, a t-il dit. Le monoxyde est un poison dangereux qui est incolore, inodore.

Il espère que l’enquête qui est en cours permettra d’en apprendre davantage sur l’incident afin de prévenir d’autres cas de fuite dans la province.

La cause de la fuite est toujours sous enquête.

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