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Les élections provinciales sont officiellement déclenchées

Un homme parle à un micro entouré d'une trentaine de personnes.

Le premier ministre du Manitoba et chef du Parti progressiste-conservateur, Brian Pallister, a officiellement lancé la campagne électorale lundi le 12 août en après-midi, entouré des membres de son équipe.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Julien Sahuquillo
Sylviane Lanthier

Entouré des membres de son équipe à l’extérieur du palais législatif, Brian Pallister a officiellement déclenché une campagne électorale qui sera d’une durée de 29 jours, après avoir rencontré la lieutenante-gouverneure, Janice Filmon, et lui avoir demandé de dissoudre l’Assemblée.

Brian Pallister demande maintenant aux Manitobains de lui donner un nouveau mandat pour bâtir un meilleur Manitoba, qu’il veut plus abordable, plus sûr et plus prospère pour nous tous.

Après quatre ans au pouvoir, Brian Pallister a dénoncé l’héritage néo-démocrate, affirmant : Sous le gouvernement du NPD, nous payions plus pour obtenir moins [...] jusqu’à ce qu’on change de direction.

Le chef conservateur a pris la peine de prononcer quelques mots en français pour rappeler que son équipe est constituée de candidats dévoués qui veulent travailler avec les Manitobains pour réaliser le Manitoba de [leurs] rêves.

Les conservateurs misent sur un plan en cinq points qu’ils présentent sous la forme de garanties et sur lesquels ils reviendront au cours des prochaines semaines. Dès mercredi, ils expliqueront leurs engagements en santé.

Les cinq « garanties » des conservateurs

  • Moins de taxes : les Manitobains paieront 2020 $ de moins en taxes d’ici les quatre prochaines années

  • Un système de santé amélioré, plus rapidement

  • De nouvelles écoles, plus rapidement

  • Une création d’emplois renforcée

  • Un plan vert fait au Manitoba

Les conservateurs s’engagent ainsi à diminuer les taxes, à offrir de meilleurs services et à solidifier l’économie, tout en mettant de l’argent sur la table de la cuisine des Manitobains.

Tous ces engagements représentent de l’argent en banque pour les Manitobains.

Brian Pallister

Pour le chef conservateur, l’enjeu de cette élection est la confiance : il affirme qu'il tiendra ses promesses, contrairement au NPD, qui les a brisées dans le passé, dit-il, en référence à l’augmentation de la taxe de vente provinciale décrétée sous le gouvernement de Greg Selinger, en dépit de la promesse de ne pas augmenter cette taxe.

Le chef conservateur veut que son parti soit vu comme celui de l’espoir et de l’avenir, s’écriant, avec ses troupes, que la seule chose qui peut être meilleure qu’aujourd’hui, au Manitoba, c’est demain au Manitoba.

Sur un pied de guerre depuis juin

Les partis politiques sont cependant sur le pied de guerre depuis le début de l'été déjà, quand Brian Pallister avait annoncé que la date des élections serait le 10 septembre.

Le politologue Raymond Hébert le constate d’ailleurs :Les partis politique sont en campagne depuis un mois.

Raymond Hébert.

Le politologue Raymond Hébert estime que 29 jours, c'est court pour une campagne électorale.

Photo : Radio-Canada

Deux éléments clés pourraient, selon lui, ressortir de cette campagne : Est-ce que ça sera l’aspect financier, la bonne gestion des finances de la province, ou est-ce que ça sera au contraire une préoccupation populaire avec la direction que prend la réorganisation du système de santé? Je pense que ce sont les deux gros enjeux, estime le professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Saint-Boniface. 

Raymond Hébert ne croit pas que cette élection menace les conservateurs, dont la majorité, à l’heure actuelle, n’a pas de doutes. Il est très clair à ses yeux que, dans les cas des deux autres chefs, leurs postes sont en jeu.

Wab Kinew devra faire passer le nombre de députés de son parti à une vingtaine pour satisfaire ses troupes, estime Raymond Hébert, ajoutant que Dougald Lamont devra conserver Saint-Boniface et faire élire au moins trois autres députés.

Alors qu’il semble clair que le NPD va miser sur la santé au cours de la campagne, Raymond Hébert examine avec intérêt les propositions des libéraux, qui sont en train de développer un programme assez intéressant et relativement peu coûteux, par exemple réinvestir dans les infrastructures des arts et créer un fonds de développement pour le monde des affaires.

À écouter :

  • Le point de vue de l'analyste Michel Lagacé, entre autres sur la réforme du système de santé, au micro de Martine Bordeleau.

Néo-démocrates et libéraux

Mardi matin, Wab Kinew dénonçait les dégâts causés par Brian Pallister, qu’il disait vouloir réparer en annonçant qu’un gouvernement néo-démocrate rouvrirait les services d’urgences des hôpitaux de Concordia et de Seven Oaks avec un budget de 8 millions de dollars par an.

Pendant que les attaques entre le NPD et les conservateurs se poursuivent, les libéraux espèrent réussir à se distinguer. Trop souvent, les Manitobains ont pensé qu'ils n'avaient que deux choix, a déploré le chef libéral, Dougald Lamont, en réagissant au déclenchement officiel de la campagne électorale.

C’est une élection extrêmement importante parce qu'on a l'occasion de changer les choses, affirme-t-il. On est ici pour dire : si vous voulez un gouvernement progressiste au Manitoba, c'est le parti libéral du Manitoba, c'est le choix. Dougald Lamont précise que le Parti libéral devrait avoir des candidats dans toutes les circonscriptions d’ici à vendredi.

57 sièges à pourvoir

À la dissolution de la Chambre, le Parti progressiste-conservateur (PC) occupait 38 sièges, le Nouveau Parti démocratique (NPD) en détenait 12, et le Parti libéral en avait 4.

L'Assemblée législative comptait aussi trois députés indépendants ayant été exclus de leur parti depuis les élections générales de 2016.

La répartition des sièges au palais législatif lors du lancement des élections.

Au moment de déclencher les élections, le Parti progressiste-conservateur occupait 38 sièges, le NPD en avait 12 et les libéraux en avaient 4.

Photo : Radio-Canada

Steven Fletcher (Assiniboia) et Cliff Graydon (Emerson) ont été expulsés des rangs conservateurs. Mohinder Saran (The Maples) a été expulsé du caucus néo-démocrate. Pour ce qui est de Steven Fletcher, il a indiqué qu'il comptait se présenter aux élections fédérales du 21 octobre sous la bannière du nouveau Parti populaire de Maxime Bernier. 

Lors des élections en 2016, le PC avait remporté de nombreuses circonscriptions à Winnipeg ainsi que dans le nord de la province, mettant fin au gouvernement du NPD qui était au pouvoir depuis 1999.

Une nouvelle carte électorale entre en vigueur avec cette élection-ci. Le nombre de sièges – 57 – reste globalement le même. La capitale provinciale en comptera 32, tandis que les milieux ruraux auront 25 sièges.

Manitoba

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