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Vol d'eau : Toronto perd des millions et veut colmater la fuite

Une borne d'incendie jaune devant un parterre d'herbe.

Afin d'enrayer le vol d'eau, la Ville de Toronto lance un projet pilote de station de remplissage.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les voleurs d’eau coûtent à la Ville de Toronto environ 3,4 millions de dollars par an et peuvent aussi endommager les bouches d’incendie, nuisant potentiellement à leur utilisation. Aujourd’hui, la Ville essaie de réduire ces pertes avec un projet pilote donnant aux gens la possibilité d’acheter de l’eau en vrac plutôt que de la voler.

On estime que la perte annuelle d’eau dans la Ville-Reine s’élève à environ 870 000 mètres cubes d’eau, soit un volume équivalent à 348 piscines olympiques.

Ces chiffres proviennent d'une évaluation réalisée par l’American Water Works Association et illustrent un réel problème pour la ville et ses résidents, selon Lawson Oates, directeur de l’environnement et de l’administration chez Toronto Water.

Les résidents et les entreprises paient effectivement pour cette perte d’eau, a déclaré M. Oates.

Pour enrayer ce problème, la Ville se prépare à mettre à l’essai une station de remplissage, suivant ainsi le modèle utilisé par plusieurs municipalités voisines.

Un homme barbu et souriant répond aux questions d'une journaliste dans une rue de Toronto.

Lawson Oates dit que la Ville lutte contre le vol d'eau à l'aide de programmes d'éducation du public et d'application des lois.

Photo : CBC/Tina Mackenzie

Si une entreprise, par exemple un paysagiste, cherchait de l’eau pour un projet d’aménagement paysager, elle pourrait nous acheter de l’eau en vrac dans l’un de nos chantiers, en payer le prix et ouvrir un compte avec nous, a expliqué M. Oates.

Le projet a reçu l’approbation de financement du conseil municipal, et la construction devrait commencer cette année.

Selon M. Oates, la Ville prend les pertes d’eau très au sérieux et les résout en appliquant de façon stricte ses règlements municipaux, ou encore à l’aide de programmes d’éducation, de détection des fuites, ainsi que de rénovations et d'investissements dans les infrastructures.

Campagne de sensibilisation dans la région de Durham

En avril, la région de Durham a lancé une campagne visant à inciter ses résidents à mettre fin aux vols d’eau en signalant les activités suspectes autour des bouches d’incendie et à l'aide d'anneaux en plastique placés sur celles dont l'eau peut être utilisée.

À Durham, environ 1 % de la production d’eau est perdue en raison de vols d’eau. Le coût estimé de cette perte est de 500 000 $.

Les personnes reconnues coupables d’infractions au règlement sur les réseaux d’aqueduc par l'établissement d'un lien temporaire avec l’alimentation en eau ou l'altération d'une bouche d’incendie sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 5000 $.

Selon la région, les utilisations de l’eau volée varient du nettoyage des routes à l’arrosage des sols, en passant par le remplissage des piscines.

Eau contaminée

En plus de coûter aux contribuables, la pratique du vol d’eau peut permettre l'introduction de contaminants dans le système d’eau de la ville. Cela peut se produire lorsque la personne qui exploite une bouche d’incendie n’utilise pas d’appareil pour empêcher le retour d'eau du camion-citerne dans le système d’alimentation en eau.

Depuis 2012, la Ville a condamné neuf entreprises pour avoir tiré de l’eau d’une prise d’eau sans permis, et a donné des amendes d’un montant total de 22 500 $.

Les contrevenants inculpés comprennent des entreprises du secteur de la construction et des entreprises de lavage mobiles.

Risque pour les équipes d’incendie

Enfin, l’utilisation illégale de bornes d’incendie a également un coût humain, car si une bouche d’incendie est utilisée et mal drainée, de l’eau peut s’y accumuler. En hiver, cette eau peut geler, explique Stephen Barkwell, chef adjoint des pompiers à Oshawa.

Stephen Barkwell, chef adjoint des pompiers à Oshawa, pose devant un camion de pompiers à l'intérieur d'une caserne.

Stephen Barkwell, chef adjoint des pompiers à Oshawa

Photo : CBC/Talia Ricci

Cela peut nous causer beaucoup de problèmes, si on arrive sur place et qu’il est impossible d’utiliser la bouche d’incendie.

Stephen Barkwell, chef adjoint des pompiers à Oshawa

M. Barkwell ajoute qu’un autre problème rencontré est celui des personnes qui endommagent la bouche d’incendie en serrant trop les tiges, ce qui empêche les équipes de pompiers de les utiliser.

Soyez bien conscients du risque que vous encourez, pour vous, votre famille et vos voisins.

Avec les informations de Talia Ricci

Toronto

Politique municipale