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Fuites diplomatiques : tempête entre Londres et Washington

Donald Trump et Theresa May sont assis à une table de réunion avec plusieurs personnes.

Donald Trump et Theresa May assis face à face lors d'une réunion avec des entrepreneurs, le 4 juin 2019.

Photo : Reuters / POOL New

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump s'en est de nouveau pris mardi à la première ministre Theresa May et à son ambassadeur à Washington, qui a qualifié l’administration américaine d'« incompétente » et d’« inepte » dans des notes de service diplomatiques dévoilées dimanche par le journal britannique Mail on Sunday.

Theresa May a finalement apporté mardi son soutien à l'ambassadeur britannique aux États-Unis, Kim Darroch, après la divulgation de notes de service confidentielles dans lesquelles il mettait en cause les capacités de dirigeant de Donald Trump.

Les ministres et le porte-parole de Theresa May ont notamment déclaré que ces fuites n'étaient qu'un « reflet partiel » des évaluations de Kim Darroch et que ces dernières ne reflétaient en rien le point de vue du gouvernement. Le porte-parole de Theresa May a également déclaré que M. Darroch resterait en place avec « l'appui total du gouvernement ».

Des déclarations qui semblent avoir exaspéré un peu plus Donald Trump.

Alors que le président américain a affirmé lundi qu'il n'aurait « plus de contacts » avec l'ambassadeur britannique, il a lancé mardi une deuxième série de messages encore plus cinglants sur Twitter.

« L'ambassadeur farfelu que le Royaume-Uni a imposé aux États-Unis n'est pas une personne dont nous sommes satisfaits, c’est un type stupide », a-t-il écrit, décrivant Kim Darroch comme un « idiot pompeux ». Le président n'a ensuite pas épargné la première ministre.

[Kim Darroch] devrait plutôt parler à son pays et à sa première ministre Theresa May de leur négociation du Brexit qui a échoué, et ne pas être contrarié par mes critiques portant sur la façon dont cela a été géré. J'ai dit à Theresa May comment faire, mais elle a suivi sa propre voie stupide et n'a pas réussi à le faire. Un désastre!

Donald Trump, sur son compte Twitter

Cette sortie a irrité le ministre des Affaires étrangères britannique et candidat à la succession de Theresa May, Jeremy Hunt. Ce dernier a à son tour réagi sur les réseaux sociaux mardi en interpellant directement Donald Trump. Il a qualifié les propos du président d'« irrespectueux et injustes envers notre première ministre et mon pays ».

Les amis de [Donald Trump] parlent franchement, alors je le ferai. [...] Vos diplomates donnent leurs opinions personnelles au [secrétaire d’État Mike Pompeo] et les nôtres aussi!, a-t-il écrit, en rappelant que l'alliance entre le Royaume-Uni et les États-Unis était « la plus grande de l'histoire » et qu’il fallait à cet égard « se traiter mutuellement avec respect ».

Les ambassadeurs sont nommés par le gouvernement britannique et si je deviens premier ministre, notre ambassadeur restera, a-t-il finalement conclu.

Theresa May, qui doit quitter ses fonctions avant la fin du mois, s'est heurté à Trump à plusieurs reprises sur de nombreuses questions, comme celle de l'accord nucléaire iranien de 2015.

Et cette discorde arrive au moment où le Royaume-Uni espère conclure un accord commercial majeur avec les États-Unis, après sa sortie de l'Union européenne (UE), prévue le 31 octobre.

Course à la chefferie au Royaume-Uni

Les deux prétendants au remplacement de Theresa May, l'ancien maire de Londres Boris Johnson et le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt, ont tous deux indiqué qu'ils pourraient soutenir le départ de l'UE sans accord, d’où l’importance d’un accord avec leur « plus proche allié », les États-Unis.

Boris Johnson, favori dans les sondages et pressenti comme le prochain dirigeant britannique, a de son côté laissé entendre qu'il partageait le point de vue de Donald Trump sur la mauvaise gestion du Brexit de Theresa May. Il a également déclaré que les États-Unis resteraient le premier partenaire militaire et politique du Royaume-Uni.

J'ai de bonnes relations avec la Maison-Blanche et je n'ai pas honte de le dire, a-t-il déclaré à la BBC. J'ai moi-même dit des choses assez critiques sur les négociations du Brexit.

Des « conséquences graves » pour les responsables

Les autorités britanniques ont lancé une enquête pour savoir qui était responsable de la fuite de ces câbles diplomatiques. Et le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt a promis de « graves conséquences » pour les responsables.

Il a déclaré au journal Sun que la piste du piratage informatique par un État hostile sera également explorée, bien qu'il ait mentionné qu’il n'y avait aucune preuve allant en ce sens pour l'instant.

De son côté, Christopher Meyer, un ancien ambassadeur britannique à Washington, opte plutôt pour la piste du complot.

C'est clairement quelqu'un qui a délibérément saboté le poste de l'ambassadeur Kim Darroch pour le mettre dans une situation intenable et le faire remplacer par quelqu'un de plus arrangeant, a-t-il avancé.

L’avenir de Kim Darroch au poste d’ambassadeur à Washington sera donc une question importante pour le nouveau premier ministre britannique.

Toutefois, l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères William Hague croit cependant qu'il ne devrait pas être écarté.

On ne peut pas changer un ambassadeur à la demande d'un pays hôte. Et c'est leur travail de donner une évaluation honnête de ce qui se passe dans ce pays.

William Hague, ex-ministre britannique des Affaires étrangères

Il a notamment souligné qu'aucun diplomate américain n'avait été démis de ses fonctions après la publication massive de câbles secrets américains par WikiLeaks en 2010, qui comprenait des évaluations très critiques des dirigeants mondiaux.

Avec les informations de Reuters

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