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Ottawa se penchera sur le vol de données chez Desjardins

Une femme et un homme utilisent des guichets automatiques de Desjardins.

La fuite de données personnelles survenue chez Desjardins touche 2,9 millions de clients.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le président du Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, John MacKay, a affirmé mardi à CBC que le Comité se réunira d'urgence pour se pencher sur l'affaire du vol de données chez Desjardins.

Les membres du Comité permanent devront se réunir lundi prochain pendant quatre heures. Parmi les personnes qui ont été officiellement invitées à témoigner, on retrouve des représentants de Desjardins et du Centre canadien pour la cybersécurité, ainsi que l’ancien directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Dick Fadden, et le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos.

Cette décision de John MacKay survient après que le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, eut demandé au Comité de faire la lumière sur le vol de données confidentielles de plus de 2,9 millions de membres du Mouvement Desjardins à la mi-juin.

Selon le chef conservateur, le gouvernement doit offrir des solutions aux clients de Desjardins touchés afin de protéger leur identité et étudier si la délivrance d’un nouveau numéro d’assurance sociale pour y parvenir pourrait être nécessaire.

Interrogé par CBC, John Mackay affirme que les discussions du Comité permanent tourneront essentiellement autour de deux principaux aspects : Notre première préoccupation est [de savoir] comment cela a pu se produire dans un secteur réputé aussi solide et sécuritaire que le secteur financier.

Notre deuxième préoccupation concerne la possibilité de remplacer le numéro d’assurance sociale des personnes flouées. [...] Je ne peux tout simplement pas imaginer comment le gouvernement pourrait s'y prendre pour faire une telle chose. Dans la mesure où il aurait la volonté de le faire, a poursuivi John MacKay.

Le reportage de Véronique Prince

Le PQ interpelle l'Assemblée nationale

Plus tôt, à Québec, le Parti québécois (PQ) a aussi dit souhaiter que la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale se réunisse d'urgence pour se pencher sur les conséquences de ce vol de données personnelles à grande échelle.

Son chef intérimaire, Pascal Bérubé, a écrit mardi matin au président de la commission parlementaire, le caquiste Jean-François Simard, pour lui demander de convoquer cette rencontre.

L'idée de l'exercice est de faire en sorte que le Mouvement Desjardins, Equifax et l'Autorité des marchés financiers rendent des comptes devant les parlementaires quant aux actions posées suite à la fuite, indique la lettre.

Le sujet est tellement important pour les Québécois qu’il faut poser un geste, et ce geste, c’est de poser des questions à l’ensemble des acteurs de cette crise.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

La question de la protection des données personnelles des clients de Desjardins est le sujet qui préoccupe le plus les Québécois présentement, a expliqué M. Bérubé en entrevue à RDI.

Il nous apparaît que les parlementaires de l’Assemblée nationale ont une responsabilité de poser les questions importantes du public, non pas sur ce qui s’est passé – parce qu’il y a des enquêtes sur ce sujet –, mais sur ce qui se passe à partir de maintenant dans la gestion de la suite, a-t-il ajouté.

De son côté, le premier ministre a répondu qu'il était « top tôt » pour penser à réunir une commission parlementaire spéciale sur le sujet. « Actuellement, les dirigeants du Mouvement Desjardins font un travail qui est très demandant à court terme. [...] J'ai confiance en la direction de Desjardins », a dit François Legault mardi, en marge du Conseil de la fédération qui se tient à Saskatoon.

Il n'a par contre pas totalement fermé la porte : « Quand la crise sera un peu sous contrôle, on pourra se poser des questions à savoir si c'est nécessaire d'aller en commission parlementaire », a-t-il précisé.

Le PLQ juge « nécessaire » la tenue d'une commission

L’ancien ministre Carlos Leitao affirme pour sa part qu’il se rendrait disponible aux membres de la commission au besoin.

C’est utile et nécessaire de faire une telle commission à ce moment-ci parce qu’il est question de la confiance du public et de [la nécessité de] mieux informer la population.

Carlos Leitao, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de finances

Après s'être dit « satisfait du travail de Desjardins » lundi, le ministre des Finances du Québec Eric Girard s’est de nouveau exprimé mardi, affirmant que le gouvernement voit « d’un bon œil » la tenue d’une commission parlementaire. Il estime toutefois que la décision revient aux membres de la commission parlementaire concernée et non pas au cabinet.

Le gouvernement laissera le soin aux membres de la commission de faire leur travail et de décider s’ils se saisissent de ce mandat, mais il est d’avis qu’une éventuelle commission parlementaire ne devrait pas interférer avec le travail des policiers, qui mènent une enquête criminelle.

Eric Girard, ministre québécois des Finances

La Commission d'accès à l'information du Québec et le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada ont aussi annoncé lundi qu'ils enquêteront sur la fuite de renseignements personnels chez Desjardins.

Avec les informations de Louis Blouin

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