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Ottawa instaure de nouvelles mesures de protection des baleines

L'une des carcasses de baleines noires, rejointe par un navire de la Garde côtière canadienne.

Des mesures limitant le trafic maritime dans le golfe du Saint-Laurent entreront en vigueur mardi.

Photo : Pêches et Océans Canada

Jessica Savoie

Le trafic maritime sera encore réduit, dans le golfe du Saint-Laurent, afin de protéger les baleines noires de l’Atlantique, dont déjà six spécimens sont morts depuis juin.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et son collègue des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Jonathan Wilkinson, ont annoncé lundi une série de nouvelles mesures s'ajoutant à celles déjà en place.

Ottawa avait déjà instauré jusqu’au 15 novembre une limite de vitesse de 10 nœuds pour les navires de plus de 20 mètres dans une grande partie du golfe.

Cette fois, les autorités fédérales tenteront de protéger la baleine noire de l’Atlantique en augmentant le nombre de bateaux touchés par les limitations de vitesse, l’élargissement des secteurs où cette limitation est en vigueur, le renforcement de la surveillance des eaux et un nouveau financement pour les initiatives d’intervention auprès des mammifères marins.

Les mesures entrant en vigueur mardi :

  1. augmentation de la surveillance exercée par le Programme national de surveillance aérienne de Transports Canada et par Pêches et Océans Canada afin de tripler le nombre de survols;
  2. élargissement plus à l'est du secteur de limitation de vitesse actuel;
  3. élargissement du secteur tampon de limitation de vitesse;
  4. élargissement de l’application des limitations de vitesse obligatoires à tout navire de plus de 13 mètres;
  5. division du secteur de limitation de vitesse obligatoire en secteurs nord et sud afin qu’en cas de mauvais temps, pour des raisons de sécurité, la limitation de vitesse obligatoire ne soit temporairement levée que dans le secteur touché (et non dans tout le secteur assujetti à la limitation de vitesse);
  6. adaptation de l’autorisation de mettre en place la fermeture de la pêche de sorte que si une ou plusieurs baleines noires sont observées où que ce soit dans le golfe du Saint-Laurent: le secteur où une baleine a été observée sera fermé pendant 15 jours à la pêche aux engins fixes non surveillés;
  7. investissement de 1,2 million de dollars en 2019 dans le cadre d’un engagement de 4,5 millions de dollars sur quatre ans pour améliorer davantage le Programme d’intervention auprès des mammifères marins, qui vise à secourir les mammifères marins en détresse;
  8. nouveaux fonds pour faire progresser la protection de la baleine noire de l’Atlantique Nord;
  9. financement de deux autres projets dans le cadre du Programme d’intendance de l’habitat pour atténuer les risques et appuyer la conservation.
Portrait d'un homme. Il porte des lunettes et un costume. Des bateaux et des édifices sont en arrière-plan

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports

Photo : Radio-Canada / Jacqueline Landry

Pour ce qui est des voies de navigation qui sont déjà touchées par les limites de vitesse annoncées en juin, elles resteront limitées à 10 nœuds jusqu’au 15 juillet inclusivement. Les chercheurs pourront donc recueillir les données obtenues durant cette période de surveillance pour évaluer le succès des procédures déjà en place.

C’est la troisième année que le Canada impose des mesures pour protéger les baleines noires de l’Atlantique. En 2017, 12 d'entre elles ont perdu la vie dans le golfe du Saint-Laurent.

Aucune baleine n’a été trouvée morte en 2018, après que le gouvernement eut instauré plusieurs mesures de protection et limité les voies de navigations en mer. La pêche au crabe des neiges avait même été suspendue par endroits en vue de réduire les prises accidentelles de baleines.

Les résultats étaient si positifs que les autorités fédérales avaient décidé d'assouplir quelque peu les règles.

Selon Ottawa, un ensemble complexe de menaces – comme les collisions avec les navires, l'empêtrement dans des engins de pêche, la disponibilité des proies, le niveau accru du bruit et la pollution de l'eau – touchent de nombreuses populations de baleines, notamment la baleine noire de l'Atlantique Nord, l'épaulard résident du Sud et le béluga de l'estuaire du Saint-Laurent.

Le budget de 2018 du gouvernement du Canada a prévu 167,4 millions de dollars sur cinq ans pour aider à protéger et à rétablir les espèces de baleines en péril, notamment les trois mentionnées précédemment.

Nouveau-Brunswick

Protection des espèces