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Qui paiera pour remplacer les articles en plastique à usage unique?

Un amoncellement de bouteilles de plastique de plusieurs couleurs.

Des bouteilles de plastique dans un dépotoir

Photo : Reuters / Ognen Teofilovski

Frédéric Pepin

Les pailles, verres, ustensiles et sacs de plastique sont appelés à disparaître du paysage canadien. Mais ni le consommateur ni les entreprises ne veulent payer pour ce changement.

À Kingston, beaucoup de gens n'aiment pas les articles de plastique à usage unique. Les options de remplacement plus écologiques coûtent cependant plus cher.

Un homme debout au comptoir de son café, ses employés préparant des cafés derrière.

Vidyut Banerjee, propriétaire du Kingston Coffee House

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Au Kingston Coffee House, le propriétaire dit que pour remplacer les verres et les couvercles par des articles compostables, il devrait demander 0,20 $ de plus par café.

Je ne veux pas augmenter mes frais par crainte de perdre des clients, surtout dans un marché aussi concurrentiel que le nôtre.

Vidyut Banerjee, propriétaire, Kingston Coffee House

Début juin, le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie Sylvain Charlebois publiait une étude dans laquelle il démontre qu’un peu plus de 87 % des répondants se disaient conscients de l'impact sur l'environnement des emballages en plastique à usage unique.

Un nombre encore plus élevé de participants (environ 94 %) étaient même motivés à réduire leur consommation de plastique pour des raisons écologiques.

Cependant, 38 % seulement sont disposés à payer davantage pour des articles vendus dans des emballages biodégradables. Et environ 83 % ont déclaré qu'ils ne voudraient pas payer plus de 2,5 % de plus à la caisse pour ces emballages.

Le professeur est assis à un bureau; des plantes et des étagères de livres sont visibles derrière lui.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Remplacer le plastique dans les supermarchés peut représenter un autre problème, selon le professeur Charlebois : celui de la salubrité des aliments. Le plastique utilisé présentement est gage de salubrité tout en étant peu coûteux.

Il y a des règles de salubrité assez strictes au Canada, et il faut les suivre. Moi, j’ai beaucoup de difficulté à voir comment l’industrie peut utiliser moins de plastique pour garder nos produits plus salubres, et c’est ce que les Canadiens veulent! Des produits salubres qui ne représentent pas un danger pour leur santé.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie

Selon les analyses des experts de l’Université Dalhousie, les Canadiens préféreraient la solution compostable. L’emballage compostable coûterait entre 20 et 50 % plus cher.

Il se tient devant l'édifice où se trouve son café, un thé glacé à la main.

Vidyut Banerjee croit qu’une augmentation importante de la demande pourrait faire baisser les prix des emballages compostables.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le propriétaire de café Vidyut Banerjee pense que si toutes les grandes chaînes de restauration rapide exigent d’avoir accès à des articles biodégradables, il y aura des économies d’échelle.

Les manufacturiers diminueraient le prix de ces articles, et ils deviendraient aussi abordables que les contenants à usage unique que nous utilisons présentement, conclut M. Banerjee.

Les êtres humains produisent environ 300 millions de tonnes de déchets de plastique par an, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement.

Selon le site web de l'organisation, 79 % de ces déchets s'accumulent dans les dépotoirs ou dans l'environnement. Si la tendance se maintient, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons d'ici 30 ans.

Toronto

Pollution