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Jean-Michel Blais et l'art de penser la musique autrement

Jean-Michel Blais en prestation au studio 12.

Jean-Michel Blais en prestation dans les studios de radio d'ICI Première

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Patricia Tadros

Si Jean-Michel Blais avait une troisième main ou un troisième pied, il leur trouverait certainement quelque chose à faire pendant ses concerts.

Je me suis rendu compte à un moment donné : crime, ma jambe gauche fait pas grand-chose à part peser sur la pédale de temps en temps, ça fait que je lui ai mis un clavier, raconte le pianiste de Montréal qui sera en spectacle mardi soir, à l'Impérial Bell.

Sur scène, Jean-Michel Blais n’hésite pas à repousser les limites des sons qui sortent de son piano. J’ai un ordi caché. Ce qui m’amène à bouger beaucoup... assis, debout. J’ai un logiciel qui permet d’étirer les sons. C’est une façon de reconsidérer l’instrument et de l’actualiser.

Il admet que c'est périlleux comme performance. C’est un peu comme si j’avais un DJ à côté de moi, pis je contrôle tout, explique-t-il. C’est un peu limite. Après ça je manque de bras et de mains.

Une petite touche de Robert Lepage

Le pianiste qui connaît un succès phénoménal avec son album Dans ma main présentera pour une rare fois son spectacle dans le cadre d’un festival. C’est intéressant d’intégrer un concert de piano dans un festival qui bouge beaucoup. Ça devient un refuge en quelque sorte. Je me demande comment vont être les gens.

Ce que l’on sait, c’est que les concerts de Jean-Michel Blais diffèrent les uns des autres. J’aime l’idée que chaque concert ait sa touche personnelle. J’essaie que chaque concert soit unique. C’est toujours un work in progress [un travail en développement], souligne-t-il.

Je m’inspire beaucoup de Robert Lepage là-dessus, sur cette idée que l’œuvre est continuellement en changement et est créée entre autres par la réception du public

Jean-Michel Blais

Pour le pianiste, la répétition, ce n’est pas pour lui. Ce n’est pas vrai que je vais répéter le même truc à vie, [jouer] du piano solo tout le temps.

Le public, le piano, la salle sont tous des éléments qui contribuent au concert. Des fois c’est effervescent, il y a un gros beat électro et après, breakdown, puis je gosse sur une note ou deux, dit-il. C’est là qu’on se rend compte du collectif, du pouvoir du silence, d’une note.

Une récompense à Cannes

Au Festival de Cannes, l'organisme Cannes Soundtrack a remis un prix d'honneur au pianiste et compositeur pour la musique originale du film de Xavier Dolan, Matthias et Maxime. Je suis reparti avec plein de cartes [d’affaires]. Je vais pas tout arrêter pour me pitcher dans le cinéma demain mais oui, si quelque chose d’intéressant se présente, je m’y lancerai, d'affirmer Jean-Michel Blais.

Est-ce qu’on pourra entendre cette musique dans le cadre de son concert au Festival d'été de Québec? C’est délicat parce que le film n’est pas encore sorti, mais je vais voir si je peux en placer une ou deux, répond-il.

Comment voir Jean-Michel Blais?

À l'Impérial Bell, le mardi 9 juillet dès 21 h

Québec

Musique