•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Excédés par des démolitions, des résidents de Toronto réclament 3 millions de dollars

Un couple torontois assis sur les marches devant sa maison.

Renee Soeterik et Boris Milinkovich forment un des deux groupes de plaignants et réclament 1,5 million de dollars pour les dommages causés à leur maison.

Photo : CBC/Lauren Pelley

Radio-Canada

Dans leurs requêtes, les deux groupes de voisins soutiennent que les vibrations « excessives » causées par des travaux de démolition dans leur quartier ont provoqué des dommages à leurs maisons.

Des vibrations fortes qui secouent la vaisselle et font tomber les miroirs des murs, ou encore des bruits incessants rendant impossible la lecture d'un livre ou une conversation téléphonique... Voici des exemples figurant dans les plaintes de Renee Soeterik.

La maison de cette Torontoise est située rue Rusholme, en face d’un chantier de construction. Selon Mme Soeterik, celui-ci est régulièrement le théâtre de travaux de démolition depuis l'automne 2018.

J'ai l'impression d'être assiégée.

Renee Soeterik

La mère de quatre enfants fait partie des deux groupes de voisins ayant engagé des poursuites conjointes contre la Ville et contre de nombreuses entreprises liées au chantier de construction, alléguant que des « vibrations excessives » ont causé des dommages à leurs maisons respectives.

Ils réclament trois millions de dollars.

Dommages et intérêts

Le couple allègue que la démolition s'est poursuivie pendant des mois et a causé des dommages importants à l'intérieur et à l'extérieur de sa maison.

Dans une interview donnée en juillet dernier, Mme Soeterik a déclaré qu'à cause des vibrations des travaux, le porche de sa maison s'est détaché, sa cheminée s'est partiellement effondrée, et divers objets fragiles, dont des miroirs, des tableaux et des lunettes, ont été brisés.

Un chantier de construction dans l'ouest de Toronto.

Ce chantier de construction situé au 989, rue Collège, a suscité la controverse auprès de nombreux voisins du chemin Rusholme, qui allèguent que les vibrations causées par les travaux de démolition ont endommagé leurs maisons.

Photo : CBC/Keith Whelan

C'est comme une zone de guerre, confiait-elle alors.

La demande de Mme Soeterik vise à obtenir 1,5 million de dollars en dommages-intérêts, à la fois pour les dédommager, elle et son mari, des coûts de réparation de leur maison, mais aussi pour punir les défendeurs pour leur conduite présumée.

Les frères et sœurs Eugene Pilkiw et Marta Hajek ont également fait cette démarche et demandent la même somme pour des allégations semblables.

Les vibrations pendant la démolition étaient très fortes... Je ne pense pas qu'un tremblement de terre dans ma maison soit quelque chose d'acceptable.

Eugene Pilkew

Aucune des allégations contenues dans les requêtes n'a été prouvée en cour.

La compagnie A+ Aero Technology Services, qui est propriétaire du site et visée par la plainte, n’a pas répondu aux multiples demandes d’entrevue de CBC.

Des vibrations dans les normes municipales

L'équipe des communications de la Ville de Toronto a déclaré que, comme il s'agit d'une poursuite devant les tribunaux, les représentants de la Ville ne feront pas de commentaires.

Cependant, la conseillère municipale de l'arrondissement, Ana Bailao, a défendu la réponse de son bureau aux plaintes des résidents.

Nous travaillons dans le cadre des lois qui nous sont données.

Ana Bailao, conseillère municipale pour l'arrondissement Davenport

M. Bailao a également souligné que les représentants de la Ville étaient allés sur place pour inspecter le chantier. Ils reçoivent aussi des rapports hebdomadaires de surveillance des vibrations qui indiquent que les niveaux se situent à l’intérieur des normes prescrites par la Ville. Il n'est pas rare non plus que la construction cause des problèmes aux bâtiments voisins, a-t-elle fait remarquer.

Des solutions pour atténuer l’impact

L'expert en génie civil et PDG de la société torontoise Rocscience, John Curran, a déclaré que les recherches montrent qu'il est tout à fait possible que des maisons situées à quelques mètres de distance subissent de graves dommages causés par la démolition et la construction à proximité.

L’état du sol est un des facteurs qui déterminent l’impact des travaux sur des propriétés avoisinantes, ajoute M. Curran.

Selon l'expert, il existe des techniques moins dommageables, mais elles coûtent plus cher.

Mme Soeterik a dit qu'elle n'était pas contre la construction d'un nouveau bâtiment. Elle cite même en exemple un autre projet de construction d’immeuble à proximité, qui n'a pas causé les mêmes vibrations et problèmes.

Avec les informations de Lauren Pelley

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Toronto

Procès et poursuites