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Les dangers de l'eau : 28 noyades au Québec depuis le début de l’année

Trois personnes se baignent dans l'eau d'une rivière.

La grande majorité des personnes qui se sont noyées au Québec ont péri dans un plan d'eau naturel.

Photo : Radio-Canada / Conrad Fournier

Radio-Canada

La saison estivale vient à peine de commencer et déjà le bilan des noyades au Québec s’avère inquiétant : 28 personnes se sont noyées, dont un enfant de 4 ans, dimanche, à Laval. Par ailleurs, un homme qui a sombré samedi dans la rivière Batiscan, en Mauricie, est toujours recherché et un autre manque à l'appel lundi midi sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Sainte-Catherine.

Ce triste bilan interpelle la Société de sauvetage, qui invite la population à redoubler de prudence aux abords des piscines, mais surtout des plans d’eau naturels, qui enregistrent près des trois quarts des noyades et qui sont tout particulièrement dangereux cette année.

Selon le directeur général de la division Québec de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins, il s’agit notamment de se concentrer sur une prévention accrue des dangers lors d’éventuelles baignades en rivière. En effet, 4 noyades sur 10 ont lieu dans les rivières, selon l'organisme.

La neige, les pluies et les averses que nous avons eues cette année font en sorte que le débit des cours d’eau est plus élevé. Cela veut dire aussi qu’il y a déplacement d'embâcles ou la création de nouveaux vortex, qui font des aspirations vers le fond.

Raynald Hawkins, directeur de la Société de sauvetage du Québec

Depuis le début de l'année, au Québec, les piscines résidentielles ont fait trois victimes, alors que les plans d'eau naturels en ont fait 26, dont un homme qui est toujours recherché depuis samedi :

  • 9 noyades dans des rivières et des ruisseaux;
  • 9 noyades dans des lacs;
  • 6 noyades dans le fleuve
  • 1 noyade dans un canal
  • 1 noyade dans un ravin

Il s'agit d'une hausse significative du nombre de noyades par rapport à la même période l'an dernier, où 22 personnes s'étaient noyées.

Des rivières « continuellement changeantes »

Le directeur de la Société de sauvetage Québec insiste sur le fait que ces rivières sont « continuellement changeantes » et que « les gens surestiment leur capacité de nager », surtout lorsque les courants sont très forts, comme présentement.

On prend pour acquis que l’on peut se baigner dans une rivière parce qu’on s’y baignait l’année dernière. Mais ce n’est pas nécessairement le cas cette année, car les courants sont nettement plus forts, rappelle-t-il. 

Plusieurs signes peuvent démontrer qu'une rivière n'est pas propice à la baignade. Avant de se baigner, il s’agit donc de s’informer sur la profondeur de l’eau et sur la possibilité de baignade. En décidant de se baigner, les autorités recommandent également de surveiller continuellement la profondeur de l’eau, car celle-ci peut varier rapidement, même près de la rive, comme l'indique le document gouvernemental sur les règles de sécurité à adopter pour éviter la noyade.

Respect de l’affichage et port d’une veste de flottaison

Raynald Hawkins demande également à la population de prendre « très au sérieux » les panneaux de baignade interdite.

Le directeur précise d’ailleurs que la Société de sauvetage travaille sur la meilleure façon de rejoindre toutes les clientèles, dont les jeunes adultes, afin de « leur faire comprendre que s’il y a un message affiché, il faut définitivement s’en préoccuper ».

Ainsi, si une zone n’a pas été aménagée pour la baignade et qu’il n’y a pas de présence de sauveteurs, il ne faudrait envisager d’aller à l’eau que pour des sports nautiques et porter une veste de sauvetage.

On a observé une augmentation des décès liés aux sports nautiques et, neuf fois sur dix, les personnes ne portaient pas de veste de flottaison ou ne la portait pas correctement, illustre-t-il. Lorsqu’il y a chute ou chavirement de l’embarcation, il est trop tard si la veste est restée à bord.

La Société de sauvetage du Québec réfléchit d’ailleurs à rendre la veste de flottaison obligatoire pour certains types d'embarcations.

Surveillance des enfants en tout temps

Bien que les cas de noyade en piscine sont moins nombreux – une noyade sur 10 – qu’en milieux naturels, il s’agit ne pas baisser la garde, spécialement pour les familles ayant de jeunes enfants.

À cet effet, la Société de sauvetage propose d’avoir recours à des adultes « sauveteurs désignés » lors des rassemblements de famille ou d’amis afin d’avoir une personne responsable en tout temps de la surveillance de la piscine.

Limitez et contrôlez l'accessibilité à la piscine résidentielle, lance Raynald Hawkins. Il faut aussi éduquer nos enfants à ne jamais aller près d’un plan d’eau sans un parent. Il est important de prendre ce temps-là pour éduquer les enfants. 

La vigilance doit être de mise, car la troisième semaine de juillet est statistiquement la plus meurtrière de l'été en ce qui concerne les noyades.

Des enfants se baignent dans une piscine.

La Société de sauvetage du Québec recommande de désigner un adulte responsable de surveiller la piscine en tout temps.

Photo : Radio-Canada / Conrad Fournier

Si des personnes de tous âges peuvent se noyer, la noyade demeure la première cause de mortalité chez les enfants de 1 à 4 ans, qui se noient en tombant accidentellement dans l'eau.

Au Québec, chaque année entre 2007 et 2013, en moyenne 73 personnes se sont noyées, selon l'Institut national de santé publique du Québec.

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