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L'ex-chef de guerre congolais Ntaganda reconnu coupable de crimes de guerre

Un officier congolais se tient aux côtés d'un combattant.

L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, photographié ici en 2009, a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

Photo : AFP / LIONEL HEALING

Agence France-Presse

La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable lundi l'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour des massacres de civils et des viols de jeunes filles enrôlées comme enfants soldats en République démocratique du Congo (RDC).

Surnommé Terminator, Ntaganda, aujourd'hui âgé de 45 ans, a joué un rôle déterminant dans les atrocités commises en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est du pays, région instable et riche en minéraux, ont estimé les juges de la Cour.

Viols et esclavage sexuel de mineurs, enrôlement d'enfants soldats âgés de moins de 15 ans, meurtre d'un prêtre : l'effroi se dessinait sur les visages des personnes présentes dans la salle d'audience du tribunal au fil de l'énumération de la longue liste de violences commises par le Congolais.

Ntaganda a donné des ordres directs pour tuer des civils. Il remplissait une fonction militaire très importante et avait un rôle déterminant pour mettre sur pied un groupe armé puissant à même de chasser la population locale, a déclaré le juge Robert Fremr.

Les juges de la CPI, dont le siège est à La Haye, ont déclaré le Congolais coupable de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des crimes sexuels, des massacres, des persécutions et le transfert forcé de la population civile.

Ntaganda, qui est apparu devant les juges le visage fermé, entendra sa peine lors d'une prochaine audience.

L'ex-chef de guerre, qui risque la prison à perpétuité, peut encore faire appel du jugement.

Des milliers de morts

Féru de chapeaux de cowboy et amateur de bonne cuisine, il a toujours assuré être un révolutionnaire et non un criminel, rejetant son surnom de Terminator.

Les juges l'ont pourtant reconnu coupable d'avoir exécuté un prêtre de ses propres mains.

Selon des ONG, plus de 60 000 personnes ont perdu la vie depuis l'éclatement en 1999 de violences sanglantes en Ituri.

Ntaganda a joué un rôle central dans la planification des opérations de l'Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC).

Au cours d'une attaque menée sous son commandement, ses soldats ont tué à coups de bâtons, de couteaux et de machettes au moins 49 personnes dans une bananeraie près d'un village.

Des hommes, des femmes et des enfants, dont des bébés, ont été retrouvés dans la plantation. Certains des cadavres étaient nus, certains avaient les mains liées, d'autres avaient le crâne écrasé, a déclaré le juge Fremr.

Des corps de femmes enceintes éventrées jonchaient les lieux.

Victoire pour les survivants

Bosco Ntaganda à son procès.

Le seigneur de guerre congolais, d'origine rwandaise, Bosco Ntaganda

Photo : AFP / PETER DEJONG

La condamnation de Ntaganda est une grande victoire pour les survivants, a déclaré dans un communiqué le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth.

La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'est réjouie de ce jour de joie pour les victimes de l'Ituri.

Né au Rwanda, où il a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR), Bosco Ntaganda, issu d'une famille tutsie, avait la réputation d'être un leader charismatique.

Général de l'armée congolaise de 2007 à 2012, il est ensuite devenu l'un des membres fondateurs du groupe rebelle M23, qui a finalement été vaincu par les forces du gouvernement congolais en 2013.

À la suite de dissensions accompagnées de combats au sein du mouvement, Ntaganda a été contraint de fuir au Rwanda et de se réfugier à l'ambassade des États-Unis à Kigali, d'où il a demandé son transfert à la CPI, une initiative inédite dans l'histoire de la juridiction.

Il est l'un des cinq chefs de guerre congolais à avoir été traduit devant la Cour, fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde.

En mars 2012, la CPI a condamné à 14 ans de prison Thomas Lubanga, ancien chef de Ntaganda dans les FPLC.

La condamnation de Ntaganda est unique dans l'histoire de la CPI : les charges dont il a été déclaré coupable comprennent des crimes commis par ses subordonnés dont il était responsable en tant que commandant militaire.

En outre, il s'agit de la première affaire jugée sur la situation en RDC à inclure des accusations de crimes sexuels et basés sur le genre.

Procès et poursuites

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