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Lancement « historique » de la zone de libre-échange africaine

Muhammadu Buhari assis, une plume à la main, entouré de dizaines de représentants africains.

Le président nigérian Muhammadu Buhari signe l'entente sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) pendant le sommet de l'Union africaine à Niamey le 7 juillet 2019.

Photo : Reuters / Offert par une tierce personne

Agence France-Presse

Les pays de l'Union africaine (UA) doivent lancer symboliquement dimanche à Niamey la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), qui doit constituer un pas vers la « paix et la prospérité en Afrique ».

C'est le plus grand événement historique pour le continent africain depuis la création de l'OUA (Organisation de l'unité africaine) en 1963, estime l'hôte nigérien, le président Mahamadou Issoufou, un des plus ardents promoteurs de la Zone.

Quelque 4500 délégués et invités, dont 32 chefs d'État et plus de cent ministres, sont présents pour l’événement dans la capitale nigérienne, qui a fait peau neuve avec un aéroport flambant neuf, des routes élargies et de nouveaux hôtels et bâtiments.

Un vieux rêve se réalise. Les pères fondateurs doivent en être fiers, a lancé le président de la commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, en soulignant que la Zlec devenait « le plus grand espace commercial au monde ».

Un consensus presque unanime, mais pas total

Le géant nigérian, réticent jusque-là, et son voisin le Bénin ont signé l'accord dimanche en ouverture du sommet, sous les applaudissements de leurs homologues. Cinquante-quatre des 55 pays africains vont constituer ce nouveau marché. Seule l’Érythrée n'a pas signé l'accord.

De plus, 27 pays ont déjà ratifié l'accord, a précisé Moussa Faki.

Le chemin est encore long, a commenté le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. D'âpres négociations se poursuivent en coulisses sur la mise en oeuvre progressive de la Zlec, qui doit réunir 1,2 milliard de personnes.

Les discussions achoppent notamment sur le calendrier des réductions des taxes douanières et « la vitesse à laquelle on les fait baisser », mais aussi sur les biens importés de l'étranger par des pays ayant des accords avec l'extérieur ou encore ne les transformant que de manière minime, a confié une source diplomatique.

Le marché devait être actif à partir de 2020. Il faut donner un calendrier pour que tout le monde puisse jouer son rôle dans la préparation du marché (unique), alors nous avons recommandé au sommet que la date soit le 1er juillet 2020, a expliqué le commissaire au Commerce et à l'Industrie de l'UA, Albert Muchanga.

Des hommes faisant leurs courses dans un marché libyen.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les commerçants, comme ceux de ce marché libyen, bénéficieront du démantèlement des taxes douanières.

Photo : Reuters / Esam Al-Fetori

Le démantèlement des taxes douanières commencera en 2020. Aucun pays ne va tout libéraliser d'un coup, souligne-t-il, précisant que le processus devrait s'étendre sur plusieurs années.

La sécurité alimentaire doit être garantie, il faut des garde-fous, précise-t-il à propos de son pays.

La Zlec doit favoriser le commerce au sein du continent et attirer des investisseurs. L'UA estime que sa mise en œuvre permettra d'augmenter de près de 60 % d'ici à 2022 le commerce intra-africain, alors que les détracteurs du projet évoquent le manque de complémentarité des économies africaines et craignent que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels.

Des enjeux au-delà du commerce

Hormis la Zlec, d'autres dossiers sont au programme des présidents et des diplomates qui devront travailler sur l'insécurité et la réponse aux attaques djihadistes.

Les pays de la force G5-Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad), qui peinent à lutter contre les djihadistes en raison notamment du manque de ressources, chercheront l'appui des autres États africains dans leur quête d'un plus grand soutien de l'ONU, avec l'espoir d'un recours au chapitre VII.

Des munitions, des mitrailleuses et des lance-roquettes sur une bâche. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des munitions, des mitrailleuses et des lance-roquettes saisis par les forces nigériennes luttant contre le groupe djihadiste Boko Haram.

Photo : AFP/Getty Images / AUDU MARTE

Le chapitre VII de la Charte des Nations unies permet, en cas de menace contre la paix ou d'agression, un recours à des sanctions, voire à la force. Son activation faciliterait le financement de la force G5-Sahel (qui compte 5000 hommes) et pourrait la transformer en force onusienne, estiment les parties impliquées.

On ne va pas se lasser de demander la mise sous chapitre VII, a affirmé le président Issoufou, qui a aussi appelé à la mise en place d'une coalition internationale de lutte contre le terrorisme au Sahel et au lac Tchad, à l'image de la coalition qui a été mise en place pour lutter contre Daech [groupe État islamique, NDLR] au Moyen-Orient.

Pour ce sommet, Niamey a été placée sous haute surveillance. Nous avons un dispositif spécial de plusieurs milliers d'hommes, a expliqué Mohamed Bazoum, le ministre de l'Intérieur d'un pays qui fait face à des attaques récurrentes de groupes djihadistes dans l'Ouest et au groupe islamiste Boko Haram dans le Sud-Est.

Tous les lieux du sommet font l'objet de contrôles stricts. Soldats, policiers et blindés sont déployés aux points stratégiques de la capitale.

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