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Téhéran multiplie les menaces après la saisie d’un pétrolier

Le pétrolier iranien Grace 1 avec un navire de la marine britannique derrière lui.

Le Grace 1 transportait 2 millions de barils de pétrole brut.

Photo : AFP/Getty Images / JORGE GUERRERO

Radio-Canada

Des voix s'élèvent, dans les milieux politique et religieux iraniens, pour préconiser des représailles contre la Grande-Bretagne. C'est la saisie d'un pétrolier iranien au large de Gibraltar à la demande des États-Unis, jeudi, qui suscite leur colère.

Je dis sans ambiguïté que la Grande-Bretagne devrait craindre les mesures de rétorsion iraniennes après la saisie illégale du navire, a déclaré à l'agence Fars Mohammad Ali Mousavi Jazayeri, un membre de l'Assemblée des experts, puissante instance religieuse iranienne.

L’ecclésiastique a indiqué que cette réplique pourrait être violente. Selon lui, l’Iran réagira de la même manière que nous avons réagi face au drone américain, en référence à un appareil abattu par l’armée iranienne le mois dernier.

Le pétrolier Grace 1 a été saisi jeudi par les Royal Marines, sous le soupçon d’acheminer du pétrole en Syrie, ce qui contrevient aux sanctions imposées par l'Union européenne depuis 2011, au début de la guerre civile dans ce pays.

Vendredi, un dirigeant ultraconservateur proposait d'intercepter un pétrolier britannique en guise de représailles.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Djavad Zarif, ainsi que certains députés, n’hésitent pas à parler d’un « vol ». Son ministère qualifie la saisie d’acte de piraterie au profit des États-Unis.

L'Iran pourrait enrichir son uranium de 5 %

Selon un conseiller du guide suprême iranien, le pays est prêt à enrichir son uranium bien au-delà de la limite autorisée par l’accord conclu en 2015, puis renié par Donald Trump. Une décision qui risque fort d’accroître encore les tensions dans la région.

Le président Hassan Rohani avait exprimé le 3 juillet sa volonté de dépasser cette limite à partir du 7 juillet, sans s’avancer davantage.

Téhéran assure que son uranium enrichi sera utilisé à des fins purement pacifiques. L’uranium enrichi à 5 % est destiné à la centrale de Bouchehr, la seule du pays. Cette centrale, qui est sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), utilise présentement du carburant importé de Russie.

L’Iran a pris cette décision après avoir échoué dans sa tentative d’obtenir l’aide des puissances européennes pour contourner les sanctions mises en place par les États-Unis, qui ont récemment choisi d’en imposer de nouvelles, plus sévères.

Les États-Unis ont directement violé l'accord [de 2015], et les Européens, indirectement, a affirmé Ali Akbar Velayati, un conseiller de l'ayatollah Khamenei. Nous réagirons de façon proportionnelle à leurs violations.

L'Iran a aussi exprimé son intention de reprendre un projet de réacteur à eau lourde mis en sommeil depuis quatre ans. Ces réacteurs emploient habituellement de l’uranium naturel non enrichi.

Une réunion extraordinaire de l’AIEA serait prévue le 10 juillet à la demande des États-Unis pour faire le point sur les dérogations à l'accord annoncées par Téhéran.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Agence Fars

International