•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les députés albertains mettent fin à leur session législative printanière

Assemblée législative de l'Alberta

La session législative printanière a pris fin le 5 juillet, après deux nuits de débats.

Photo : Radio-Canada

Mirna Djukic

Le projet de loi 8 sur l’éducation et le projet de loi 13 sur les élections sénatoriales ont finalement été adoptés vendredi, après une séance marathon de plus de 40 heures. C’est sur cette note que s’est achevé la première session législative depuis l’élection de Jason Kenney.

La séance qui a commencé mercredi soir à 19 h 30 s'est étirée sans interruption jusqu'à vendredi matin, l'opposition néo-démocrate ayant décidé de garder la parole pour protester contre l’affaiblissement des protections pour les alliances gai-hétéro dans les écoles.

Les conservateurs tournent le dos à la communauté LGBTQ.

Jon Carson, député néo-démocrate d'Edmonton-West Henday

Tous les amendements que les néo-démocrates voulaient apporter au projet de loi 8 ont été jugés inutiles et rejetés en bloc par les conservateurs. Le gouvernement maintient que la loi albertaine demeure la plus protectrice du pays pour les alliances gai-hétéro.

Le projet de loi 8 a donc été adopté contre le gré de l’opposition officielle. Le projet de loi 13, qui vise à permettre aux Albertains de voter pour les candidats qu’ils veulent proposer comme sénateurs, a suivi.

Ainsi a pris fin la session législative au cours de laquelle un total de 13 projets de loi ont été adoptés, souvent dans la controverse.

Une session productive, mais houleuse

Le leader parlementaire conservateur, Jason Nixon, a félicité son parti d’avoir introduit autant de mesures législatives au cours de cette première session « historique ».

« Tout compte fait, nous sommes bien contents de ce qui a été fait et nous avons hâte de continuer à travailler avec les Albertains au cours de l’été », a-t-il dit.

Il est particulièrement fier des mesures d’allègement fiscal que le gouvernement a introduites et plus spécifiquement l’annulation de la taxe sur le carbone.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) dresse un bilan beaucoup plus sombre des deux derniers mois.

« Cette session se termine avec des emplois perdus, des salaires diminués, moins d’enseignants, et une attaque frontale de ce gouvernement contre les droits des jeunes LGBT », a résumé le député néo-démocrate Deron Bilous.

La session a toutefois été marquée par des débats exceptionnellement longs.

Le NPD est monté aux barricades contre le projet de loi 2 et le projet de loi 9, tous deux liés aux droits des travailleurs, ainsi que le projet de loi 8 qui touche les alliances gai-hétéro.

Ce dernier a donné lieu à une séance de presque 45 heures cette semaine, soit la plus longue de l’histoire de la législature albertaine.

Le projet de loi 2, qui modifie le salaire minimum pour les étudiants de moins de 18 ans et allège les obligations des employeurs sur le paiement des congés fériés, a également été débattu pendant une nuit entière au début du mois de juin.

Limiter les débats

Le gouvernement a décidé d’introduire une motion pour limiter les débats sur le projet de loi 9, qui lui permet de retarder les négociations salariales avec les employés du secteur public.

Les syndicats ont toutefois promis de continuer à s’y opposer, ce qui risque de teinter leurs relations avec les conservateurs pour les sessions à venir.

Le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily estime que les techniques d’obstruction parlementaire employées par les néo-démocrates sont justifiées.

Il prévient toutefois que le parti devra faire attention de ne pas en abuser.

Ça peut paraître non pas comme de l'opposition mais de l'obstination, et à ce moment-là, ça devient dommageable pour le parti d'opposition lui-même.

Frédéric Boily, politologue

L’Assemblée législative reprendra ses travaux à l’automne.

Avec les informations de Laurent Pirot

Alberta

Politique provinciale