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Intervenants accusés de maltraitance à Laval : le manque de ressources dénoncé

La résidence Louise-Vachon à Laval

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les accusations d'agression armée et de voies de fait portées contre trois employés de la résidence Louise-Vachon, à Laval, ont mis en lumière le manque de ressources dans ces centres pour personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle grave.

Des rapports d’intervention auprès de patients en crise dans l’établissement lavallois, consultés par Radio-Canada, démontrent qu’il y a un manque criant de personnel.

Seulement deux agents d’intervention sont en poste par quart de travail à la résidence Louise-Vachon, où vivent 55 patients, dont 12 cas lourds. Lorsque plus d’un cas de crise survient en même temps – une situation récurrente, selon les documents consultés –, les agents doivent se séparer pour s’occuper des patients concernés, mettant ainsi leur sécurité et celle des autres employés en danger.

Morsures, coups, insultes, menaces de mort… Plusieurs cas de violence à l’endroit des agents d’intervention et du personnel ont été signalés durant le mois de juin, au cours duquel au moins cinq employés ont été physiquement agressés par des patients en crise.

Le même constat revient dans tous les rapports rédigés par des agents d’intervention de la résidence Louise-Vachon : « Cette situation aurait été évitée si nous étions trois agents d’intervention. L’ajout d’un troisième agent d’intervention […] permettra l’amélioration de la sécurité, contribuera à limiter les risques de blessures des usagers et du personnel lors des interventions verbales et physiques. »

Nos techniques sont faites pour être exécutées à trois agents. […] Ce serait extrêmement dommage d’attendre que les agents de Louise-Vachon se blessent gravement ou quittent leur emploi avant d’ajouter un troisième agent.

Extrait d’un rapport d’intervention auprès de patients en crise datant du 6 juin

Michel Longpré, représentant du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN et lui-même agent d’intervention en centre de jeunesse à Laval depuis 30 ans, souligne l’importance d’avoir au moins trois agents en poste afin de « diminuer les risques de blessures tant chez le personnel que chez les patients ».

De son côté, Jo-Ann Lauzon, directrice générale de la Fédération québécoise de l'autisme, déplore le manque de formation du personnel et les lieux inadaptés aux besoins des patients.

Une femme aux cheveux châtains et aux yeux verts répond aux questions des journalistes devant une affiche publicitaire de la Fédération québécoise de l'autisme.

Jo-Ann Lauzon, directrice générale de la Fédération québécoise de l'autisme.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, les ressources ne sont pas adaptées aux besoins des personnes autistes, en raison notamment du manque d’espace et de travailleurs.

Il manque beaucoup de place, ce qui fait qu'on va mettre plusieurs [patients] ensemble, qui ont des besoins tout à fait différents; donc, ça ne fonctionne pas, c'est sûr. J'imagine aussi que l'intervenant sur place doit faire affaire à des problématiques différentes.

Jo-Ann Lauzon, directrice générale de la Fédération québécoise de l'autisme

Du côté du gouvernement, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, admet qu'il faut revoir la gestion des troubles graves du comportement au Québec, notamment sur le plan de la formation du personnel.

« Pour les jeunes adultes à besoins spéciaux, il y [en] a plus de 2500 qui sont en attente d'hébergement. Il faut que le parc d’hébergement soit adapté au besoin individuel de chacun », a-t-il dit en entrevue.

Le ministre affirme qu’il souhaite augmenter le nombre d'employés formés et travailler sur la gestion des troubles de comportement dès le plus jeune âge « pour que les troubles de comportement ne deviennent pas aussi sévères et difficiles à gérer ».

Avec les informations de Karine Bastien et Marc Verreault

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