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Scott Moe reçoit ses homologues à Saskatoon pour le Conseil de la fédération

Scott Moe, le premier ministre de la Saskatchewan, parle devant un microphone.

Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

Photo : Radio-Canada / Bryan Eneas

Marie-Christine Bouillon

Les premiers ministres des provinces et territoires sont à Saskatoon cette semaine pour participer à la rencontre estivale du Conseil de la fédération. En cette année où les critiques de la part des gouvernements provinciaux conservateurs fusent de toutes parts, certains politologues estiment que l’union des provinces face à Ottawa pourrait être plus fragile qu’à l’habitude.

Le Conseil de la fédération est une organisation permanente et distincte qui existe depuis 2003, même si la tradition des rencontres entre les premiers ministres était déjà en place depuis les débuts de la confédération.

Lors de sa création, une idée du premier ministre du Québec de l’époque, le libéral Jean Charest, le but était surtout de renforcer les liens entre les provinces pour faire front commun face au gouvernement fédéral.

Selon le professeur émérite d’histoire à l’Université de Regina Stephen Kenny, force est de constater que très peu de dossiers ont atteint cet objectif.

« Le conseil a réussi à avoir un partage plus équitable de l’assurance médicale. À part ça, je ne vois pas. Quand il s’agit d’efficacité, il n’y a pas un élément qui me frappe comme étant une grande réussite. Je vois plutôt le conseil comme un forum pour se plaindre du gouvernement fédéral », affirme-t-il.

Il ajoute cependant que cette année pourrait être différente. La « gentille réunion » pourrait devenir plus féroce.

« Au centre des discussions : la question des ressources naturelles et l’empiétement du gouvernement fédéral avec sa fameuse tarification du carbone et ses projets de loi 69 et 48 qui ont un impact très important pour les provinces de l’Ouest canadien », dit Stephen Kenny.

Scott Moe et Jason Kenney assis l'un à côté de l'autre.

La relation amicale entre les premiers ministres de la Saskatchewan, Scott Moe, et de l'Alberta, Jason Kenney, est bien connue, notamment lorsqu'il est question de soutenir l'industrie pétrolière, comme le montre cette photo prise à la foire commerciale de l'industrie pétrolière Oil and Gas Show, dans le sud-est de la Saskatchewan, au début du mois de juin.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Ces sujets épineux pourraient être évoqués lors des rencontres, mais il est peu probable qu’ils fassent l’objet de déclarations publiques, estime pour sa part le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’Université McGill, Daniel Béland.

« Je pense qu’on va essayer quand même de montrer qu’on est en famille et qu’on est capable de s’entendre et de travailler avec les autres provinces », dit-il.

Même son de cloche de la part de son confrère professeur de sciences politiques à l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily.

Selon ce dernier, il n’est pas impossible que les premiers ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan tentent de convaincre leurs homologues de la Colombie-Britannique et du Québec qu’il est important de construire de nouveaux pipelines, mais « ce n’est pas dans leur intérêt de le faire ».

« Les premiers ministres ont aussi avantage à essayer de rester unis jusqu’à un certain point. Déjà les dissensions sont connues, par exemple à propos de la taxe carbone et des pipelines. Si les premiers ministres veulent avoir une certaine voix auprès du gouvernement fédéral, ils doivent essayer de mettre de côté le plus possible leurs différends », souligne M. Boily.

Il juge qu'il pourrait être bénéfique pour certains premiers ministres de ne pas s'entendre sur certains sujets.

« Ça pourrait être une sorte de stratégie de la part des provinces de l’Ouest. Essayer de montrer qu’il y a un bloc conservateur qui ne marche pas au même pas que les provinces centrales ou de l’est », explique-t-il.

Justin Trudeau pourrait « tendre l'oreille »

À quelques mois des élections fédérales d’octobre 2019 et avec de nouvelles voix autour de la table, dont celles de François Legault et de Jason Kenney, Daniel Béland croit qu’il sera intéressant pour le premier ministre du Canada et son équipe de surveiller les différentes dynamiques en puissance.

« J’ai l’impression qu’il va aussi essayer de tendre l’oreille pour trouver peut-être des failles, des déclarations un peu controversées de la part de certains premiers ministres provinciaux conservateurs, que les libéraux pourraient utiliser plus tard. Donc, je pense que tout le monde doit un peu surveiller ce qu’il va dire pour s’assurer de ne pas donner de munitions au camp opposé », affirme-t-il.

La rencontre d’été du Conseil de la fédération s’amorce mardi dans la Première Nation de Big River, située une centaine de kilomètres au nord-ouest de Prince Albert, en Saskatchewan.

Les 13 premiers ministres doivent d’abord s’entretenir avec des groupes autochtones avant de lancer les rencontres interprovinciales officielles, à Saskatoon, mercredi.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a indiqué qu’il prendra part à la rencontre de mardi.

Lors de la rencontre organisée l’année dernière à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, trois importants organismes autochtones avaient refusé d’y participer, dont l’APN.

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