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Papetière Northern Pulp : le rapport pourrait être remis à la province en septembre

Des manifestants en bateau devant la papetière Northern Pulp, le 6 juillet 2018.

Des manifestants en bateau devant la papetière Northern Pulp, le 6 juillet 2018.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Alors que la loi oblige la papetière Northern Pulp à fermer sa centrale de traitement de ses effluents dans environ six mois, la compagnie qui en est propriétaire s’apprête à remettre à la province le rapport d’impact environnemental qu’elle lui réclame. 

Si jamais son plan de centrale de remplacement est approuvé par le ministère de l’Environnement, la compagnie aura cependant besoin que le gouvernement modifie la loi pour lui accorder un sursis, une option controversée que les libéraux de Stephen McNeil refusent d'envisager.

Un rapport plus approfondi remis dès septembre?

Des responsables de la compagnie Paper Excellence Canada, incluant le chef de la direction Brian Baarda, ont rencontré des dirigeants syndicaux mercredi à Halifax et des employés de la papetière dans le comté de Pictou jeudi.

Selon Don MacKenzie, président du local 440 du syndicat Unifor, qui représente 240 travailleurs de la papetière, ces dirigeants auraient informé les employés que le rapport demandé par le gouvernement provincial devrait être complété en septembre.

En vertu d’une loi adoptée en 2015 par le gouvernement libéral de Stephen McNeil en Nouvelle-Écosse, la papetière Northern Pulp du comté de Pictou a jusqu’au 31 janvier 2020 pour fermer sa centrale actuelle de traitement des effluents de son usine.

La papetière déverse ses effluents dans l’estuaire de Boat Harbour depuis des décennies. Il s’agit du plus gros site contaminé de la province. La province a promis de l’assainir et de le remettre dans l’état où il se trouvait avant 1967, soit avant que l’usine de pâtes et papiers n’y déverse des dizaines de millions de litres d’effluents.

Comme solution de remplacement, la papetière prévoit construire une nouvelle centrale de et une canalisation de 15,5 km qui ira déverser les effluents dans le détroit de Northumberland.

Carte du tracé du pipeline proposé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En rose, le tracé du pipeline proposé, qui partirait de l'usine (NPNS Facility) et irait déverser les effluents dans le détroit de Northumberland (en haut de la carte).

Photo : SCM / Northern Pulp Nova Scotia

Ce plan suscite entre autres l’opposition des pêcheurs, de la communauté autochtone, des groupes environnementaux, et de l’Île-du-Prince-Édouard, qui partage le détroit avec la Nouvelle-Écosse.

En mars, la ministre de l’Environnement de l’époque, Margaret Miller, avait demandé à l’entreprise de soumettre un rapport plus approfondi sur les impacts environnementaux de son projet. 

Le ministère jugeait que le plan proposé initialement manquait de précision, notamment sur les effets potentiels des effluents sur l’écosystème marin, la qualité de l'air et la santé humaine. Les autorités veulent aussi plus d'information sur la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien de la canalisation proposée. De plus, la communauté autochtone devra être mieux consultée.

La compagnie a un an pour soumettre ce rapport. Une fois déposé, il y aura une période de consultations publiques de 30 jours, puis les fonctionnaires du ministère provincial de l’Environnement disposeront de 25 jours pour soumettre leurs recommandations au nouveau ministre Gordon Wilson. 

Si l’échéancier évoqué cette semaine par Paper Excellence lors de leur rencontre avec les syndiqués est respecté, et que le ministère recommande d’approuver le projet de canalisation, la compagnie pourrait obtenir un permis de construction en novembre ou décembre. 

Or, l’entreprise estime qu’elle aura besoin de plus d’un an pour la construction.

La seule solution serait alors de modifier la loi sur Boat Harbour afin d’accorder plus de temps à la papetière pour construire sa centrale de remplacement.

Opposition de la communauté

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, répond aux questions des journalistes.

Le premier ministre Stephen McNeil.

Photo : CBC/Craig Paisley

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a dit à plusieurs reprises que la date butoir ne serait pas changée et que la compagnie ne se verrait pas accorder de sursis. M. McNeil a maintenu cette position même après qu’il soit devenu évident que la compagnie ne parviendrait pas à avoir une centrale de remplacement pour janvier 2020.

Cette semaine cependant, M. McNeil a apporté un léger bémol. Il a mentionné que si l’entreprise parvenait à obtenir un permis de construction, il aurait une responsabilité d’examiner toutes les options.

Une telle décision risquerait de provoquer la colère des pêcheurs, des membres de la Première Nation de Pictou Landing et des environnementalistes.

Des manifestants opposés aux projets de la papetière Northern Pulp, sur le front de mer de Pictou, en Nouvelle-Écosse, le 6 juillet 2018.

Des manifestants opposés aux projets de la papetière Northern Pulp, sur le front de mer de Pictou, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC/Steve Lawrence

Du côté de la communauté autochtone, la chef Andrea Paul dit qu’elle n’est pas disposée à envisager un sursis pour la compagnie.

Allan MacCarthy, de l’Union des pêcheurs de Northumberland, indique que ses collègues demeurent fermement opposés à une canalisation qui déverserait les effluents de la papetière dans le détroit. M. MacCarthy ne croit pas qu’il serait judicieux pour le gouvernement de changer sa position sur le sujet, alors que les élections provinciales de 2021 approchent. 

Le chef de la direction de Paper Excellence Canada, Brian Baarda, affirme que si la loi n’est pas modifiée pour accorder un sursis à l’entreprise, la papetière fermera ses portes. La compagnie maintient que, sans canalisation, une centrale de traitement des effluents n’est pas possible.

D'après les renseignements de Michael Gorman, CBC

Nouvelle-Écosse

Pollution