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Plus de liaisons aériennes en région, mais pas de concurrence directe

Passagers qui embarquent dans un avion à l'aéroport de Gaspé.

Les aéroports régionaux, comme ici celui de Gaspé, pourront bénéficier d'un nouveau programme d'aide financière du gouvernement provincial. (archives)

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Miriane Demers-Lemay

L’investissement de 22,5 millions de dollars de Québec pour les aéroports régionaux est bien reçu dans les municipalités de l’Est-du-Québec. Des craintes sont toutefois soulevées concernant l'enveloppe budgétaire et les conditions de non-concurrence du programme.

Le nouveau Programme d'aide pour les dessertes aériennes régionales (PADAR), annoncé vendredi, contribuera à la mise en place de nouvelles liaisons aériennes, à augmenter la capacité de dessertes jugées insuffisantes et à promouvoir des services aériens.

Dans l’Est-du-Québec, plusieurs municipalités se réjouissent de ces investissements.

C’est une excellente nouvelle, surtout ici pour l’aéroport de Mont-Joli, commente la directrice générale de l'aéroport de Mont-Joli, Chantal Duchesne. On a des pourparlers pour avoir de nouveaux transporteurs, donc c’est vraiment le coup de pouce dont on avait besoin.

Des travailleurs se dirigent vers l'avion de la compagnie Air Inuit sur la piste de l'aéroport de Mont-Joli.

Le nouveau programme provincial pour les aéroports régionaux pourrait faciliter le développement de l'aéroport de Mont-Joli, selon la directrice générale de l'aéroport, Chantal Duchesne. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

L'attrait de divers transporteurs aériens constitue une stratégie pour augmenter la concurrence et réduire le prix des billets d'avion.

Je connais plusieurs municipalités qui vont faire appel à des compagnies aériennes pour développer de nouvelles liaisons et venir casser le monopole, pour venir stimuler une certaine forme de concurrence qui pourra être créée, développer l’habitude des Québécois pour le transport aérien, et finalement voir le prix des billets d’avion diminuer, explique le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Une concurrence indirecte

Les projets en concurrence avec un service aérien existant ou un service similaire fourni par un autre transporteur ne seront pas admissibles, selon les conditions du PADAR.

Il y a un élément qui nous titille particulièrement, c’est qu’on ne peut pas créer de concurrence sur ce programme, alors qu'on sait que c’est en créant de la concurrence qu’on arrivera à faire baisser les prix, ajoute Daniel Côté. Par exemple, à Gaspé où on a une desserte avec les Îles-de-la-Madeleine, avec Québec et Montréal. Par contre, une ligne Gaspé–Mont-Joli, Québec, Saint-Hubert n’existe pas. C’est proche de ce qu’Air Canada fait, mais ce n’est pas de la concurrence directe.

Daniel Côté espère que cette concurrence indirecte permettra tout de même de faire baisser le prix des billets d'avion.

De son côté, le professeur spécialisé en gestion du transport à HEC Montréal, Jacques Roy, croit que la concurrence indirecte pourrait avoir un certain effet pour le voyageur. Il a toutefois peu d’espoir de voir les prix des billets d’avion diminuer à court terme.

On peut s’attendre à une amélioration des options pour le voyageur, dit-il en se référant à des voyageurs qui pourraient économiser en évitant des escales pour se rendre à destination.

Le programme fait partie des stratégies raisonnables et applicables, dit-il, en ajoutant que cette stratégie évite également de financer des transporteurs.

Des besoins toujours présents en région

Sur la Côte-Nord, le préfet de la MRC Manicouagan, Marcel Furlong, croit de son côté que l'enveloppe est trop mince pour répondre adéquatement aux besoins.

On trouve que le montant d’argent attribué est un petit peu limité, quand on sait que toutes les régions du Québec sont affectées par ça, dit-il. On est heureux de l’initiative. Peut-être que si le gouvernement voit que c’est profitable, il va augmenter la mise de fonds.

En 2017, l'Union des municipalités du Québec estimait que les aéroports régionaux de la province avaient alors besoin de près de 400 millions de dollars d'investissement dans leurs infrastructures jusqu'en 2022.

En juillet 2018, le gouvernement provincial avait lancé un programme de 100 millions de dollars sur quatre ans pour moderniser les infrastructures des aéroports régionaux.

Le programme PADAR prendra en compte les projets de financement de dessertes aériennes, ainsi que ceux de promotion, études, mises en marché et équipement, jusqu'au 31 mars 2022. Les municipalités, les communautés autochtones et les organismes locaux peuvent être demandeurs au programme.

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