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Montaison sur la Mitis : Hydro-Québec soulève l’hypothèse des changements climatiques

Un pont et de petits rapides sur une rivière

Le pont Bergeron sur la rivière Mitis

Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

Isabelle Damphousse

Hydro-Québec maintient que son piège de capture qui permet aux saumons de franchir le barrage Mitis-2 est efficace et soulève l’hypothèse des changements climatiques pour expliquer le retard des montaisons sur la rivière Mitis en 2018. Pourtant, une analyse du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs rendue publique cette semaine révèle que le piège a entraîné un décalage dans la montaison du poisson en début de saison.

La conclusion de l’analyse des montaisons de la rivière Mitis de la saison 2018 du biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Jérôme Doucet-Caron, est sans équivoque : il est difficile de nier l’effet du piège en début de saison sur la rivière Mitis.

Le rapport, qui compare les montaisons des grands saumons à la mi-saison sur les rivières Matane, Mitis et Rimouski, révèle qu’au 31 juillet 2018, 36 % des grands saumons avaient été capturés et relâchés en amont du barrage Mitis-2.

Normalement, à ce moment de l’année, 83 % des grands saumons ont effectué leur montaison.

Pour le directeur des relations médias d’Hydro-Québec, Serge Abergel, l’analyse du MFFP démontre que la montaison du saumon sur la rivière Mitis était tardive l’an passé, tout comme sur la rivière Matane.

Est-ce que les changements climatiques sont une des hypothèses à étudier de ce côté-là, certainement que ça vaut la peine de se pencher là-dessus, dit-il.

Pour nous, c’est vraiment une question qui va bien au-delà de nos installations et qui mérite évidemment d’être investiguée.

Serge Abergel, directeur des relations médias, Hydro-Québec

L’analyse du MFFP démontre toutefois que les montaisons sur la rivière Mitis ont affiché un retard important comparativement à celles des rivières Matane et Rimouski.

En 1947, lors de la construction de la centrale Mitis-2, le domaine de quatre kilomètres du saumon atlantique a été amputé de moitié. En 1964, le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche de l’époque décide d’installer un piège à saumon en aval de la centrale Mitis-2. Un système de transport par camion remonte les poissons en amont du barrage. Les saumons ont à partir de ce moment accès à plus de 46 kilomètres sur la rivière Mitis. Depuis 1993, la ZEC de la Rivière-Mitis assure la conservation et la mise en valeur du saumon sur la rivière.

Dans son analyse, le MFFP mentionne que les ajustements au piège de capture durant l’été dernier ont permis d’améliorer l’attractivité de la passe et qu’une reprise des montaisons a été observée à la fin du mois d’août.

Le piège peut toujours être optimisé, dit M. Abergel en réitérant que s’il n’y a pas de saumon dans la rivière, il est impossible pour la société d’État d’en capturer.

Il faut que le saumon soit là pour qu’on puisse le capturer et l’emmener en amont pour le relâcher. S’il n’est pas là, c’est physiquement impossible de le capturer.

Serge Abergel, directeur des relations médias, Hydro-Québec

Le biologiste Jérôme Doucet-Caron conclut dans son analyse que le nombre de grands géniteurs qui ont atteint la rivière était adéquat pour l’année 2018.

En effet, Hydro-Québec dit avoir capturé un millier de saumons l’an passé, ce qui correspond aux moyennes historiques, selon la société d’État.

M. Doucet-Caron mentionne toutefois dans son analyse que les grands saumons n’étaient pas en rivière pour les pêcheurs.

Trop peu, trop tard pour la ZEC

Selon le directeur adjoint de la ZEC de Rivière-Mitis, Frédéric Roy, le ministère arrive aux mêmes conclusions que son équipe. La montaison est décalée parce qu’en début de saison, le piège de capture temporaire n’est pas attrayant pour le saumon, dit-il.

M. Roy ne contredit pas la société d’État sur le nombre de saumons qui ont atteint la rivière en fin de saison. Si le seuil de conservation de l’espèce a été atteint, pour les opérations de la ZEC, c’est trop peu, trop tard, nous confie-t-il.

L’an passé, la société d’État avait jugé non recevable la demande de compensation financière de 43 732 $ de la ZEC de la Rivière-Mitis pour les pertes engendrées en raison de la mauvaise saison de pêche.

L’organisation croit que ses pertes atteindront 60 000 $ cette année. Depuis le début de la saison, une cinquantaine de saumons seulement ont réussi à franchir barrage à l’aide du piège de capture.

Nous ce qu’on demande, c’est qu’Hydro-Québec prenne ses responsabilités

Frédérick Roy, directeur adjoint de la ZEC de la Rivière-Mitis

À ce sujet, le porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel, tient à faire une mise au point.

On ne compensera pas pour des pertes de revenus de la ZEC, notre engagement est envers le saumon, dit-il en spécifiant que la société d’État dépense annuellement 400 000 $ pour assurer la montaison du saumon sur la rivière.

Cet automne, un investissement de cinq millions de dollars sera fait pour l’installation d’un piège de capture permanent en aval de la centrale Mitis-2.

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