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Inondations printanières : des citoyens critiquent le projet de zone d'intervention spéciale

Un homme intervient au micro lors d'une séance de consultation publique.

Consultation publique sur la zone d'intervention spéciale proposée par le gouvernement du Québec à la suite des inondations printanières.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Alexia Martel-Desjardins

Une assemblée publique a eu lieu au centre des congrès de Rouyn-Noranda le 4 juillet pour consulter la population à propos du projet de décret concernant la déclaration d'une zone d'intervention spéciale (ZIS).

Ce type de zone a été établi afin de résoudre les problèmes d'aménagement provoqués par les inondations printanières.

Plusieurs citoyens ont fait part de leur insatisfaction à l'égard de la cartographie de cette zone, qui impose un moratoire sur la construction et la reconstruction. Le projet de décret est entré en vigueur le 17 juin, et le décret devrait être adopté à la mi-juillet.

Une ZIS tracée au « gros pinceau »

Pierre Baril, propriétaire d'un chalet à Duparquet, s'inquiétait jeudi soir des conséquences de l'adoption des ZIS. Sa propriété a été incluse dans la ZIS malgré qu'elle se situe à plus de 20 pieds au-dessus du niveau de l'eau.

Ça a été fait largement, au gros pinceau, commente-t-il au sujet de la carte de la ZIS. J'espère juste qu'ils vont régler le problème à courte échéance parce que souvent, avec les vitesses qu'on connaît des systèmes gouvernementaux, ça peut prendre des années avant que ça se règle.

De nombreuses personnes partageaient la même inquiétude au sujet des délimitations des ZIS. Le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation reconnaît que la cartographie des ZIS englobe plus de territoire que ce qui est réellement inondable. Il appelle les citoyens dont la propriété a été incluse dans la ZIS et qui n'ont pas été inondés en 2017 ni en 2019 à envoyer un courriel au ministère avant le 19 août.

Chantal Poirier, directrice générale de Duparquet, estime trop courts les délais alloués par le gouvernement pour prendre connaissance de la carte des ZIS et pour en informer les citoyens.

On a commencé à aviser nos résidents en début de semaine, déplore-t-elle. Une chance qu'on a eu la possibilité d'être écoutés. L'information, il fallait en être à l'affût.

Une cartographie qui pourrait être modifiée

Denis Moffet, directeur régional du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation pour l'Abtibi-Témiscamingue, souligne que l'aide des citoyens est essentielle afin de corriger la cartographie des zones d'intervention spéciales.

C'est du travail qu'on fait pour avoir une meilleure lecture de la situation, explique-t-il. S'assurer que l'on couvre les vrais territoires qui ont été inondés et qui sont des zones inondables et qu'on n'oblige pas à geler le développement de parties de territoire où il n'y aurait pas lieu de le geler.

Selon Denis Moffet, le décret devrait être adopté à la mi-juillet. D'ici l'adoption, le ministère aura peut-être le temps de modifier la carte de la ZIS. Les citoyens peuvent tout de même faire part d'anomalies sur la carte jusqu'au 19 août. Par la suite, le gouvernement adoptera un nouveau décret avec une ZIS encore rétrécie et corrigée selon les données accumulées. La prochaine étape consistera à élaborer une nouvelle politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables.

Éventuellement, on veut qu'à l'échelle d'une MRC, toutes les municipalités concernées adoptent le règlement, indique-t-il. Parce que dans plusieurs municipalités, ce n'est pas ça qui arrive actuellement. Il y a eu des permis de construction qui ont été émis à certains endroits, et les gens ont quasiment les pieds dans l'eau.

La faute des barrages, selon des citoyens

Quelques personnes résidant au Témiscamingue ont dénoncé la mauvaise gestion des barrages, qui aurait fait monter les niveaux d'eau à certains endroits, comme au lac Témiscamingue. Selon eux, leur terrain n'aurait pas été compris dans la ZIS si les barrages avaient été gérés autrement.

Nico Gervais, maire de Notre-Dame-du-Nord, croit que l'inclusion d'une partie de sa municipalité dans la ZIS n'est pas justifiée.

J'aimerais qu'il y ait une consultation et que les gestionnaires de barrage fassent leurs devoirs.

Nico Gervais, maire de Notre-Dame-du-Nord

Denis Moffet a répondu aux citoyens que leurs commentaires seraient notés et évalués.

On va voir de quelle manière on peut faire des vérifications à cet effet-là, et de quelle manière on peut leur donner davantage d'assurance que ce n'est pas une erreur ou un choix humains, indique M. Moffet.

En date du 4 juillet, 55 dossiers ont été transmis en Abitibi-Témiscamingue au programme général d'indemnisation et d'aide financière à la suite des inondations, sur un total de 6263 au Québec.

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