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L'ONU dénonce l'« érosion » de l'État de droit au Venezuela

Une femme portant une affiche devant elle s'adresse à une ligne de policiers en tenue antiémeute dans une rue de la capitale.

Une manifestante va à la rencontre des forces de sécurité vénézuéliennes dans une rue de Caracas.

Photo : Getty Images / Eva Marie Uzcategui

Agence France-Presse

La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé vendredi devant l'ONU l'« érosion de l'État de droit » au Venezuela, dénonçant par ailleurs une fois de plus les sanctions internationales qui aggravent la crise.

Michelle Bachelet, qui s'est rendue au Venezuela du 19 au 21 juin, s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, au lendemain de la publication du rapport sur ce pays, qui a dénoncé un document truffé d'erreurs.

Le rapport indique que, depuis 2018, près de 7000 personnes ont été tuées dans des cas relevant de la résistance à l'autorité, selon le gouvernement, au cours d'opérations de sécurité.

Les principales institutions et l'État de droit au Venezuela ont été érodés, a déclaré Mme Bachelet, devant le Conseil des droits de l'homme.

Notre rapport fait état d'attaques contre des opposants, réels ou supposés, et des défenseurs des droits humains, allant de menaces et de campagnes de diffamation à la détention arbitraire, à la torture et aux mauvais traitements, à la violence sexuelle, aux meurtres et aux disparitions forcées.

Michelle Bachelet, haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme

Dans son rapport, Mme Bachelet appelle Caracas à dissoudre les FAES, un corps d'élite de la police nationale créé en 2017, et à établir un mécanisme national impartial et indépendant, avec le soutien de la communauté internationale, pour enquêter sur les exécutions extrajudiciaires menées pendant les opérations de sécurité.

Des milliers de morts

Un soldat pointe son arme dans les airs dans une rue où des civils courent et des hommes se déplacent à moto.

Des soldats et des civils réagissent au son de coups de feu dans le quartier d'Altamira, proche de la base La Carlota à Caracas, le mardi 30 avril 2019.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Le rapport mentionne que 5287 personnes ont été tuées dans des cas relevant de la résistance à l'autorité, selon le gouvernement, au cours de ces opérations de sécurité en 2018. Entre le 1er janvier et le 19 mai de cette année, 1569 autres personnes ont été tuées, toujours selon Caracas.

Le rapport note également qu'au 31 mai, 793 personnes étaient privées arbitrairement de leur liberté et que, jusqu'à présent cette année, 22 députés de l'Assemblée nationale ont été privés de leur immunité parlementaire, dont son président Juan Guaido qui tente de déloger Nicolas Maduro du pouvoir depuis janvier.

S'exprimant devant le Conseil des droits de l'homme, le vice-ministre des Affaires étrangères vénézuélien, William Castillo, a reconnu que le système judiciaire de son pays souffrait de faiblesses et que les institutions policières avaient fait preuve d'écarts ponctuels.

Mais Caracas rejette catégoriquement [l'accusation de] criminalisation des forces de sécurité et des forces armées, a-t-il ajouté.

Il a également défendu l'action du gouvernement face aux risques graves pour la sécurité nationale auxquels doit faire face le Venezuela, pointant des plans de coup d'État et les menaces d'intervention étrangère lancées par le président américain Donald Trump.

Un pays en crise

Le Venezuela traverse depuis des mois une profonde crise politique, avec la lutte entre le président Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido. Ce dernier s'est proclamé président par intérim et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis.

Le pays est aussi en proie à une grave crise économique, aggravée par un embargo pétrolier et des sanctions financières imposées par Washington pour tenter de chasser M. Maduro du pouvoir, et il souffre de pénuries de nourriture et de médicaments.

Selon les Nations unies, plus de 7 millions de Vénézuéliens, soit un quart de la population, ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Mme Bachelet a critiqué à plusieurs reprises les sanctions contre le Venezuela, ciblant en particulier les États-Unis.

Vendredi, elle a encore relevé que les dernières sanctions économiques aggravent encore la situation dans ce pays latino-américain étant donné que la plupart des recettes en devises du pays proviennent des exportations de pétrole, dont beaucoup sont liées au marché américain.

En outre, les effets de ces sanctions semblent nuire à la capacité de l'État à fournir des services de santé de base à la population, a-t-elle insisté.

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