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Zones inondables : les sinistrés rejettent le plan du gouvernement Legault

Des résidents de Pointe-Calumet lors des consultations jeudi

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des assemblées de consultation ont eu lieu jeudi dans 25 municipalités du Québec sur le projet du gouvernement d'interdire la construction résidentielle dans des zones inondables. Les sinistrés des inondations en ont profité pour faire connaître leur insatisfaction à l'égard du plan du gouvernement Legault.

Dans la région de Montréal, plusieurs centaines de résidents de Pointe-Calumet ont exprimé leur mécontentement parce que le gouvernement veut déclarer toute la municipalité à risque d'inondations, alors qu'à peine une trentaine de résidences ont été inondées ce printemps.

La municipalité espère obtenir une exemption, comme sa voisine Sainte-Marthe-sur-le-Lac, parce que la ville est elle aussi endiguée.

Sonia Fontaine, la mairesse de Pointe-Calumet, espère que le gouvernement sera à l’écoute de ses arguments. Elle souhaite que le gouvernement aide la municipalité à renforcer les digues existantes.

Son argument repose sur le fait que sur 2500 maisons que compte la ville, une trentaine ont été inondées seulement.

Selon elle, déclarer toute la municipalité zone inondable est « une expropriation déguisée à long terme ».

Mme Fontaine explique que la décision du gouvernement aura des conséquences financières substantielles sur « la valeur des maisons, la valeur foncière et les assurances ».

Les résidents qui ont assisté à la consultation rejettent la décision du gouvernement. Ils craignent notamment une perte de la valeur de leur maison.

De la colère

En Outaouais, la colère était palpable parmi les sinistrés des inondations lors d'une rencontre tenue à Campbell’s Bay.

Bon nombre de résidents ont eu l'impression de ne pas avoir été entendus et déplorent que la carte de zones à risque d'inondation, dévoilée par le gouvernement, comprenne des zones bien au-delà des secteurs qui ont été inondés pendant les crues historiques de 2017 et 2019.

Le gouvernement a annoncé mercredi soir qu'il réviserait la cartographie des territoires inondables établie, mais plusieurs résidents ne sont pas rassurés.

Ils craignent que des maisons qui se trouvent dans la carte « par accident » restent dans une deuxième version.

La ministre se veut rassurante

La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest

La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest

Photo : Radio-Canada

Dans une entrevue à l’émission 24/60, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest a assuré que le gouvernement était à l’écoute des citoyens. Elle a précisé qu’il y aura probablement des ajustements après les consultations avec les citoyens.

Selon Mme Laforest, les consultations et les discussions avec les élus détermineront la cartographie finale.

La ministre a indiqué qu’en moins de deux semaines, un comité scientifique, un comité spécialisé en affaires municipales et un comité ministériel se pencheront sur la cartographie pour l’ajuster.

Le décret instituant une zone d'intervention spéciale (ZIS) inclut toutes les zones jugées inondables cartographiées 0-20 ans ou qui ont été inondées en 2017 ou en 2019.

La construction et la reconstruction y seront interdites. La réparation d’un bâtiment sera possible, si les travaux représentent moins de 50 % de la valeur de la propriété, selon la décision du gouvernement.

Ce sont 812 municipalités qui sont visées par le décret gouvernemental.

Les inondations majeures survenues au printemps 2019 dans plusieurs régions du Québec ont touché plus de 250 municipalités, inondé des milliers de résidences et forcé l'évacuation de plus de 10 000 personnes.

Avec les informations de Normand Grondin

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