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L'instance de transition au Soudan sera dirigée par un militaire et un civil en alternance

De jeunes hommes brandissent des drapeaux du Soudan lors d'une manifestation dans une rue de la capitale.

Des manifestants soudanais près du quartier général de l'armée à Khartoum

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Après des semaines de bras de fer et de répression, les généraux au pouvoir au Soudan et les représentants de la contestation en sont arrivés à un accord sur l'instance qui doit diriger la période de transition.

Le médiateur de l’Union africaine (UA), Mohamed El-Hacen Lebatt, a annoncé lors d’une conférence de presse, vendredi, que le Conseil militaire et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) « se sont mis d’accord » pour une direction « alternée » de l’instance de transition, appelée Conseil souverain, qui doit gouverner le pays pendant environ trois ans.

Le conseil souverain sera composé de six civils, dont cinq issus de l'ALC, de cinq militaires et d'un leader de la contestation, Ahmed Rabie.

« Cet accord sera complet, il n'exclura personne et inclura toutes les ambitions du peuple », a déclaré pour sa part le général Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire de transition.

Enfin, les deux parties ont accepté de retarder la mise en place d'un « conseil législatif », qui doit faire office de Parlement de transition, jusqu'à ce que soient installés le Conseil souverain et un gouvernement civil, d'après M. Lebatt.

Le Conseil militaire de transition (CMT) dirige le pays depuis le renversement du président Omar El-Béchir, en avril dernier.

Reprise des négociations

Les négociations entre l’armée et les contestataires ont repris mercredi dans un hôtel de la capitale, Khartoum, après avoir été interrompues le 3 juin, à la suite de l'assaut conduit par les services de sécurité contre un campement de manifestants devant le ministère de la Défense.

C’est grâce à la médiation de l'Éthiopie et de l'UA que les négociations ont été relancées mercredi.

Auparavant, les négociateurs des deux camps étaient parvenus à un accord sur la durée de la transition, soit trois ans, mais la répartition des responsabilités entre civils et militaires constituait le point de discorde.

Ouverture d'une enquête

Par ailleurs, les deux camps ont conclu un accord pour « une enquête minutieuse, transparente, nationale et indépendante sur tous les incidents violents malheureux qu'a connus le pays ces dernières semaines », a souligné M. Lebatt.

Les généraux avaient refusé une enquête indépendante et internationale que réclamaient les contestataires. Ils avaient mis sur pied un comité d'investigation militaire.

Depuis le 3 juin, la répression a fait 136 morts, dont une centaine dans la seule dispersion du rassemblement devant le ministère de la Défense à Khartoum, selon un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités évoquent un bilan de 71 morts depuis la même date.

La contestation a commencé en décembre, en raison du triplement du prix du pain, dans un pays pauvre à l'économie exsangue. Les manifestations ont rapidement pris une tournure politique en réclamant l'éviction d'Omar El-Béchir, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis près de trois décennies.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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