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Des cuisiniers marocains courtisés par les grands restaurants de l’Ouest canadien

Un homme à casquette posant devant des étagères de bouteilles de vins.

Khalid Akhardid travaille depuis deux mois et demi au Bearfoot Bistro.

Photo : Radio-Canada / Mael Thebault

Maud Cucchi

Ils s’appellent Khalid, Nawal, Khadija. Depuis quelques mois, une centaine de cuisiniers d’origine marocaine ont rejoint les brigades de grands restaurants canadiens, en pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Whistler a déjà séduit une trentaine d'entre eux, qui forment une nouvelle communauté singulière dans cette station touristique accrochée aux montagnes, à seulement deux heures de route de Vancouver.

Une agence de placement privée les aide, à distance, à obtenir un permis de travail canadien et à trouver un emploi dans la restauration gastronomique, en Colombie-Britannique et en Alberta.

De la toute première entrevue par Skype à leur arrivée au Canada, il faut compter en moyenne quatre mois, se félicite le créateur de l’agence, Joël Chevalier.

Son entreprise, Culinary Recruitment International, a ainsi facilité le recrutement et l’immigration de Marocains employés par des adresses réputées luxueuses comme Fairmont ou Westin. La condition pour postuler? Parler couramment le français.

Quatre jeunes souriants arborant des casquettes à l'effigie du Canada.

Accueillis à l'aéroport de Vancouver, les cuisiniers (de gauche à droite) Youssef Chabi, Mohamed Ijounen, Jammaladine Mouhsine et Hicham Zine Elabidine s'apprêtent à découvrir Whistler pour la toute première fois.

Photo : Joël Chevalier

Les demandes de visa s’obtiennent par l’intermédiaire du programme de mobilité francophone, une initiative fédérale visant à promouvoir l’immigration francophone dans les communautés en situation minoritaire.

Maroc-Whistler, aller simple

Hamza Cherkaoui a travaillé en Afrique et au Moyen-Orient. Il parle un français sans faute qui bascule vers l’anglais quand il évoque sa passion, la restauration.

Ici, ça doit aller vite en cuisine, maximum 5 minutes par assiette, alors qu’au Maroc, j’attendais les plats, se souvient le cuisinier qui a répondu à une annonce publiée sur LinkedIn au Maroc.

Hamza Cherkaoui n’a pas attendu la fin de ses deux ans de permis de travail pour entamer ses démarches de résidence permanente.

Portrait d'une femme brune aux cheveux longs dans une rue ensoleillée

Nawal Benzekri est reconnaissante à son employeur d'avoir réservé une salle de prière aux employés musulmans pendant le ramadan.

Photo : Radio-Canada / Mael Thebault

Nawal Benzekri est l’une des rares cuisinières du programme. Elle évoque avec retenue la condition des femmes au Maroc, que l’on devine quand elle parle de son rêve canadien.

Quand j’étais au Maroc, j’ai appris que le Canada était un endroit agréable où vivre, c’est un pays des droits humains où les femmes sont traitées avec égalité dans tout.

Nawal Benzekri, cuisinière

Ici, je peux développer ma carrière plus rapidement qu’au Maroc, analyse-t-elle.

Les services de l’agence de placement, gratuits pour les immigrants, mais payants pour les employeurs, prennent en charge les nouveaux arrivants de leur départ à leur arrivée.

L’entreprise s’engage même à leur trouver un nouvel emploi si celui pour lequel ils ont été embauchés ne leur convient pas.

Augmentation du coût de la vie

Le coût de la vie, considéré comme exorbitant à Whistler, n’aide en rien les embauches de personnel qualifié.

À titre d'exemple, le prix moyen d’une pizza achetée dans la rue principale oscille autour de 40 $.

Pour le fondateur du Bearfoot Bistro, André Saint-Jacques, ces travailleurs diplômés et expérimentés séduits par le rêve canadien représentent la solution idéale pour contrer la pénurie de personnel à Whistler.

On a souvent des gens très jeunes qui viennent ici, pour un hiver ou une année. Eux, au moins, on les a pour quatre ans, ça aide beaucoup.

André Saint-Jacques, fondateur du Bearfoot Bistro

Ils apportent différentes cultures en cuisine, précise la chef principale du Bearfoot Bistro, Melissa Craig. Ils apprennent très vite et s’adaptent sans cesse.

Les exigences du métier se devinent aux cernes qu’elle partage avec sa recrue marocaine originaire d’Agadir, Khalid Akhardid.

Je vais d’abord remplir mon contrat de deux ans, et peut-être aller travailler dans une autre province ensuite.

Khalid Akhardid, cuisinier

Pour être attirantes, les compagnies proposent des avantages concurrentiels, à défaut d’ajuster leurs salaires qui oscillent entre 18 et 22 $ de l’heure , garantit Joël Chevalier.

Les employeurs participant au programme proposent un logement à leurs employés, souvent en colocation ou en dortoirs. Certains ont droit à des laissez-passer de ski.

La démarche qui a particulièrement marqué la communauté marocaine de Whistler est toutefois l’installation d’une salle de prière par l'hôtel Fairmont pendant le ramadan.

Nous souhaiterions avoir une salle de prière permanente, dit Eman Elsayed, employée d’origine égyptienne débarquée directement à Whistler il y a tout juste quatre mois.

L’arrivée prochaine d’autres immigrés marocains l’aidera peut-être à voir son voeu se réaliser.

Colombie-Britannique et Yukon

Restaurants