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Les conséquences des pensionnats autochtones se font toujours sentir 

Une photo d'archives de jeunes Autochtones assis à des bureaux dans une classe.

Des élèves dans des pensionnats autochtones.

Photo : Radio-Canada / Archives de l'Église anglicane Old Sun/Commission de vérité et réconciliation

Radio-Canada

Une étude menée à l'Université de la Colombie-Britannique révèle que les descendants des survivants des pensionnats autochtones sont plus susceptibles de se retrouver pris en charge par les systèmes de protection de l'enfance.

L'impact des traumatismes intergénérationnels causés par le système des pensionnats est bien connu et documenté. La surreprésentation des jeunes Autochtones pris en charge par l'État durant l'enfance l'est tout autant, affirme Brittany Barker, une boursière postdoctorale du Centre pour la toxicomanie de la Colombie-Britannique.

Or, elle a établi pour la première fois un lien empirique entre le fait d’avoir été dans le système des pensionnats autochtones et le risque accru que les générations suivantes soient dans le système de protection de l’enfance.

Les résultats de son étude ont été publiés dans le Journal of Adolescent Health.

Une femme.

La recherche de Brittany Barker révèle que les deux tiers des participants qui se sont présentés comme Autochtones avaient au moins un grand-parent ou un parent ayant fréquenté un pensionnat.

Photo : Offerte par Brittany Barker

L'exposition de la famille au système des pensionnats mène à une surreprésentation des enfants autochtones pris en charge par l'État.

Britanny Barker, auteure de l'étude

Mme Barker, qui avait déjà enquêté sur le système de protection de l'enfance, estime que cette étude est « probablement la plus puissante et la plus importante qu’[elle ait] jamais menée ».

Les données de Mme Barker ont été collectées entre 2011 et 2016 auprès de 675 personnes consommant de la drogue à Vancouver et âgées de moins de 35 ans. Environ 40 % se sont présentées comme Autochtones.

La recherche indique que les deux tiers des participants qui se sont présentés comme Autochtones avaient au moins un grand-parent ou un parent ayant fréquenté un pensionnat.

Ceux qui avaient un parent, ou qui avaient à la fois un parent et un grand-parent ayant été dans un pensionnat, présentaient deux fois plus de risques d’être placés dans un établissement de soins que les participants autochtones qui n’avaient aucune exposition familiale immédiate au système des pensionnats.

L'héritage des pensionnats

Des élèves et une religieuse posent dans une salle de classe du pensionnat indien Cross Lake, à Cross Lake, au Manitoba, sur une photo d'archives.

Des élèves et une religieuse posent dans une salle de classe du pensionnat indien Cross Lake, à Cross Lake, au Manitoba, sur une photo d'archives de février 1940.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Pendant plus de 100 ans, les enfants des Premières Nations, Inuit et métis ont été retirés de leur famille pour fréquenter des pensionnats, dont la plupart étaient gérés par des églises et financés par le gouvernement fédéral. Il y a eu plus de 130 pensionnats en activité entre 1870 et 1996.

Brittany Barker a également effectué une analyse secondaire comparant les participants Aautochtones n'ayant signalé aucune exposition familiale immédiate aux pensionnats aux participants non autochtones de la cohorte. Elle a constaté qu'il n'y avait pas de différence significative quant à la probabilité d'être dans le système de protection de l'enfance.

« Le fait d'être d'ascendance autochtone double les risques d'être pris en charge. Or, c'était en fait une exposition aux pensionnats, cette exposition familiale au système des pensionnats, qui faisait la différence entre les groupes. »

Plus de recherche nécessaire

Des enfants autochtones sont assis à leur pupitre dans la salle de classe d'un pensionnat autochtone, à la fin des années 1930.

Des enfants autochtones dans la salle de classe d'un pensionnat autochtone, à la fin des années 1930.

Photo : Archives Deschâtelets

Mme Barker affirme qu'il faudra faire davantage de recherche dans différentes régions du Canada et que celle-ci devrait être reproduite avec un échantillon élevé de jeunes Autochtones. Elle ajoute que les chiffres pourraient en réalité être plus élevés, car certains peuples autochtones ne savaient pas qu'ils avaient des membres de leur famille dans les pensionnats, en raison de la stigmatisation associée à ces établissements.

Mme Barker pense que, pour faire face aux traumatismes intergénérationnels, il faut donner plus de ressources pour soutenir les parents qui pourraient être vulnérables.

« La principale raison pour laquelle les jeunes Autochtones sont intégrés au système de protection de l'enfance, c'est les accusations de négligence. Et si on élimine la négligence, c'est l'abus de substances psychoactives, l'exposition à la violence conjugale, l'instabilité du logement, c'est l’insécurité alimentaire, c’est la pauvreté », dit-elle.

C’est en grande partie des marqueurs de la pauvreté et ensuite des vestiges du traumatisme du système des pensionnats autochtones.

Brittany Barker, auteure de l'étude

En 2008, le gouvernement fédéral s'est officiellement excusé pour le système de pensionnats et d'autres politiques d'assimilation. Le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) indiquait que le système des pensionnats autochtones équivalait à un génocide culturel contre les peuples autochtones du Canada.

Avec les informations de Michelle Ghoussoub

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