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Pas de vacances pour la pénurie de main-d’œuvre

Il manque plus d'une centaine d'arbitres à l'Association Régionale de Soccer de Québec.

Photo : Radio-Canada

Marc-Antoine Lavoie

Il manque un arbitre au match de soccer de votre enfant? Pas surprenant. Les jeunes qui occupent habituellement ce type d’emploi estival sont devenus une denrée rare, au point où les employeurs doivent multiplier les stratégies pour les recruter.

La pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans la grande région de Québec se fait bien sentir dans les camps de jour, aux abords des piscines publiques ou sur les lignes de côtés des terrains de soccer.

À l’Association régionale de soccer de Québec (ARSQ), de nombreux jeunes ont déserté les terrains gazonnés pour occuper des emplois mieux rémunérés. L’organisation doit composer avec 110 arbitres en moins cet été, une diminution de 15 % par rapport aux années précédentes.

Souvent, un match qui requière trois arbitres, on est obligé de le faire à deux ou à un. Il y a même des matchs qu'on ne peut pas assigner du tout, affirme le directeur général de l’ARSQ, Philippe Bernard.

Un jeune homme arbitre une partie de soccer.

Plusieurs jeunes arbitres ont délaissé la profession durant l'été pour obtenir un plus gros salaire en occupant un autre emploi.

Photo : Radio-Canada

L’appel du gros chèque

La rareté de la main-d’œuvre a fait grimper les enchères sur le marché du travail, au point où la passion des jeunes sportifs est parfois mise de côté pour un salaire plus important.

On n’a pas trop de difficulté à avoir des jeunes arbitres. Par contre, quand ils atteignent l’âge d'aller dans des endroits comme la restauration ou dans les épiceries, on les perd, se désole M. Bernard.

Une monitrice dehors avec des enfants.

Les moniteurs se font maintenant rares dans les camps de jour de la région de Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Même phénomène au camp de jour du Patro Roc-Amadour, à Québec, où Salma Bentyaa est monitrice et aide-motrice depuis maintenant six ans. Son expérience lui permet de gagner à peine plus que le salaire minimum de 12,50 $ par heure.

Si Salma a quand même décidé de passer l’été à jouer et s’amuser, plusieurs de ses collègues qui tripaient sur leur job ont fait le choix de ranger les ballons et la crème solaire.

Moi, j'ai plein d'amis qui travaillent au gouvernement en ce moment. Un travail de bureau où ils font juste prendre des appels. Ils font 20 $ ou 21 $ par heure, relate la jeune femme de 18 ans.

La monitrice au camp de jour du Patro Roc-Amadour Salma Bentyaa.

Salma Bentyaa a choisi de passer l'été à s'amuser avec les jeunes, même si son salaire est moins élevé.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

 Un wake-up call

Par manque d’employés formés, le camp de jour a dû reloger six jeunes ayant des besoins particuliers. Pour le directeur général adjoint Martin Dumas, il s’agit d’un dommage collatéral de la pénurie de main-d’œuvre.

Les étudiants du domaine de la santé, du travail social ou de l’éducation étaient autrefois une manne importante pour le recrutement. Ceux-ci sont maintenant plus rapidement sollicités sur le marché du travail.

Le gouvernement est en pénurie de main-d’œuvre et engage des étudiants. Nous, en effet, c'est un dommage collatéral qui fait qu'on a plus de difficulté à recruter, explique M. Dumas.

Une monitrice parle à un groupe de jeunes.

Le travail de moniteur dans des camps d'été attire moins de jeunes qu'autrefois.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Pour le camp de jour qui n’avait jamais eu de difficulté à engager de jeunes moniteurs, cet été tient lieu de wake-up call. Martin Dumas admet qu’il devra retourner à la planche à dessin afin de trouver de nouvelles stratégies pour attirer des employés.

Avant, on refusait des personnes qui répondaient aux critères, parce qu'il y avait un nombre de postes maximum. Maintenant, dès que tu réponds aux critères d’embauche, c'est sûr qu'il y a une place pour toi.

Martin Dumas, directeur général adjoint du Patro Roc-Amadour

Il faut être rapide 

ll a également fallu être attractif, innovant et souple pour s’assurer d’avoir suffisamment de sauveteurs pour les piscines publiques et de surveillants dans les parcs de Lévis.

Les horaires adaptés, la combinaison d’emplois, qui permettent aux jeunes d’avoir un travail à temps plein l’été et la possibilité de faire quelques heures par la suite durant l’année scolaire, a permis à la Ville de Lévis d'atteindre ses objectifs de recrutement.

La nouvelle réalité aussi, c'est d'être rapide : rapide à les rencontrer en entrevue et rapide à confirmer leur emploi. Ils postulent sur plusieurs emplois en même temps et ils vont probablement prendre le premier qui appelle, soutient la coordonnatrice au développement social et communautaire à la Ville, Mireille Landry.  

Une jeune femme surveille un bassin public à Lévis.

Il a été difficile pour la Ville de Lévis de trouver suffisamment de sauveteurs pour assurer la surveillance des piscines publiques.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

L’offre d’un emploi enrichissant et d’une possibilité de se développer au sein de l’organisation est également un atout devenu incontournable pour attirer et garder cette nouvelle génération de travailleurs.

C'est une génération qui est créative et qui sait ce qu'elle veut. Quand on parle d'emploi enrichissant, souvent ils veulent faire la différence. Ils veulent un emploi où ils vont être bien et c'est tout à leur honneur, conclut Johanne Vaillancourt directrice adjointe à la direction du capital humain à la Ville de Lévis. 

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