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Une ville ontarienne pourrait avoir trouvé la solution au désengorgement des urgences

L’accueil clinique permet aux patients qui n'ont pas besoin de soins dans l'immédiat, mais qui ont besoin de passer des tests rapidement, d'éviter l'urgence en cinq ans.

Le partenariat entre l'Hôpital régional de Windsor et l'Équipe de santé familiale de Windsor a permis de baisser de 16,8 % le nombre de visites aux urgences.

Photo : iStock

Marine Lefèvre
Rose St-Pierre

Un partenariat entre l’Hôpital régional de Windsor et une clinique locale a permis de faire baisser l’engorgement aux urgences.

Les résultats sont si convaincants qu’ils ont attiré l’attention du groupe de médecins chargé de conseiller le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, en matière de santé.

Depuis 12 ans, l'Équipe de santé familiale de Windsor, un centre de soins primaires du Réseau local d'intégration des services de santé d'Érié St-Clair, travaille de concert avec l’Hôpital régional de Windsor pour mieux répondre aux besoins de la population locale en matière de soins primaires.

Grâce, entre autres, à cette entente unique en son genre à Windsor, l’achalandage aux urgences a baissé de 16,8 % au cours des cinq dernières années.

On le voit dans le nombre de visites à la salle d'urgence [...] on a moins de visites maintenant que dans les années passées.

Gisèle Séguin, directrice des affaires publiques de l'Hôpital régional de Windsor

Cette réussite tient en partie à l'accueil des patients dans cette clinique familiale, qui sont mieux informés des endroits où ils peuvent recevoir des soins. Ils sont donc plus enclins à éviter les urgences et à demander directement les services dont ils ont besoin.

C’est innovant et cela coûte moins cher à la province, explique le Dr Darin Petersen, l’un des médecins de la clinique.

Vue extérieure d'un bâtiment. Une grande banderole publicitaire couvre une partie de l'immeuble à droite.

L'Hôpital régional de Windsor, campus Ouellette

Photo : Google Maps

En outre, l’hôpital partage toutes ses données en matière d’achalandage avec la clinique afin de lui permettre d’ajuster ses services.

Cela a permis de tester différentes approches pour attirer des patients, précise le directeur général de l'Équipe de santé familiale de Windsor, Mark Ferrari, mentionnant que la clinique a étendu ses heures d'ouverture aux périodes les plus achalandées à l'hôpital.

Combiné à l'augmentation du nombre d'infirmières praticiennes et aux heures d'ouverture étendues de plusieurs cliniques, le modèle windsorois fait figure d'exception dans la province, d'après la directrice des affaires publiques de l’Hôpital régional de Windsor, Gisèle Séguin.

Un exemple à suivre

Un médecin  marche dans un corridor d'hôpital

Grâce à un partenariat avec une clinique externe, les urgences de l'hôpital régional se sont désengorgées.

Photo : Radio-Canada

Ces bonnes performances ne sont pas passées inaperçues. Un groupe de médecins chargés de conseiller Doug Ford en matière de santé en fait mention dans son plus récent rapport, présentant l'initiative windsoroise comme un modèle d'intégration des services.

On y peut lire notamment que ce modèle facilite l’accès à des services et à des programmes polyvalents pour répondre aux besoins de la communauté en matière de soins de santé.

De même, le rapport souligne que les résultats pour les patients se sont améliorés, les taux de satisfaction des patients ont augmenté et les visites inutiles chez les fournisseurs de soins ont diminué.

Selon le document, ce système sert près de 200 000 personnes dans la région de Windsor.

De nouveaux besoins

Un homme attend dans une salle d'attente à l'urgence.

Une salle d'attente à l'urgence

Photo : Getty Images / Shani Miller

Toutefois, si moins de patients se rendent aux urgences, la direction de l'hôpital constate une augmentation du nombre de visites liées à la santé mentale et à la consommation de drogue, notamment les opioïdes.

Selon Gisèle Seguin, même si le nombre de patients admis aux urgences a diminué, le temps d'attente, lui, est pratiquement resté le même. Ce sont des cas plus lourds, précise-t-elle.

Mais la clinique partenaire de l'hôpital compte remédier à ce nouveau problème.

Maintenant, nous savons que nous devons passer plus de temps à nous concentrer sur ça, explique Mark Ferrari.

La clinique prévoit l'ouverture d'un programme de traitement de la toxicomanie plus tard à l'automne.

Avec un peu de chance, on pourra faire soigner les gens pour qu'ils ne se présentent pas aussi souvent à l'urgence, conclut le directeur de la clinique.

Windsor

Établissement de santé