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La province cherche du personnel médical pour les ambulances aériennes

Des avions Cessna Citations dans un hangar.

Le programme Lifeflight utilisait des avions Cessna Citations.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La province recherche des infirmières et des médecins pour aider au transport aérien des patients gravement malades parce que les médecins de Lifeflight refusent d'embarquer dans les avions privés sur lesquels le Manitoba compte désormais pour ses services d'ambulance aérienne.

Invoquant des préoccupations en matière de sécurité, les 17 médecins membres du personnel de Lifeflight ne montent plus dans les avions d’ambulance aérienne depuis deux semaines, soit depuis que la province, dans le cadre son programme de privatisation, a cloué au sol les deux avions à réaction Cessna Citation de Lifeflight.

La province a par ailleurs licencié neuf pilotes et une équipe de maintenance la semaine dernière, appliquant les dernières mesures de privatisation du service, mettant ainsi fin au programme provincial datant de 34 ans.

La province a eu recours à des sociétés privées d’ambulances aériennes la moitié du temps au cours de la dernière année. Ces entreprises utilisent souvent des King Air 200, plus petits que les Cessna. L'utilisation de ces avions inquiète les médecins spécialisés dans le transport aérien des patients parce qu'ils seraient trop petits et mal équipés.

Le 28 juin, Babcock Canada, en partenariat avec Vanguard Air Care, une division de Fast Air, a repris provisoirement les activités de Lifeflight.

Au cours de la dernière année, les médecins de Lifeflight ont rappelé à maintes reprises à la province qu’ils arrêteraient de prendre l’avion si leurs préoccupations au sujet des transporteurs privés n’étaient pas prises en compte.

Dans une note de service diffusée le 15 juin, le chef de la direction de Shared Health, Brock Wright, a lancé un appel aux autorités sanitaires et aux responsables cliniques du Manitoba : « Pour les patients ayant des besoins plus critiques, nous aurons peut-être besoin de personnel de votre région pour aider le personnel des transports. Les transports néonatals et pédiatriques sont couverts, mais il est possible que certains transports pour adultes nécessitent une assistance. »

« Nous aidons le gouvernement à collaborer avec les transporteurs aériens privés pour adapter le personnel disponible aux besoins des patients nécessitant un transport », ajoute Brock Wright.

« Des gens vont mourir »

Une médecin en milieu rural, qui travaille dans une clinique ayant reçu la note, estime que des vies sont maintenant en danger.

« Des gens vont mourir pour des raisons inutiles », affirme Ashley Blais, médecin de famille et urgentiste à Sainte-Rose-du-Lac. « Cela concerne absolument tout le monde et tout le monde doit le savoir. »

« La plupart des médecins travaillant en dehors des grands centres ne savent pas comment utiliser un respirateur artificiel. Ils nous demandent de monter dans ces avions et de gérer les patients en soins intensifs en dehors de notre établissement, en dehors de notre champ de pratique et en dehors de notre niveau de compétence ou de formation », explique-t-elle.

Elle estime que, en demandant aux médecins et aux infirmières de la province de faire des remplacements durant les évacuations médicales, Shared Health crée des attentes irréalistes et dangereuses pour le personnel.

« Lifeflight est une unité de soins intensifs aérienne. Et il y a des médecins et des infirmières spécialisés qui dirigent les unités de soins intensifs dans n'importe quel hôpital. »

La Dre Blais ajoute que les médecins en zone éloignée ne sont pas formés pour s'adapter aux changements physiologiques qui surviennent lorsqu'une personne est dans les airs, et encore moins lorsqu’elle est maintenue en vie par des appareils. En outre, cette situation diminue l'accès des patients aux médecins du Nord, à qui on demande de suppléer au manque de personnel.

« Le chirurgien ou l'anesthésiste qui doit s'occuper d'eux peut ne pas être disponible, car il il doit faire un remplacement pour Lifeflight. »

Ashley Blais craint que les gens vivant dans un rayon dépassant 200 km, soit la limite d’intervention des ambulances aériennes STARS, ne soient en danger. Elle voudrait que le programme Lifeflight soit remis en place et dispose de ses propres avions, de ses propres pilotes et de ses propres médecins.

« La plupart des habitants du Nord sont Autochtones, au moins en partie. Je pense que, s'il y avait des politiciens qui vivaient à l'extérieur du rayon de 200 km, la façon de considérer cette situation serait très différente », conclut-elle.

Avec les informations de CBC

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