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47 millions de dollars pour réduire les listes d'attente à la DPJ

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé jeudi l’octroi d’une enveloppe supplémentaire de 47 millions de dollars à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour embaucher davantage d’intervenants et réduire les listes d’attente.

Cette somme doit servir en priorité aux 3000 enfants qui sont actuellement en attente de services, faute de personnel nécessaire, à la DPJ, qui peine à répondre aux dizaines de milliers de signalements qu’elle reçoit chaque année.

Lors de son annonce jeudi après-midi, le ministre Carmant a précisé que 400 nouveaux professionnels seront embauchés pour s'occuper de ces enfants. Les régions de Montréal et de la Montérégie reçoivent la part du lion, avec l'ajout de 66 et 53 nouveaux intervenants, respectivement.

Cette aide financière d’appoint qui ne s’appliquera que cette année pourrait éventuellement être reconduite dans les années à venir en fonction des besoins de la DPJ. Celle-ci a fait part à plusieurs reprises, ces dernières années, du manque de ressources qui l’empêche de répondre adéquatement à la demande dans de nombreuses régions du Québec.

Avec cette annonce nous injectons un peu d'oxygène dans ce système qui en avait vraiment besoin.

Le ministre Lionel Carmant

Quant à savoir quand ces nouveaux intervenants seront en poste, le ministre n'a pu que répéter « dès que possible », soulignant que des emplois sont d'ores et déjà affichés.

L'annonce a été bien reçue par le Dr Stéphane Tremblay, PDG du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, qui souligne cependant que cet argent n'est qu'une partie de la réponse qui doit être apportée pour résoudre les problèmes, notamment de personnel, qui empêchent la DPJ de remplir pleinement sa mission.

On sent actuellement un soutien réel du gouvernement, il y a des investissements, l’argent va nous aider à faire un pas, mais ne nous permettra pas de faire la route au complet.

Dr Stéphane Tremblay, PDG du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Je crois également que la société, au fil du temps, a instauré des filets de protection sociale, avec un niveau d’exigences, qui doivent être revus, et la commission nationale [Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, NDLR] va nous aider à répondre à ces questions, d'ajouter le Dr Tremblay.

Dans la bonne direction

Carole Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), estime que l’annonce du ministre est un « pas dans la bonne direction », tout en soulignant que d’« autres efforts doivent être faits ».

Mme Dubé indique que pour répondre aux besoins croissants, l’APTS préconise un « budget de 270 millions de dollars ».

La présidente de l’APTS souligne également que la priorité est de diminuer la charge de travail des employés et d’améliorer les conditions de travail pour retenir le personnel et attirer de nouveaux employés.

Pour le porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, il est évident que le ministre ne comprend pas la réalité du terrain.

C'est bien d'injecter de l'argent, mais en pleine pénurie de main-d'oeuvre, il faudra trouver les gens pour remplir les 400 postes qui seront créés.

André Fortin, porte-parole libéral en matière de santé.

Selon M. Fortin, le ministre n'a présenté aucun plan d'embauche, aucune cible précise ni échéancier. Bref, il est d'avis que cette injection de fonds semble davantage être « une opération cosmétique » qu'une réelle prise en charge de la situation.

Des mauvais traitements

L’annonce de ces ressources financières supplémentaires survient au lendemain du dépôt d’un rapport sur la mort tragique d’une fillette de 7 ans à la fin d'avril à Granby, en Estrie, à la suite des mauvais traitements que lui auraient infligés ses parents, qui étaient suivis par la DPJ depuis plusieurs années.

Dans le document qu’il a déposé mercredi, le comité du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, composé de 19 personnes, estime que personne en particulier n’est directement à blâmer à la DPJ de l'Estrie pour la mort de la fillette.

Les tristes événements qui ont conduit à la mort de la petite seraient plutôt le résultat d’une succession d’événements évitables et de failles dans le système, selon le comité qui a formulé 14 recommandations pour éviter qu’une telle situation se reproduise plutôt que de blâmer des individus. Une tâche que le comité a préféré laisser aux enquêteurs de la police.

Rappelons que la belle-mère de l’enfant a été accusée de meurtre non prémédité, alors que le père biologique de l’enfant est pour sa part accusé de négligence criminelle ayant causé la mort.

La Direction de la protection de la jeunesse a reçu près de 100 000 signalements en 2018, en hausse de 17 % par rapport à l'année 2016-2017.

Avec La Presse canadienne

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