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Construction dans les zones inondables : Québec révise sa carte

L'eau a grimpé jusqu'aux fondations d'une résidence.

La rue Jacques-Cartier, dans Pointe-Gatineau, est une fois de plus grandement touchée par les inondations.

Photo : Radio-Canada / David Richard

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec révisera la carte de la zone d'intervention spéciale (ZIS), qui a suscité de vives réactions dans les municipalités touchées par les inondations le printemps dernier.

Le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation avait établi cette carte en juin dans le cadre du projet visant notamment à décréter un moratoire sur la construction et la reconstruction des bâtiments situés dans l'ensemble des zones inondables cartographiées 0-20 ans et sur le territoire inondé en 2017 et en 2019.

Or, de nombreux citoyens et maires, dont ceux de Gatineau et de Fort-Coulonge, estiment que la carte établissant la ZISne tient pas la route.

C'est comme s'ils avaient pris tous les endroits qui étaient mouillés. C'est un problème, parce qu’il y a toutes sortes de projets tout à fait légitimes, qui ne sont même pas proches d'être dans les zones inondables, qui se retrouvent dans la carte, a dénoncé Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.

Il déplore que les fonctionnaires provinciaux n'aient pas communiqué avec leurs homologues municipaux avant d'identifier les zones inondables à Gatineau et de modifier la carte.

Selon le maire de Fort-Coulonge, Gaston Allard, la carte 0-20 ans inclut plus de 200 résidences de sa communauté, sur une population totalisant environ 1500 personnes.

Les gens de mon coin, on vraiment a l'impression d'être laissés de côté. Ce qu'on impose, c'est ridicule. [...] Leur cartographe devrait être congédié sur-le-champ.

Gaston Allard, maire de Fort-Coulonge

Si la carte proposée par Québec était adoptée, le maire Allard estime que ce serait presque fermer le village. Les gens ne pourront plus construire, rénover ou ajouter [des parties] à leur résidence.

Suite à ces commentaires, le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMH) a indiqué mercredi soir sur son site Internet que la cartographie des territoires inondés serait ajustée « pour qu'elle reflète plus fidèlement la réalité ».

Les cartes ont été faites sérieusement, mais c'est fait à partir de photographies aériennes satellitaires. Donc, il est possible qu'il y ait des corrections qui doivent être apportées, a précisé Jean Dionne, directeur général aux opérations régionales au MAMH.

Des consultations en Outaouais

Les consultations qui se tiennent jeudi ont d'ailleurs pour objectif d'obtenir les commentaires des citoyens sur la délimitation des zones inondables et sur les règles qui devraient régir la construction et la reconstruction dans ces endroits.

Deux assemblées publiques étaient prévues en Outaouais, soit au Centre communautaire de Campbell's Bay à 15 h et au palais des congrès de Gatineau à 19 h 30.

Les consultations publiques se tiennent en tout dans 25 villes du Québec.

Le problème devra être réglé à long terme

Par ailleurs, le maire de Gatineau estime qu’il faut jouer sur deux tableaux : protéger les quartiers, tout en aidant les citoyens touchés par les inondations à prendre la meilleure décision quant à leur lieu de résidence.

[Des résidents] voudraient quitter, mais ils ne sont pas capables de partir. D’autres voudraient rester, mais ils ne sont pas capables de protéger leur maison, rapporte-t-il. Ça nous prend des solutions à long terme.

En ce sens, le décret ne constitue qu'une espèce de pause dans le développement à certains endroits, selon lui.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale