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Les assureurs veulent couvrir seuls les risques liés aux inondations

Des secouristes aident une femme à se déplacer sur un pont de bois temporaire.

Des sauveteurs aident les gens à évacuer lors des inondations à Saint-Marthe-sur-le-Lac, en mai 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Isabelle Maltais

Le Bureau d'assurance du Canada (BAC) profite du contexte préélectoral pour solliciter les partis fédéraux. À terme, il souhaiterait que les assureurs canadiens soient les seuls à couvrir les avaries liées aux inondations, exonérant du même coup le gouvernement canadien de la coûteuse aide qu’il octroie année après année aux sinistrés.

Pour ce faire, le BAC, qui représente les sociétés privées d'assurance habitation, automobile et entreprise du pays, souhaite que soit élaboré un « plan d’action national contre les inondations ».

L’industrie de l’assurance pourra ainsi « adapter ses produits pour permettre aux gens d’aller chercher les protections dont ils ont besoin », affirme Pierre Babinsky, directeur des communications et des affaires publiques du BAC.

Les assureurs veulent ainsi veiller à conserver un bassin important de clients, plutôt que d’être acculés à l’obligation de refuser une assurance inondation à tous les consommateurs vivant dans des zones à risque élevé, intentions qui sont toutefois formulées un peu différemment par M. Babinsky.

« Le but de l’industrie de l’assurance, c’est de protéger les gens, ce n’est pas de se retirer des aléas dès que les choses commencent à se détériorer. C’est d’offrir aux gens des options pour les protéger des risques auxquels ils pourraient être assujettis », dit-il.

Si le citoyen ne veut pas s’assurer, c’est son choix, mais s’il désire le faire, il devrait pouvoir le faire.

Pierre Babinsky, directeur des communications du Bureau d'assurance du Canada

Transférer le risque au secteur privé

M. Babinsky précise que son regroupement demande d’abord au prochain gouvernement fédéral de créer un portail web national qui pourrait permettre à tous les citoyens de « s’informer sur les risques d’inondation que courent leur propriété ou leur communauté ».

« Si on veut que les citoyens soient capables de prendre des mesures préventives ou décider s’ils veulent ou non s’assurer contre les inondations, ils doivent être au courant du risque. Ceux qui sont à risque doivent le savoir pour ensuite décider de la suite des choses », explique-t-il.

Le BAC voudrait également voir le fédéral contribuer à diminuer le nombre de propriétés qui risquent de subir des inondations répétées – en refusant de verser une indemnité en cas de catastrophe pour les nouveaux bâtiments construits en zones inondables, en aidant les citoyens qui s’y trouvent déjà à déménager, ou en finançant « pour certaines communautés » des infrastructures permettant de diminuer les risques d’inondation.

« Dans certains cas, relocaliser les propriétés qui sont à risque d’être inondées à répétition ou simplement permettre aux gens de déménager à travers différents programmes qui pourraient les compenser pour la maison qu’ils abandonnent », illustre Pierre Babinsky.

Le BAC suggère aussi une façon d’assurer les propriétés qui ne peuvent pas être retirées des zones à risque ou pour lesquelles la construction d’infrastructures de protection prendrait plus de temps, en mettant en commun les primes payées par leurs propriétaires.

« Le pool serait financé par les primes qui sont mises dedans. Cela demanderait possiblement au début une participation du gouvernement pour s’assurer qu’on a assez de fonds pour couvrir les premières réclamations et pour permettre de rendre la prime abordable. Mais le but serait que le pool devienne autosuffisant », précise le porte-parole.

Le BAC n’espère cependant pas qu’une telle mesure deviendra permanente, mais souhaite qu’à terme, après « 5, 10 ,15 ou 20 ans », il ne reste plus d’habitations au pays qui soient situées dans des zones à risque élevé d’inondations.

Selon Pierre Babinsky, ces propositions, si elles sont prises en compte, permettraient au gouvernement de faire des économies « d’argent substantielles » en « transférant complètement le risque » vers le privé.

Le privé couvrirait les risques d’inondation dans le but que le gouvernement n’ait plus à débourser pour les inondations.

Pierre Babinsky, directeur des communications du Bureau d'assurance du Canada

Un printemps 2019 coûteux

Les inondations du printemps qui ont causé d’importants dommages au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick ont coûté près de 208 millions de dollars aux assureurs.

De ce montant, 160 millions ont été alloués à l’assurance habitation, 40 millions à l’assurance entreprise et 10 millions à l’assurance automobile.

Le Québec a été la province où les dommages ont été les plus importants, avec 127 millions de dollars déboursés par les assureurs, suivi de l’Ontario, avec 74 millions, et du Nouveau-Brunswick, avec 6 millions.

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