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Les 60 facettes de l'amour diamant de Carmen et André

Cet été, dans le cadre de l'émission Tout inclus, Jhade Montpetit part à la rencontre de couples dont les histoires s'avèrent autant d'hymnes à l'amour qui dure.

André et Carmen souriants dans leur salon

André et Carmen, amoureux depuis plus de 60 ans.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Jhade Montpetit

Carmen et André Dufault célèbrent cette année leur 60e anniversaire de mariage. Soixante ans de vie à deux avec des hauts, des bas, des beaux moments et des défis.Parce que la vie amoureuse, il faut s’y atteler! Ce n’est pas tous les jours Byzance.

Durant leur jeunesse, Carmen et André (ils ont aujourd'hui respectivement 80 et 82 ans) vivent dans le même quartier, sur la même rue Saint-André, dans la basse-ville d’Ottawa. Mais ils ne se parlent pas, ne se connaissent que de vue, en fait. Lui fréquente l’école Guigues; elle, les écoles Duhamel puis Routhier (souvenons-nous qu'à l’époque, les filles et les garçons allaient dans des écoles séparées).

Musique, rendez-vous et quilles

Ils se rencontrent « officiellement » au milieu des années 1950.

Carmen a remarqué André depuis longtemps puisqu’il chante dans un groupe de musique, Les Serenaders, et donne des spectacles les dimanches à l’Académie De-La-Salle (transformée depuis en bureaux fédéraux).

Il était sexy! se souvient Carmen.

André est assis et Carmen est debout devant une maison.

André et Carmen Dufault dans leur jeunesse, dans les années 1950

Photo : Gracieuseté de la famille Dufault

Même s’il chante devant des foules, André est pourtant trop timide pour aborder Carmen dans « la vraie vie ». Heureusement, cette dernière a de bonnes amies.

J’allais souvent le voir en spectacle avec mes amies Sylvia et Danielle, qui fréquentaient les deux frères d’André, soit Pierre et Robert Dufault. Il était très, très beau. Il est encore très beau! rigole Carmen.

Ce sont d’ailleurs les deux amies de Carmen qui lui présente André en 1956. Elle a 16 ans et lui, 19. Leur premier rendez-vous a lieu aux quilles, dans une salle située en haut du restaurant La Paloma, coin Rideau et Nelson, à Ottawa.

Je ne me souviens pas trop des quilles, là! Mais ça a cliqué dès la première fois. Pour moi, c’était le coup de foudre. Il était beau, gentil et doux.

Carmen

Pour André, la première impression laisse plutôt entrevoir une relation à développer lentement mais sûrement.

Pour moi, c’était différent. Ce n’était pas le coup de foudre dès le début, mais je l’aimais bien. Elle est devenue ma meilleure amie et notre amitié s’est transformée en amour.

André

Pour leur première sortie d’amoureux, ils se rendent au cinéma voir le film Picnic avec Kim Novak, raconte Carmen.

C’était peut-être au Capitol ou au Régent… Je ne suis plus certaine du cinéma , souligne Carmen en souriant.

André et Carmen sont tout sourire dans leurs habits de mariage.

André et Carmen lors de leur mariage en 1959.

Photo : Gracieuseté de la famille Dufault

Un amour de plus en plus fort

Ensemble depuis 64 ans, le couple a trois enfants, quatre petits-enfants et deux arrières-petits-enfants. Même si beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, les amoureux se regardent toujours avec des étoiles dans les yeux. Leur complicité est belle à voir.

Nous autres, on s’aime plus aujourd’hui! Un million de fois plus que quand on s’est rencontrés! s’exclame André.

C’est quoi, le truc, André? Comment vous faites pour faire durer le bonheur?

Ah! C’est bien spirituel, notre affaire..., commence-t-il à m'expliquer.

On croit beaucoup à la présence et à l’amour de Dieu. On prépare les couples au mariage depuis 40 ans… Ça fait que des couples, on en a vu. On a gagné beaucoup d’expérience à travers ces rencontres.

Carmen, André et leurs trois enfants se tiennent main dans la main devant la maison familiale.

Carmen et André en compagnie de leurs trois enfants

Photo : Gracieuseté de la famille Dufault

André hésite à poursuivre.

On se fait généralement discrets, en ce qui concerne notre spiritualité. C’est un sujet délicat… Souvent, quand tu parles de religion, tu éloignes les gens. C’est bien personnel, ces affaires-là. C’est Carmen qui a été la première à vivre cette expérience-là… et si elle m’avait "achalée" avec ça, ça m'aurait dérangé. Ça aurait pu briser notre mariage.

André me parle alors comme il parle à ces couples qu’il prépare au mariage : on a tous une âme. Ça, c’est la vraie personne, pas ce que tu vois, mais plutôt le fond intérieur. Et c’est avec cette âme qu’on tombe en amour. C’est quand on voit ça que l'amitié se change en amour.

Et, André, est-ce que la vie d’aujourd’hui est plus difficile que dans votre jeune temps?

Oh oui! Il y a tellement de tentations aujourd’hui. Tout le monde veut une grosse maison, ça prend deux voitures... La première fois qu’on est allés dans le sud, nous, ça faisait 13 ans qu’on était mariés! C’est beaucoup plus difficile aujourd’hui, répond-il.

Un montage photo montrant André (en haut) et Carmen (en bas).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

André et Carmen se regardent amoureusement.

Photo : Radio-Canada

Leur vocation

Depuis 35 ans (il a été ordonné en 1989), André est diacre permanent et préside des mariages. Parmi les cérémonies qu’il a présidées, il se souvient tout spécialement du mariage d’une de ses petites-filles, et de celui de sa nièce, la chanteuse Luce Dufault.

Et la clé du succès de leur mariage?

Quelqu’un nous a déjà demandé : "Qu’est-ce qui vous tient ensemble, Carmen et toi?" J’ai dit : "L’amour, et le fait que je n’ai pas essayé de changer ma femme. Je l’aime comme elle est." Et aussi, quand tu aimes quelqu’un, il faut que tu commences par t’aimer toi-même.

André

Il faut aussi savoir discuter, faire des compromis, évoque Carmen.

On ne s’est jamais couchés fâchés. Des fois, on a discuté jusqu'à 3 h du matin pour régler le problème, mais jamais on ne s’est endormis choqués.

Carmen

Qu'est-ce qu'on peut souhaiter pour la suite à ce couple heureux, qui semble tout avoir, alors?

La santé, me répondent-ils presque en choeur.

André ajoute, la gorge nouée par l’émotion : la seule affaire qui me fait peur, moi, c’est qu’elle meurt avant moi... Je ne peux pas vivre sans elle.

Carmen le rassure en lui prenant la main. Penses pas à ça.

Dans le regard qu'ils échangent à ce moment-là, je ne peux que constater la force et la beauté de ce qui les unit depuis déjà plus de six décennies.

Ottawa-Gatineau

Société