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Ottawa croit que la Chine reprendra bientôt les importations de viande canadienne

Marie-Claude Bibeau et Jim Carr devant les journalistes.

Les ministres du Commerce international, Jim Carr, et de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, sont en « contact régulier » avec la Chine pour régler le dossier des exportations de viande canadienne.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Hugo Prévost

Après l'interdiction, par la Chine, de l'importation de viande canadienne, le gouvernement Trudeau affirme discuter « tous les jours » avec ses partenaires de Pékin pour régler le dossier et rouvrir le marché aux producteurs d'ici.

Les ministres fédéraux de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, et du Commerce international, Jim Carr, ont fait part de leur optimisme à la sortie d'une table ronde ayant rassemblé les grands acteurs du milieu canadien de l'élevage, dont des représentants du Canadian Pork Council, des aliments Maple Leaf ainsi que des Éleveurs de porcs du Québec.

Selon Mme Bibeau, s'il n'existe pas encore d'échéancier précis pour la réouverture du marché chinois aux produits carnés canadiens, il s'agit là de la « grande priorité » du gouvernement Trudeau.

Nous avons proposé des mesures supplémentaires pour resserrer le marché de l’exportation, a-t-elle indiqué, en faisant référence à l'utilisation frauduleuse, par une ou plusieurs entreprises, de permis d'exportation canadiens pour écouler de la viande de mauvaise qualité.

Selon des informations publiées sur le site Internet de l'ambassade de Chine au Canada, l'enquête des autorités a conclu que 188 certificats attachés à des livraisons de produits porcins avaient été contrefaits.

La semaine dernière, Pékin annonçait l'arrêt de l'importation de toutes les viandes canadiennes en raison de la présence de ractopamine, un produit interdit en Chine, mais permis entre autres au Canada.

Parallèlement aux discussions avec la Chine, Ottawa mène l'enquête dans cette affaire, a assuré Mme Bibeau. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a été mise à contribution dans ce dossier. En retour, l'ACIA va partager toutes ses informations avec les autorités policières, a soutenu la ministre.

Début du processus

Les producteurs de viande, inquiets de cet arrêt soudain des achats chinois, obtiendront-ils une compensation d'Ottawa? Il est encore trop tôt pour parler de compensation, mentionne la ministre. Nous en sommes encore aux premières étapes de ce dossier.

La Chine représentait, en 2018, un marché de 283 millions de dollars pour les éleveurs de porcs québécois, pour un total d’environ 500 millions au Canada.

Des porte-parole de l'industrie du porc et du boeuf sont de leur côté ressortis satisfaits de la rencontre avec les ministres.

Ils disent constater le travail qu'accomplit Ottawa. Mais c'est sûr que les résultats sont à venir, a déclaré Claude Viel, le président des Producteurs de bovins du Québec, en sortant de la réunion.

« Est-ce que les frontières vont ouvrir aussi vite qu'on le souhaite? On a toujours des doutes. »

L'inquiétude demeure, car l'impact de cette décision de la Chine se fait déjà sentir, soutient de son côté René Roy, le vice-président du Conseil canadien du porc. Il affirme que le porc du Canada a perdu 7 $ du 100 kg depuis la suspension des importations.

Plusieurs dossiers en cours

Pour sa part, le ministre de la Diversification et du Commerce international, Jim Carr, a reconnu que le Canada traversait une « période difficile ».

Les échanges commerciaux se poursuivent, a-t-il cependant précisé.

Ottawa est par ailleurs en attente de visas diplomatiques pour dépêcher des ministres et des responsables en Chine, afin d'y aborder « plusieurs sujets », a ajouté M. Carr.

Outre la question des exportations de viande, il y a en effet le dossier du canola canadien, que la Chine juge ne pas correspondre à ses normes, ainsi que celui des Canadiens emprisonnés Michael Spavor et Michael Kovrig, dont l'arrestation a suivi celle, au Canada, de la directrice financière du géant des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, en vertu d'une demande d'extradition américaine.

Le dossier du porc progresse plus rapidement que celui du canola, à propos duquel le gouvernement canadien n'a encore reçu aucune preuve [d'une possible contamination], a souligné la ministre Bibeau. En effet, la Chine subit les contrecoups d'une épidémie de grippe porcine qui décime les troupeaux, forçant le pays à se tourner vers l'international pour combler ses besoins.

Avec les informations de La Presse canadienne

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