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L'archidiocèse de Moncton n'a pas les moyens de payer les victimes d'agression sexuelle

Les mains jointes, une paroissienne tient un chapelet avec une croix bien visible au bout de la chaîne.

L'archidiocèse de Moncton dit ne pas avoir les moyens de dédommager les victimes d'agression sexuelle faites par ses prêtres.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

Radio-Canada

Les victimes d'agressions sexuelles commises par des prêtres devront patienter encore avant d'avoir l'occasion de se faire entendre en cour. Un tribunal de Moncton suspend les poursuites intentées par quatre présumées victimes afin d'offrir un délai d'au moins trois mois à l'archidiocèse pour négocier avec sa compagnie d'assurances, qui ne veut pas débourser un sou dans cette affaire.

La compagnie d'assurances de l'archidiocèse de Moncton, The Co-operators, refuse toujours d'indemniser les victimes dans cette poursuite. Ils auront un délai d'au moins trois mois pour entreprendre des négociations avec leur assureur et tenter de trouver une solution.

L'avocat des présumées victimes, Robert Talach, trouve que The Co-operators est à blâmer dans cette affaire.

Ils sont vraiment les grands méchants loups dans ce scénario présentement.

Robert Talach, avocat des présumées victimes

Sans l'argent de son assureur, l'archidiocèse dit qu'il n'aura pas les moyens de dédommager les victimes. Il rapporte même qu'il ne sait pas comment il pourra payer son propre avocat.

Un homme.

Valéry Vienneau, archevêque de Moncton

Photo : Radio-Canada

Mais pour l'avocat des victimes, cela n'a aucun sens. Il rapporte que l'Église a toujours été reconnue pour être financièrement confortable.

Et de les entendre crier famine est troublant, parce qu'historiquement on sait qu'ils ont les poches creuses, rapporte Robert Talach.

Un délai de trois mois est catastrophique pour l'avocat, qui représente des victimes d'âge avancé qui pourraient, soutient-il, mourir avant la fin des trois mois accordés.

Radio-Canada a tenté d'obtenir des explications de l'archidiocèse de Moncton. Dans un courriel, l’archevêque Valéry Vienneau s'est abstenu de commenter, soulignant qu'il respecte les directives de son avocat qui lui conseille de ne pas se prononcer sur cette histoire.

Toutefois, dans une entrevue accordée en mai dernier, Mgr Vienneau indiquait que l'archidiocèse avait de grandes difficultés financières.

On serait dans de grandes difficultés financières si on n'arrive pas à des dédommagements raisonnables avec la compagnie d'assurances, disait-il il y a quelques semaines.

Au même moment, l'archidiocèse de Bathurst gagnait sa cause en Cour suprême du Canada contre sa propre compagnie d'assurances, l'entreprise Aviva. Celle-ci s'est vue forcée de verser plus de trois millions de dollars aux victimes d'agressions sexuelles commises par des prêtres de l'archidiocèse de Bathurst.

Cette histoire, pour l'archevêque Vienneau, pourrait être un levier supplémentaire pour la cause de l'archidiocèse de Moncton contre l'assureur The Co-operators.

C'est possible un moment donné que les avocats arrivent à la table des deux côtés puis arrivent à une entente. Comme c'est très possible qu'on soit obligé d'amener Co-operators à la cour comme le diocèse de Bathurst a dû amener Aviva à la cour, disait Mgr Vienneau lors de son entrevue au mois de mai.

Avec les renseignements de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

Croyances et religions