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Julie et Stéphane : retrouver son amour de jeunesse

Cet été, Jhade Montpetit part à la rencontre de couples dont les histoires s'avèrent autant d'hymnes à l'amour qui dure.

Julie Charron et Stéphane Durette sont souriants dans leur salon.

Julie Charron et Stéphane Durette se sont fréquentés à la fin de l'adolescence. Ils se sont retrouvés près de 20 ans plus tard alors qu'ils étaient chacun de nouveaux célibataires.

Photo : Radio-Canada / Hélène Prévost

Jhade Montpetit

Tout a débuté en 1984. Julie Charron était en troisième secondaire à la Polyvalente de l’Érablière, à Gatineau. À 14 ans, elle était loin de se douter que le « p’tit » nouveau de la classe allait devenir le grand amour de sa vie.

Le nouveau en question arrivait tout juste du Collège Saint-Alexandre. Son nom : Stéphane Durette. Quatorze ans lui aussi, désinvolte comme seul un ado peut l’être (on les envie un peu, quand même), il déambulait dans les corridors de sa nouvelle école.

Pour Julie, c’est le coup de foudre. Mais pas question de faire les premiers pas. De toute façon, elle a déjà un amoureux, et Stéphane avait aussi offert son coeur à une autre.

Assis côte à côte sur les bancs d’école, les deux copains de classe apprennent à se connaître.

Je ne voulais pas le perdre, alors j’ai décidé d’agir comme amie et développer une relation amicale avec lui, se souvient Julie.

Julie Charon et Stéphane Durette bras dessus, bras-dessous

Julie Charron et Stéphane Durette alors qu'ils sont au CÉGEP.

Photo : Gracieuseté Julie Charron et Stéphane Durette

Une nouvelle étape

Secondaire terminé, mortiers lancés, les deux amis, nouvellement célibataires, se retrouvent à la même table de la brasserie Les Raftmen et échangent finalement leurs premiers mots d’amour. On est en 1987. Un doux baiser viendra conclure cette mémorable soirée d’automne.

Ils terminent le CÉGEP en 1989 avec un projet commun, celui de se fiancer. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu. Stéphane a un autre grand rêve : s'enrôler dans l’armée, servir et voir du pays.

Stéphane, en habit de militaire, pose fièrement en compagnie de Julie.

Julie et Stéphane, au moment où ce dernier vient de s'enrôler dans l'armée.

Photo : Gracieuseté Julie Charron et Stéphane Durette

Je ne voulais pas lui faire vivre la vie de femme de militaire. Elle me disait qu’elle voulait fonder une famille, elle parlait de mariage, je ne pouvais pas lui offrir ce rêve-là en voyageant tout le temps, explique Stéphane.

Il met donc fin à leur relation et quitte le pays. Julie est sous le choc. Elle mettra du temps, beaucoup de temps à se remettre de cette rupture.

Mais la vie suit malgré tout son cours. Tous les deux se marient chacun de son côté. Tous les deux ont des enfants (deux pour elle, quatre pour lui).

Mais Julie n’oublie pas Stéphane. Toutes ces années, il reste là, quelque part en sourdine au fond de son coeur… À la manière d’une cicatrice.

Je n’ai jamais recroisé sa famille. J’ai tenté de contacter l’armée pour avoir des informations, mais par confidentialité, ils n’ont rien voulu me dire, raconte Julie.

Promotion de 1989, ou le parfait subterfuge

Trois ans avant les vingtièmes retrouvailles de leur école secondaire, Julie se joint à un groupe de discussion en ligne avec d’autres finissants de la cohorte de 1989.

Lorsque j’ai vu sa présence en ligne, j’ai crié la nouvelle à ma mère, relate Julie, qui, nouvellement séparée à ce moment-là, demeurait avec sa maman. J’étais vraiment contente. J’avais 36 ans, mais je me sentais comme si j’en avais encore 14!

C’est l’occasion parfaite de renouer avec Stéphane… amicalement, bien entendu. Parce qu'après tout, on ne chamboule pas une vie entière pour un souvenir, aussi beau soit-il.

Ils commencent donc à correspondre. Les échanges de courriels, d’abord impersonnels, se transforment rapidement en courriels réguliers, et de plus en plus chaleureux. Cela dure deux ans.

Julie tente à nouveau sa chance et propose à son vieil ami d’aller prendre un verre avec leur « gang » d’école, un de ces quatre. Encore là, rien ne se concrétise.

En 2007, par un heureux hasard, Julie tombe nez à nez avec la mère de Stéphane. Elle demande évidemment des nouvelles de la famille et, subtilement, des nouvelles plus précises de son ancienne flamme. Elle apprend qu’il est rentré au pays et qu’il habite désormais à Iroquois, en Ontario… presque la porte à côté!

Stéphane et Julie assis côte à côte, l'air heureux.

Stéphane et Julie, l'année de leurs 40 ans.

Photo : Gracieuseté Julie Charron et Stéphane Durette

De retour chez elle, Julie ouvre le bottin téléphonique de la région (NDLA: pour les plus jeunes, un canada411 en papier, quoi!). Le plan : trouver le numéro de Stéphane et, enfin, lui parler de vive voix.

J’étais vraiment énervée. Je savais que je réussirais à le retrouver, puisque des Durette, il n’y en a pas beaucoup, s’amuse-t-elle.

Trouvé!

Moi, mes amours : Julie et Stéphane

Julie trouve l’excuse parfaite (un « mensonge blanc », comme ils me le disent en choeur) : elle lui annonce qu’elle fait partie du comité organisateur des retrouvailles de la polyvalente et qu’elle a besoin de ses coordonnées pour lui envoyer une invitation par la poste. Bien sûr, Julie ne fait partie d'aucun comité organisateur - mais, parfois, il faut savoir créer sa chance! Stéphane accepte et une nouvelle ronde de correspondance débute.

Lors d’un de leurs échanges épistolaires, Stéphane lui explique qu’il s'est récemment divorcé et qu’il n’a pas l’énergie nécessaire pour participer aux retrouvailles. Julie saute sur l’occasion et lui offre une épaule pour l’aider à traverser cette période difficile.

Quelques mois plus tard, ils se donnent finalement rendez-vous et vont prendre un café.

Un réchaud?

En arrivant au petit resto choisi, Julie a le trac. Elle s’assoit à une table et attend l’homme qu’elle espère depuis tant d’années. Stéphane s’avance vers elle en souriant. Elle ne le reconnaît pas tout de suite (il faut se rappeler que ça fait un bon bout de temps qu’ils ne se sont pas fait face).

La dernière fois que je l’avais vu, c’était un jeune homme de 19 ans. Il avait maintenant 38 ans, lance-t-elle.

À peine la conversation amorcée, Stéphane lui présente ses excuses.

Je [l’avais] laissée pour son bien, mais pas de la bonne façon. Encore à ce jour, je m’excuse du comportement que j’ai eu en 1989, avoue le principal intéressé.

Stéphane et Julie devant des montagnes

Depuis leurs retrouvailles, Stéphane et Julie ont beaucoup voyagé.

Photo : Gracieuseté Julie Charron et Stéphane Durette

Ses mots font mouche et tout ce qu’il restait de peine chez Julie (ainsi que le petit brin de rancune qui perdurait, confie-t-elle) fond comme neige au soleil.

Ces retrouvailles marquent le début d’une nouvelle vie. Ils ne se sont plus jamais quittés. Ensemble depuis 11 ans, leurs enfants devenus grands, le couple habite maintenant une jolie maison en campagne à Plantegenet et a voyagé pas mal partout.

Ils ont comme projet de vivre heureux et de continuer à créer des souvenirs jusqu’au bout de leur vie.

Ottawa-Gatineau

Société