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Terres de la Couronne : le silence de Fredericton irrite les producteurs de sirop d’érable

Une entaille ou un trou dans un érable est relié à plusieurs tubes bleus entre les érables.

Les érables sont entaillés et reliés aux érablières par un réseau de tubulures

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Serge Bouchard

Les acériculteurs Pierre Bourgoin et Denis Côté sont frustrés de la lenteur du gouvernement néo-brunswickois à répondre à une demande qu'ils jugent simple et raisonnable : un accès plus grand aux terres de la Couronne.

Ces producteurs de sirop d’érable de la région de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick, affirment que leurs demandes restent sans réponse malgré leur insistance.

Un homme aux cheveux blanc habillé en bleu pose devant un forêt d'érables.

Pierre Bourgoin est propriétaire de l'Érablière Ti-Pierre

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Pour ajouter 10 000 entailles à son érablière qui en compte actuellement près de 20 000, Pierre Bourgoin a besoin d'une petite parcelle de moins de quatre hectares, adjacente à ses installations.

Cette parcelle est essentielle pour rentabiliser son projet d’agrandissement.

Sans cette parcelle, c'est au minimum 90 000 $ de coûts additionnels. C’est une aiguille sur une carte, même pas la pointe d’une aiguille.

Pierre Bourgoin, propriétaire de l'Érablière Ti-Pierre

Il dénonce le fait que son dossier ne soit pas encore réglé, après quatre années de discussions avec des fonctionnaires.

Une homme avec des verres fumés et un gilet bleu pose devant une forêt d'érables.

Denis Côté est propriétaire de l'Érablière Denis Côté de Saint-Quentin, N.-B.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Denis Côté produit du sirop d'érable depuis 1972. Il est non seulement un vétéran, mais un des gros joueurs de l'industrie acéricole au Nouveau-Brunswick. Son érablière compte environ 105 000 entailles. Il possède une usine de transformation qui prépare plusieurs produits à valeur ajoutée.

Il attend depuis un an la résolution d'une demande qu'il considère comme très modeste et qui lui permettrait d’ajouter 15 000 entailles à sa production.

C’est un couloir de 10 mètres sur une distance de 1,2 km qui passe complètement dans la forêt. Ça ne traverse aucun ruisseau et ça ne nuit à aucune opération forestière.

Denis Côté, propriétaire de l'Érablière Denis Côté

L'ironie, c'est que cette attente l'empêche d'aménager une terre de la Couronne que le même ministère qui retarde sa demande actuelle lui a permis d'exploiter, en 2014.

Denis Côté affirme que des requêtes comme la sienne se réglaient très rapidement dans le passé. Généralement, il obtenait une réponse en moins de six semaines.

En plus de ralentir la croissance de son entreprise, il déplore que les délais entraînent pour lui des coûts additionnels, entre autres pour le renouvellement de son plan d’aménagement et de son plan d’affaires.

Une forêt d'érables avec leurs feuilles qui sont reliés entre eux par des tubes bleus.

Les érables sont reliés par un vaste réseau de tubes dont le liquide se rend jusqu'à l'érablière lors de la saison des sucres.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

L’Association provinciale s'impatiente aussi

Ces cas ne sont pas uniques, selon l'Association acéricole du Nouveau-Brunswick, qui affirme que l'industrie n'est pas suffisamment prise au sérieux par la province.

Selon la directrice générale Louise Poitras, plusieurs dossiers de ses membres n’avancent tout simplement pas auprès de la province. On lui aurait expliqué que la situation serait en partie attribuable au fait que toutes les demandes doivent recevoir l’approbation des Premières Nations.

Pierre Bourgoin croit lui aussi que l’industrie acéricole n’est pas suffisamment prise au sérieux. Il avance qu’un érable à sucre rapporte beaucoup plus à long terme que le même arbre coupé par l’industrie forestière.

Aux États-Unis et au Québec, ça fait plus de 30 à 40 ans qu’ils protègent l’érable à sucre. Plus que l’or.

Pierre Bourgoin, propriétaire de l'Érablière Ti-Pierre

La province réagit

Au ministère du Développement de l'énergie et des ressources, on dit examiner avec soin chaque demande des producteurs de sirop d’érable.

Le ministère dit travailler sur une approche de gestion globale des forêts publiques qui regroupera les acériculteurs et leur association et des représentants de l'industrie forestière à la même table.

En 2014, la province a accordé 4400 hectares de terres supplémentaires à l’industrie acéricole au terme d'un processus de demande de propositions. À l'heure actuelle, un total de 14 292 hectares de terres de la Couronne sont affectés à l'industrie acéricole sur 173 concessions à travers la province.

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